Du mouton au mulet, manifs, mouvements et mutisme.

Par Le Ouistiti :: 30/01/2009 à 14:35 :: Général

Réflexions sur la révolution, une bonne fois pour toutes.



Les Français, je, nous, sommes définitivement des gens fort contradictoires. Après de grosses journées de mobilisation que l'on jugera pas loin d'être aussi amples qu'en 1995 et le règne du crâne d'oeuf, le doute me vient. Sommes-nous de fait parfaitement idiots et suivistes? Jugez plutôt, nous votons (pas tous mais la majorité) pour un nabot autoritariste et mégalomane. Le choix se porte sur Sarkozy car rien en face n'a réellement ni les épaules ni le discours pour contrer l'ascension du célèbre "traître" Balladuriste (Chirac l'appelait aussi petite crotte, mais c'est à confirmer).
Soit, ce nouveau président, on peut au moins lui  reconnaître de se bouger l'arrière-train de manière plus évidente que son prédecesseur, mais se mouvoir ne suffit pas, il faut aussi que cette action ait un effet positif sur tel ou tel problème rencontré par le peuple, chose qui échappe au nain.

Donc, nous votons, vive la Démocratie, youpi, fêtons la victoire, pleurons la défaite, souhaitons bonne chance au vainqueur et attendons de voir, les fameux 100 jours de respect, 100 jours qui n'ont aucune signification sinon que ça fait toujours sympa à imprimer dans un quelconque canard. Passent les 100 jours, et rien! Rien de passionnant, c'est pareil qu'avant, là le Français, coq comme il est, commence à vriller sur ses ergots, il a voté pour le changement, et en 100 jours, l'autre feignasse a juste eu le temps d'aller bronzer sur son yacht, insulter des "ploucs" et mettre à jour sa collec' de Rolex.
Le Français se sent trompé, dupé, il pleurniche, il avait pas le choix, hormis Sarkozy, y avait rien, le désert, c'est le seul qu'on voyait, qui semblait porteur d'espoir, le PS, la bande de losers dépourvus de charisme? Les Verts, lesquels, quel courant de mouvance du parti choisir? Le Parti Communiste, ou plutôt le Parti non-communiste? Bayrou, vous le voyez franchement président? Le FN, vraiment besoin de nazillons baveux pour sauver la France Eternelle?

Non, ce qui restait sur la table si l'on regarde vraiment, c'était le nain hongrois, pas à chercher plus loin. De fait, si une élection démocratique se limite à un potentiellement présidentiable et des guignols autour, la notion même de démocratie en prend un sérieux coup dans la carlingue. Je suis convaincu que nombre d'électeurs ont fait le choix de Sarkozy par défaut, où parce qu'ils croyaient sincèrement que c'était nécessaire pour sortir le pays de son immobilisme désespérant.
Personnellement, j'ai voté pour Royal, mais sans aucun espoir après ses prestations télévisées et ses discours qui viraient dangereusement vers le grand n'importe-quoi. Elle aura utilisé les mêmes ficelles que Jospin soit le fameux "mon programme n'est pas socialiste", alors pourquoi un socialiste ira t'il voter pour un projet non-socialiste?
Plutôt que de penser science du marketing, il serait bon de penser logique et  convictions. La faute en incombe à l'ensemble du parti et à l'ensemble des dirigeants qui n'ont d'autre ambition que de garnir leur portefeuille de nouvelles cartes de visite. Et peu importe de qui elles viennent.


Le plus rageant de ce système est son fonctionnement, un éternel cycle de "je vote pour le baton, mais j'aime pas le baton, je veux que des carottes et pas celles du fond du panier de préférence". Plus concrètement, je vote Sarko, Chirac, Juppé ou pire (suivez mon unique oeil), mais je me garde la banderole dans le placard au cas où.
Bien entendu, les manifestants d'aujourd'hui n'ont peut-être pas voté Sarkozy, ont voté massivement à gauche ou se sont abstenus, soit.
Il n'empêche que les déçus du sarkozysme sont pour beaucoup des déçus du socialisme mou, et qu'en tapant dans la droite dure UMP, ils rêvaient d'une France plus juste pour eux-mêmes, sans pour autant voter pour un type aussi vulgaire que Le Pen. La France tourne en rond, parce qu'il n'y a strictement personne qui ait les épaules et l'intelligence pour gérer le foutoir ambiant. On les cherche les politiques suffisamment ambitieux et futés pour faire autre chose que du portnawak durant cinq années.


Certes la conjoncture est mauvaise, la Bourse est crevée de partout, mais à qui la faute? Aux industriels, aux marchés, aux économistes foireux?
Non, aux gouvernements et à ceux qui les ont portés au pouvoir, arrêtons de taper sur les magnats du capitalisme tout-puissant, ils ne font qu'utiliser avec un parfait cynisme ce que les politiques leur donnent comme opportunités.
Les gouvernements forts font des lois fortes, applicables à tous. On aura beau râler contre les Etats-Unis, il n'empêche que les dirigeants d'Enron ne sont pas partis en limousine avec 56 millions de dollars dans le coffre. Kenneth Lay, le grand manitou risquait 45 ans de prison si il n'avait pas passé l'arme à gauche avant. Son collègue Jeffery Skilling en est lui à la troisième année de ses 24 ans de taule. Rappelez-moi des cas similaires en France? Airbus? Elf? De la menace sur juges, de la magouille, du pot-de-vins pour au final condamner les sous-fifres et ne pas toucher aux potes de la Présidence, elle est belle la justice.

Alors oui, le système a vécu, et il est nécessaire de tout refaire, nouvelle Constitution, nouveaux enjeux, gouvernement plus fort, sans pour autant virer coco, et certainement pas avec les résultats de l'Union Soviétique qui n'aura été qu'un doux rêve transformé en grosse machine fascisante et immobiliste (mais très active du char d'assaut). Je parlais de révolution, l'image qui illustre ce billet fait partie des campagnes de propagande de la C.N.T. durant la Guerre d'Espagne, guerre qui il faut le rappeler aura été perdue pour cause de pouvoirs européens faibles et bouffés par la crise et la corruption, et par les magouilles en fond de couloir de l'U.R.S.S.

Cette guerre n'aura certes pas été une révolution à proprement dite, on était plus proche de la Commune de 1870 à Paris, soit le peuple, le vrai, qui prend en main tous les aspects de la société, et se réapproprie son avenir, sans passer par le lourd et douteux gouvernement qui n'a d'intérêt que de sauver ses fesses et faire des courbettes devant l'occupant. La Commune, la Guerre d'Espagne, de grands idéaux qui seront écrasés par le rouleau-compresseur mis en place depuis belle lurette et qui même rouillé reste efficace.  Car les grands idéaux ont souvent de petits moyens...

Contradiction alors, un gouvernement puissant ou un peuple puissant et maître de son organisation sociétale? Pas d'oppositions en réalité car un gouvernement n'est que le condensé responsable et désigné du peuple. À peuple responsable, gouvernement responsable, à peuple idiot, gouvernement idiot. Je ne sortirai pas la thématique du "nous n'avons que ce que nous méritons" mais je suis à deux doigts de m'appuyer sur cette bête maxime. Car oui, nous avons voulu Sarkozy, qui que nous soyons, quoi que nous ayons voté, Sarkozy est un produit aussi français que le camembert, arriviste, peureux, méfiant, légèrement raciste aux entournures, fasciné et envieux de la puissance du gros voisin ricain, rêvant de love story, et se marier avec un top parce que ça fait bien sur la photo.
La France des Lumières, les rénovateurs, les idéalistes, les penseurs, plus rien, la France ne produit plus d'intelligence, pas plus qu'elle ne produit de pétrole. Ce gros pays prétentieux n'a même plus les moyens de faire illusion, engoncé dans sa peur des frontières poreuses, d'un monde qui a avancé trop vite et sans elle. Je ne fais pas une crise de francophobie, je constate juste que la France dont les autres peuples pauvres rêvent n'existe plus. Ce pays accueillant, les Droits de l'Homme, la Révolution, qui peut dire qu'un jour, on s'est décidé à raser de près un Roi?? Certes, ce n'était pas le plus violent qu'on ait eu, mais l'acte est d'importance, le symbole incroyable.

1789-2009, ça fait une paye, et la France a depuis démontré qu'elle était capable de se reprendre en main lorsque c'était nécessaire mais ça date... Ce chaudron jadis bouillant d'idées et de rêves fous est bien trop tiède depuis quelques années. Il serait temps de rallumer le gaz. On attend juste quelqu'un en mesure de craquer l'allumette.

Remember Condoriri.

Par Le Ouistiti :: 08/01/2009 à 14:10 :: Bolivia Trip 2008


27/04/08 De l'expat' et du crampon.

Après la très petite et très gentillette virée en zone Sud, nous nous sentons prêts pour quelque chose de plus audacieux, le Condoriri, sommet de 5648m à quelques heures en bus de La Paz. Une randonnée y est organisée par l'Alliance Française, c'est peu de dire qu'on entendra parler camembert toute la journée. Mais foin de petites mesquineries, et sautons sur l'occasion. Réveil fort matinal en ce dimanche, je me prépare à la hâte et part rejoindre l'appartement de mes franchouilles camarades. Un peu de brume, un petit vent frisquet, le soleil qui pointe, il est 5 heures, La Paz s'éveille.
Sacs au dos et estomac bien vide, nous rejoignons la Sagarnaga où les bus sont censés nous attendre, car des bus il y en a deux, pas de trop pour trimballer les quelques cinquante pseudo-aventuriers du jour. De fait, ça parle Français, nous avons même l'honneur d'avoir en personne le directeur de l'Alliance Française, la modestie dans la poche, les cheveux rares sous le sombrero, un grand type catégorie papy-gâteau sans les gâteaux.

Point de bus à l'horizon, nous regrettons déjà le lever si matinal pour en fin de compte nous geler les orteils sur le trottoir, trois quarts d'heures seront nécessaires pour qu'enfin les deux Mercedes (si l'on se réfère du moins à leur logo, tout le reste sentant très fort la carlingue nippone) daignent se garer devant nous.
Confortable? Non, mais supportable, on se cale au fond, et commençons à discuter avec nos compagnons de voyage qui vont s'avérer moins franco-français que l'on pouvait le supposer, membres d'ONG, stagiaires de l'IRD, Belges, Argentins, Boliviens, notre Babel à roues parlera pas mal de langues durant tout le trajet, trajet qui sera quand même un poil longuet.
Le Condoriri tient son nom de son relief qui rappelle un condor les ailes déployées, l'imagination humaine est sans limites, mais l'on finit par acquiescer du chef lorsque l'on se trouve en face de la chose. Notre chauffeur va bien se perdre sur le chemin qui mène de la route bitumée au pied du sommet, mais nous finissons par arriver.


Suivez le petit Rio pour amorcer l'ascension.

Paysage exotique si il en est, de la montagne enneigée, de la verdure rase, des troupeaux de lamas, quasiment pas de vie humaine, si vous cherchiez la tranquillité des montagnes andines, vous l'avez sous les pieds et devant les mirettes. Avant l'ascension proprement dite, l'expédition consiste en une marche en contrebas pour atteindre le glacier, promenade sportive et agréable, soleil, nous passons par deux lacs de montagnes. Pas de baignade toutefois, eau froide et monstres préhistoriques palmipèdes vous en dissuadent rapidement. Nous sommes à plus de 4500m mais l'air arrive encore correctement dans les poumons et la marche ne nous épuise pas autant qu'on aurait pu l'imaginer de prime abord. Le lieu est si incroyable que l'on oublie de toute façon bien vite que nos alvéoles pulmonaires appellent à la révolte. Pas un bruit, le vent lui-même se fait bien discret, les étendues d'eau sont comme figées, peu de gazouillis d'oiseaux, on entend que le bruit des grosses pompes et les clics d'appareils photos. C'est beau, c'est peu de le dire, être ici, c'est être nulle part, mais un nulle part qui vous donne bien envie de ne pas le quitter.
Environ deux heures plus tard, nous arrivons à une sorte de parc lunaire, grosses caillasses noires, pas un arbre, que du caillou, le sol en est couvert sur deux mètres de profondeur. Nous nous arrêtons là pour déjeuner avant de commencer l'ascension du glacier proprement dite. Ici, le groupe se scinde en deux, le premier se limitera à poursuivre la balade en suivant les rives du lac, le second dont nous vont aller grimper sur le glacier.


Lac placide et neiges éternelles.

Le matériel qui nous est fourni par les guides, (souvent formés par des Français d'ailleurs), est des plus rustiques et limités. Nous passons une bonne demi-heure à choisir... A trouver des chaussures et crampons à notre taille et dans un état satisfaisant. Mais tout ce petit monde finira par être fin prêt, et il est temps de poursuivre le périple. C'est déjà plus ardu, point de petit chemin à se faire les tongs aux pieds, le matos pèse, la pente est raide, les cailloux glissent. On entend déjà nettement moins les petites discussions et les grands rires, la concentration a pris le pas sur l'ambiance guillerette des premières heures. La végétation déjà bien minable a totalement disparue, ne reste que ces masses noires, ces quelques trous d'eau, et la glaçe qui a fait son apparition. Arrivés au pied du glacier, la déception pointe, les ravages du réchauffement climatique ont mis un gros coup de sèche-cheveux sur ce qui devait être fabuleux il y a vingt ans. La glace dans sa partie basse s'est muée en de grosses flaques d'eau, de nombreux ruisselets indiquent tristement que la température a sacrément augmenté ces derniers temps. Certes, le glacier est bien là, mais il offre une douloureuse face de boiteux qui vous laisse songeur.

Nouvelle pause, mais plus courte, et nous nous préparons pour grimper. Nous devons nous scinder en petites cordées de cinq ou six personnes, en comptant le guide. Ajustage des crampons et attente sous le soleil, chaque groupe effectuant une escalade d'une petite heure avant de descendre, puis qu'un autre groupe prenne le relais. Nous pouvons donc à loisir profiter du lieu et bronzer comme des lézards sur de minéraux transats.
Vient le tour de notre cordée, je suis avec deux boliviennes et le guide. Guide qui vérifie notre équipement, quelques conseils de prudence que l'on écoute à peine et les crampons touchent enfin la glace. La respiration se fait nettement plus difficile et la réverbération est exceptionnellement forte, mais nous suivons un bon rythme, alternant avec des petites pauses pour reprendre un peu de souffle et admirer le paysage. Pas question d'atteindre le sommet cependant, on se limite à quelques pas dans cet environnement totalement minéral, en noir et blanc, avec en fond d'écran le ciel qui persiste dans son bleu azur et duveteux. Le guide nous fait stopper, nous n'irons pas plus haut pour cette fois. La montée se fait en zigzaguant, et en évitant les quelques cailloux que le glacier ne parvient plus à couvrir.


La cordée 666 du Condoriri 2008.

Ultime photo et nous redescendons rapidement par le même chemin. L'ensemble de la bande semble ravis  de l'escapade, nous attendons que tous aient fait leur petite virée, puis retour au camp de base lunaire. Le temps a passé rapidement, il est près de 18h00 lorsque les derniers nous rejoignent. Il faut alors accélérer pour retrouver les bus avant que la nuit ne tombe. La course folle, on dégringole les pentes, on longe le lac, on court à travers la verdure qui réapparait, moins pour le fait que la nuit tombe que par simple défoulement crétin. Retrouvailles d'avec le petit ruisseau, et voilà les bus fumants qui s'impatientent. Il faut encore attendre les retardataires, les guides tentent de compter les passagers, mais ne sachant pas vraiment combien il y en avait au départ, l'opération est aléatoire. Au bout d'une heure, il semble que tout le monde soit là, la nuit est désormais noire, nous prenons le chemin du retour.
Belle expérience en tout cas, le sommeil sera lourd et profond.

Remise à jour des pendules à l'heure sans décalage horaire.

Par Le Ouistiti :: 02/01/2009 à 17:04 :: Général






A
près quelques longs mois de jachère et d'absentéisme, le Grenier va être au fil des mois remis à jour, retour des photos, retour des textes, et d'une certaine rigueur quant aux délais de publications. Et ce, dès cette semaine! 2009 commence sobre los sombreros de ruedas!
En vrac, éprouvant reportage d'une nouvelle excursion à Copacabana, la folle épopée du Condoriri, nouveautés cuir de Caserita, éternels atermoiements de Montgomery, il y en aura pour tous les goûts. ¡Disfrutenlo!

La fille dans le vent vous souhaite bon vent pour cette nouvelle année!

Par Le Ouistiti :: 02/01/2009 à 16:14 :: Général

Le petit come back.

Par Le Ouistiti :: 06/12/2008 à 3:09 :: Général
Ça fait un bail? Je ne vous le fais pas dire, depuis tant de temps, je n'ai ni mis la clé sous la porte, ni passé l'arme à gauche, simplement, l'activité, la vie qui vous pourchasse et vous chasse, le temps qui file, le train qui part, bref, j'étais surbooké comme disent les gens supposés importants.
Depuis tant de temps, je n'ai pas cessé d'écrire, même si j'ai du mettre un frein à mes blablatages sur ma passionnante vie pleine de rebondissements exaltants.
Quoi de neuf alors? Ma foi, toujours bolivien, toujours designer, toujours en quête d'un idéal de vie qui se cacherait sous quelque souche d'arbre, toujours partant, toujours parti, toujours ici, toujours plus là.

Il est grand temps de comebacker dans le cybermonde, de fait, des nouveautés en 2009, il y en a. Nouveau blog déjà, qui, en parallèle de celui-ci, va compiler l'ensemble de mes atermoiements musicophiles. Le Ouistiti hurleur est né le 20 décembre, tout de blanc et d'orange vêtu et me permettra de parler un peu de la musique qui me fait modestement sauter au plafond.

Donc, plus de muzak ici-même, nous allons nous concentrer sur des choses plus terre-à-terre, et élaborer quelques savantes maximes plus ou moins quotidiennes, textes moins longs, mais mises à jour plus régulières.
Petit à petit, le Grenier va être dépoussiéré et remis à l'heure, en tentant de maquiller les traces visibles du décalage horaire.
Quelques acteurs reviendront, Montgomery pourra d'ici la semaine prochaine nous donner son sentiment éclairé sur quelques grands faits d'actualité, et le Ouistiti passera faire sa promotion de temps à autre.

Toujours dans le cybermonde, la fin de ma modeste collaboration au sein de Pop-Rock.com, pour un bête refus de travailler avec des gens que je ne supporte pas, c'est bénévole, certes. Mais si en plus de la gratuité, vous ne trouvez aucun plaisir à partager des pixels avec untel ou Couscous truc, autant faire sa magouille dans son coin, et tout le monde est heureux.

Dans le monde réel, la Bolivie définitivement me plaît, il y a donc de fortes chances pour que je reste quelques décades ici, sans pour autant ne pas regretter quelques mets fabuleux et personnes importantes en France.
Mais d'ici, à ce que le projet de tunnel sous l'Atlantique soit enfin lancé, je devrai me contenter d'aller-retours occasionnels.

Bref, enfin de retour, alors ¡Feliz Navidad y Feliz Año nuevo a todos!

Valle de la Luna

Par Le Ouistiti :: 01/05/2008 à 20:09 :: Bolivia Trip 2008

20/04/08 Echauffement avant le Condoriri.

A passer ses journées dans un bureau, on en oublierait presque que nous sommes je le rappelle à plus de 3600m. d'altitude en plein Altiplano, cernés par la Cordillière Royale et la Cordillière des Andes. Il est temps de se rendre compte de visu de la beauté manifeste de ce coin d'Amérique du Sud.

Ce dimanche, ce sera donc excursion dans la "Valle de la Luna" au sud de La Paz. Cette vallée doit son nom à son environnement désertique qui rappelle effectivement certaines planches de Tintin dans "Objectif Lune". Je pars avec mes trois camarades Marseillais de bonne heure, environ 11h30, et nous montons dans un taxi direction la Zone Sud, qui jouxte la vallée. 25Bol. (moins de 2,40€) nous sont demandés par le chauffeur mais nous osons encore marchander, on prend vite l'habitude de tout payer une misère, le retour en France sera douloureux à n'en pas douter...
20 minutes sont nécessaires pour sortir du centre de La Paz, traverser la Zone Sud, paradis des grosses baraques édifiées par des Allemands ayant atterri ici après 1918, et après 1945.

La fuite des nazis en Amérique du Sud n'est pas une légende, il suffit d'admirer ces quartiers entiers qui sentent fort la Bavière rance d'il y a soixante ans. Mais partons du principe que lesdits Nazis puants ont passés depuis longtemps l'arme à gauche et que leurs enfants et petits-enfants n'ont pas à porter le fardeau de cet héritage peu glorieux.
Il n'empêche que je ne peux m'empêcher d'avoir la langue pâteuse en passant devant ces châlets suisses allemands avec 4x4 Nissan devant le garage.


Valle de La Luna

C'est un saut désagréable dans le passé (que je n'ai pas connu certes), le mythe du SS qui, plutôt que de se tirer une balle dans le cabochon comme tout bon criminel dégénéré, préfère se carapater au pays des lamas y chercher un asile confortable.
Alors oui, ça me gratouille fortement la conscience, conséquence de ma sévère intolérance envers tout ce qui suinte le réactionnisme et la folie meurtière élevée en dogme étatique.
Drame, je devais vous parler de ma promenade et je verse dans la propagande politique, j'en reviens à la Valle de La Luna.

Le taxi nous dépose devant l'entrée de la Vallée, nous qui espérions un lieu vierge de tout aménagement touristique, nous sommes déçus, guichet, donc entrée payante, buvette, boutique de souvenirs, bien que partiellement enterrés, ces installations qui fleurent le mercantilisme bon teint, nous déçoivent quelque peu.
Mais n'allons pas pleurnicher, ç'est en définitive plutôt discret, et ce n'est pas encore Disneyland. Différents parcours sont possibles, du plus court adapté aux nombreux groupes de retraités brésiliens, aux plus longs (environ 45 minutes), accessibles à tous.


Le petit pont dans la vallée.

Passée la légère déception de principe, il faut reconnaître que le décor est spectaculaire, nous nous promenons dans un dédale de pics, de crevasses, de pierres érodées, à la végétation se limitant à des cactus aux formes très...évocatrices. Tout ici semble vouloir gratter le ciel, tant les cactus que cette forêt de pics.
Les pierres qui semblent posées sur des monticules terreux sont en fait des vestiges du sol préhistorique, pluies et précipitations ont lentement effrité la surface friable, ne laissant que par endroits quelques roches qui donnent  ces sculptures naturelles. Les roches protègent la terre qui les soutient, ainsi seul les alentours sont lentement dévorés par l'érosion.

Nous évitons du mieux que nous pouvons les groupes de touristes et profitons du temps idéal et du paysage. La balade achevée, nous quittons le parc, non sans avoir effectué un passage à la buvette où est mis à disposition du mate de coca gratuit, preuve que la Bolivie n'est pas près d'être un piège à touristes comme l'est devenu le Pérou. On nous propose ensuite de louer des Quads.
Vous savez, les quads, ces trucs gros et moches achetés à la  douzaine par des beaufs parisiens qui jugent qu'un moyen de locomotion sans pot d'échappement dans les narines vous catalogue de fait dans la catégorie hippie altermondialiste et homosexuel de surcroît. De toute manière, le prix me paraît excessif, nous préférons nous escalader une montagne de l'autre côté de la Vallée, histoire d'avoir un beau point de vue sur La Paz.
Nous tentons de traverser la vallée et le Rio La Paz, et passons une bonne heure à trouver un chemin pas trop casse-gueule.
Il nous faudra sonner la retraite et prendre la route goudronnée qui descend jusqu'au Rio La Paz. Parvenus au pied du massif, but de notre escapade, pause déjeuner sur un terrain de basket désert, et commence l'ascension.


Thibault et Sylvain à la recherche du bar le plus proche.

Il fait chaud, très chaud même, pour atteindre le sommet de la montagne que nous avons préalablement repéré, nous suivons les chemins utilisés pour l'entretien des lignes électriques qui traversent la montagne. C'est moins bucolique mais plus sur.
Le manque d'air se fait sentir, à vue de nez, nous atteindrons à peu près le niveau d'El Alto, à 200 mètres près, soit environ 3800 mètres. Le chemin n'est pas difficile, juste épuisant. Parvenus non loin du sommet après une bonne heure et demie de marche, nous profitons du paysage, vue parfaite sur la Zone Sud, on peut deviner La Paz au loin, la Vallée de La Lune, ya pas à dire, c'est beau.
Thibault et Sylvain veulent continuer, Guillaume et moi pas vraiment, la suite du parcours nous semble un brin casse gueule, nous préférons patienter sur notre pic le retour des deux téméraires.


Cactus un brin prétentieux.

Après une demi heure de patience, nous commençons à redescendre, en appelant régulièrement les deux zinzins sur leur portable (oui ici ça capte!). Ils descendent eux par le canyon, ce qui est un poil plus périlleux, finalement ils nous rattrapent, non sans avoir été attaqués par de féroces cactus.
La descente est bien plus rapide, parvenus à notre point de départ, nous repartons en quête d'un bus pour rentrer à La Paz, il est 18h00.

La soirée sera courte, juste l'occasion de regarder les photos, de boire un coup, et chacun retourne à son domicile respectif, inutile de dire que j'ai particulièrement apprécié mon lit cette fois-là.



Coproca

Par Le Ouistiti :: 29/04/2008 à 0:21 :: Bolivia Trip 2008

12/03/08 On ne doit pas dire "alpaga" mais "alpaca"

Dans le but de créer une nouvelle page internet s'intéressant aux différents aspects de la Bolivie, nous commençons à effectuer des reportages photos chez les artisans avec lesquels nous travaillons.
Nous entamons cette opération "clic clic" par Coproca, qui est la plus grosse manufacture de laine d'alpaca de Bolivie.
Nous y allons à trois, Cristian qui connaît l'endroit, Eric, photographe français en partance pour la Colombie qui va prendre les clichés, et moi qui... qui vient en touriste.

Coproca  a ses installations à El Alto, la ville qui s'est construit peu à peu au-dessus de La Paz, soit à 4000m. d'altitude. Il faut une bonne heure pour s'y rendre en minibus, comme d'habitude, la traversée d'El Alto ne donne pas envie de s'y arrêter, c'est moche tout simplement.
Le minibus nous dépose aux limites de la ville, nous devons poursuivre à pied jusqu'à la manufacture. Quelques clébards et c'est à peu près tout, la zone est pour le moins déserte.
On doit montrer patte blanche devant le grand portail rouillé, le gardien prend très à coeur son passionnant travail. Dans la cour, l'activité est aussi limitée que dans les rues alentours, nous sommes accueillis par le responsable de la logistique qui nous fera une visite commentée des lieux.

On commence par les stocks de laine, un immense hangar rempli ras la gueule de sacs de laine "brutes", l'odeur est forte sans être insupportable, quelques employés déambulent dans cette mer de laine, masque sur le nez, pour éviter de respirer l'air chargé de particules de laine.


Hangar de stockage de Coproca.

Après les stocks, visite des bains et de la machinerie nécessaire aux premières transformations de la laine. Les installations ont vécu, et proviennent de France (Manufacture de Strasbourg, Saint-Etienne) pour les machines, d'Angleterre pour les moteurs, et du Japon pour les batteries... Ca paraît bien vieillot mais on nous assure que ça fonctionne. Environ 100 personnes travaillent ici, Eric tente de faire de beaux portraits de ces nobles ouvriers, mais ici comme ailleurs, on n'aime pas trop se faire tirer le portrait, l'appareil photo est encore parfois vu comme un voleur d'âmes, et le photographe comme un gros lourd de touriste qui ferait mieux de mitrailler du monument. On réexplique au contremaître qu'un reportage sur des travailleurs sans les travailleurs, c'est nul, ses explications à ses collègues ne changeront pas leur attitude méfiante. Eric doit se rabattre sur les kilomètres de laine qui défilent autour de nous.


Machinerie "Hecho en Francia", années 50.

Passés le lavage, le rinçage, l'autre lavage,vient le filage, effectué je ne sais combien de fois, puis  la formation des cônes de laine avec leurs teintes naturelles. De gigantesques fours sont chargés d'appliquer les teintes plus vives, trempage, sêchage, et nouveau filage.
La visite terminée, nous laissons Eric à ses photos et retournons à Caserita, une forte odeur animale nous poursuivra toute la journée...


Tres pequeños puntos.

Par Le Ouistiti :: 01/04/2008 à 21:27 :: Le Vide-grenier

01/04/08 Du cuir et des pointillés.

Après le tube, voilà la besace, à l'état de prototype encore. Cuir gras, doublure en cuir vert, trois points sur le devant, pochette extérieure et intérieure, bandoulière.
On veut faire des produits plus "jeunes" et moins "trucs à touristes".

Le cuir ici est furieusement beau, épais et costaud. le modèle de "série" sera quasi identique, seule la garniture sera changée, la courroie rallongée et les petits points plus proches du bord, sinon Don Victor (l'artisan) s'est surpassé pour ce coup-là.


Besace...

03/04/08 La besace "PUNTO" est en ligne sur Caserita.com

Oruro 2008

Par Le Ouistiti :: 01/04/2008 à 20:15 :: Bolivia Trip 2008

 

02/02/08 Mousse à raser et bombes à eau

 

 

Tous me le diront, si il y a un Carnaval à voir, c'est sans conteste celui d'Oruro. Bien mieux semble t-il que le fameux Carnaval de Rio.
Certes, mais mieux en quoi, les costumes, l'ambiance, la durée du défilé?
_Tu verras bien, mais quelques précautions sont nécessaires, vide tes poches avant de partir, achète un poncho en plastique, et si tu es armé, c'est mieux.
C'est là que se trouve le caractère très spécial du Carnaval Bolivien, au-delà du défilé traditionnel, le spectacle se passe aussi chez les spectateurs, le jeu est simple, munissez tous les spectateurs de bombes à eau et de mousse à raser, faites carburer tout ce petit monde à la bière dès potron-minet et vous obtenez Oruro...


Oruro 2008

 

Les survivants du premier janvier ont organisé un voyage à Oruro pour cette fin de semaine, je les rejoins le samedi matin en bus, le vendredi soir ayant été consacré à...autre chose.
il faut trois heures de bus pour rejoindre cette ancienne grande ville minière qui connut une période faste grace aux mines d'étain.
Aujourd'hui, si il n'y avait pas le Carnaval annuel pour faire parler d'Oruro, personne n'y mettrait les pieds. Les touristes ne font souvent qu'y passer lors de leur voyage au Salar De Uyuni. Et niveau architecture pas de quoi fantasmer non plus, les Boliviens ont eu la très mauvaise idée de démolir au lieu de rénover pour reconstruire des immeubles d'une formidable laideur, La Paz en est un des pires exemples, même si il semble que cela change un peu.

Revenons donc au Carnaval, j'arrive vers 11h30 à Oruro, la ville manque foncièrement de charme, seul le vieux quartier colonial conserve un certain attrait, mais il faut aimer les ruines.
Je parviens à retrouver la bande de fous sur les estrades de la grande place. Une foule compacte se presse sur les trottoirs, le défilé bat déjà son plein depuis huit heures du matin, les bombes à eau pleuvent sur les nouveaux arrivants, de la mousse à raser jaillit de toutes parts, Oruro, c'est le défilé, et pas mal de clowneries de la part du public.



Souriez!



Il faut alors passer entre les salves et se frayer un chemin sous les estrades pour sortir des zones trop dangereusement exposées. Le grand Pucho m'emmène dans notre camp de base, soit une vieille salle de billard dans un bâtiment tout aussi vieux, du squat pur et dur, plus beaucoup de fenêtres, une couche de poussière sur le parquet qui laisse par endroits voir l'étage inférieur, les seuls éléments qui conservent un assez bon état de conservation sont les tables de billards.
Après avoir rapidement posé mes affaires, nous repartons voir le défilé.

Je me munis sur le chemin d'un poncho en plastique et d'un pistolet à eau, l'un pour me défendre, le second pour riposter. Il s'avèrera que je ne me servirai ni de l'un ni de l'autre.

Le Carnaval d'Oruro mérite amplement sa réputation, c'est un festival de couleurs, de costumes sublimes et bariolés, mais très loin des extravagances brésiliennes. Ici, chaque groupe de danseurs perpétue une tradition, chaque détail des costumes est là pour crier au public les origines du groupe qui leur passe sous le nez, c'est superbement kitsch et désuet, mais ça se regarde avec un réel plaisir.

De plus, le soleil est au rendez-vous, il sera facile alors de bronzer quelque peu durant tout l'après-midi.
Bien entendu, le passage des danseurs n'empêche pas les hostilités, de part et d'autre de la rue, les spectateurs intensifient les bombardements aquatiques, et les lancers mousseux, une multitude de petits vendeurs est présent pour ravitailler les belligérants en munitions, armes, et bien entendu en bière, élément essentiel de cette bataille pacifique, mais féroce.

Les groupes les plus célèbres sont accueillis sous un tonnerre de cris et d'applaudissements, plus de cris à vrai dire, les mains tenant les canettes à moitié vides ou préparant la prochaine salve en direction du camp d'en face.


Au secours, j'ai un hibou mort sur la tête!!

Il y a des victimes désignées, comme dans toute guerre. Lors du Carnaval, on a plaisir à viser les gringos, et les flics...
Les seconds ont pour certains fort peu d'humour, et ne manqueront pas d'exprimer leur mécontentement d'un doigt vengeur lorsque le bombardement leur semble trop intensif.

La journée suit ainsi son cours, entre bataille enfantine et passage des groupes de danseurs.

cependant, lorsque la nuit commence à tomber, vers 19h00 environ, les groupes défilent toujours, je commence à trouver le temps long d'autant plus que le soleil a laissé la place aux froides nuits typiques de la région.

Les heures défilent et ni les danseurs ni les spectateurs ne semblent vouloir arrêter la fête, grand bien leur fasse mais moi, j'ai faim et j'ai froid, je quitte les estrades pour voir alentour l'envers de la fête, et mis à part quelques bagarres, quelques grognements d'ivrognes, quelques dormeurs installés dans les endroits les plus incongrus, je trouve que tout ce petit monde est plutôt calme, eu égard aux montagnes de canettes vides qui commencent à surgir dans les jardins avoisinant la place.

A 3h00 du matin, je ne vois toujours pas la fin du défilé, et malgré la beauté des costumes et l'ambiance, qui , la bière aidant réchauffe l'atmosphère, je commence à m'ennuyer ferme, je profite du fait qu'un petit groupe retourne au camp de base pour abandonner le champ de bataille et partir dormir.


Le Carnaval bat son plein

Le squatt est déjà occupé par quelques dormeurs, je m'installe tant bien que mal sous une table de billard pour passer la nuit. Une nuit atrocement froide, à tel point que je crois être sur le trottoir en pleine rue, inutile de dire que je ne dormirai pas terriblement bien.

Le lendemain matin, je décide de rentrer à La Paz après avoir appris que le défile recommençait aujourd'hui dans les mêmes conditions, et qu'il était encore plus long, rhaaa, pitié, non j'abandonne, c'est superbe, c'est festif, c'est fou, mais c'est long, désespérement long.

Je reprends un bus au terminal et retrouve la capitale bolivienne en pleine effervescence trois heures plus tard, préparant elle aussi son défilé et ses ballons d'eau. Pour moi merci, j'ai vu ce que je voulais voir, à l'année prochaine!

Le tube ultime ou presque.

Par Le Ouistiti :: 31/03/2008 à 18:10 :: Le Vide-grenier
31/03/08 Et de deux!

Après le gilet, voici le sac définitif que je peux donc mettre en ligne. Les différences par rapport au prototype "Tubo", cuir plus fin et souple, flancs qui héritent d'un peu de couleur, pochette intérieure mieux intégrée. Bref, l'ensemble apparaît moins "grossier", le cuir plus épais me plaisait bien mais était plus compliqué à travailler.

Mais on reste dans l'idée de le faire évoluer dans le temps, pour le moment il me convient bien comme ça.


Petit lien pour plus d'informations sur Caserita.com

Sac en tube

Par Le Ouistiti :: 28/03/2008 à 20:36 :: Le Vide-grenier

28/03/08 Patience, patience...

Après un mois d'attente, j'ai enfin récupéré le prototype de mon sac "Tubo", vous noterez que je suis dans ma période "ronds, cercles et assimilés". Je voulais un sac le plus simple possible avec une forme très facile à mémoriser, et comme le Design, c'est avant tout un boulot de copiage intensif de tout ce qui vous passe devant les mirettes, il est bien possible de trouver des choses similaires ailleurs. Mais en Bolivie, c'est une première à priori.

Pour tout dire, c'est amusant de dessiner des sacs à mains, des ponchos et toutes sortes de choses diverses avec lesquelles je n'ai à la base pas vraiment d'affinités.

Mais ce qui est drôle dans ce boulot, c'est qu'en définitive, peu importe ce que vous dessinez, vous aurez toujours plaisir à voir votre gribouillis prendre forme.

Le modèle définitif n'est pas arrêté, cinq premiers exemplaires sont terminés, de couleurs différentes pour chacun.
On verra si ça se vend, ou pas.


Bientôt, le tube!

Mode made in Bolivia

Par Le Ouistiti :: 27/03/2008 à 23:19 :: Le Vide-grenier

27/03/08 Non, je ne suis pas en vacances...

E
t pour vous le prouver, voici mon premier produit mis en ligne sur le site caserita.com, un  gilet en alpaga, qui doit  son nom au fait que le patron est circulaire, c'est tout bête... C'est pas du Jean paul Gaulthier, je le reconnais humblement, mais on cherche on cherche.


Plus de détails croustillants sur: Caserita.com

Pérou Express

Par Le Ouistiti :: 20/03/2008 à 23:17 :: Bolivia Trip 2008

 

06/01/08-07/01/08 Auto-expulsion


Une semaine est passée depuis le nouvel An et il est temps de renouveler mon visa... Il y a pour cela plusieurs solutions, soit vous foncez au bureau de migration le plus proche en clamant haut et fort qu'il vous faut quelques mois de plus pour apprécier à sa juste valeur toute la beauté cachée de la Bolivie, ou soit...vous passez la frontière, faites tamponner votre passeport, un petit tour au Pérou, vous revenez, re-tampon et vous êtes de nouveau légalement en Bolivie pour trois mois.

 Une troisième possibilité serait de demander un visa de travail, mais pour un an seulement, et sans certitude de rester plus longtemps, le démarches sont bien fastidieuses (et coûteuses).
J'eu la bonne idée de choisir la deuxième solution, souhaitant ainsi voyager un peu du côté du Pérou.

Il se trouve que cette même fin de semaine où je comptais quitter le pays, les chauffeurs routiers en profitent pour bloquer les routes, critiquant ainsi l'instauration de la vignette pour les poids lourds et son tarif visiblement faramineux (pour la bolivie, s'entend).

Je tente cependant de partir le samedi matin, et me rends au niveau du cimetière principal de La Paz, d'où partent la plupart des navettes pour Copacabana. Je me retrouve avec une dizaine de personnes à attendre un hypothêtique minibus en partance, mais au bout de deux heures, rien qui ressemble à cela ne se profile devant nous. Je discute avec un vieux hippie allemand à la barbe aussi longue que sa canne. Nous décidons de rejoindre en taxi le terminal de bus, espérant trouver là-bas un moyen de rejoindre le Lac titicaca et donc la frontière.
Au terminal, meme problème, aucun bus ne peut partir, la route semble complètement bloquée, c'est quelque chose de relativement courant ici. Le fait de bloquer les routes empêche de ce fait tout le pays de fonctionner, la majorité des échanges commerciaux et des transports se faisant par voie terrestre.
Il faut savoir renoncer, on nous promet des bus pour le lendemain matin, je prends un billet sans être bien convaincu...

Le lendemain matin, je retourne au terminal sans avoir pu joindre l'agence de bus, pas trace non plus du hippie allemand. Cependant, le car part bien à l'heure prévue. Il est plein, touristes, locaux, le temps est nettement plus favorable que la veille, plutôt humide. La Paz-Copacabana, c'est trois heures de route, de même d'ailleurs que La Paz-Oruro, La Paz-Coroico, et La Paz nord-La Paz sud aux heures de pointe.




Passage du détroit de Tiquina.


La route nous fait quitter la grosse cuvette où s'enterre la ville, puis grimpe jusqu'à l'Altiplano. Pour rejoindre Copacabana, il faut d'abord atteindre le détroit de Tiquina qui scinde le Lac titicaca en deux, le bus traverse dans un bac, et les passagers montent dans de petites vedettes.

La traversée est très rapide, dix minutes à peine, il nous faut attendre le débarquement du bus puis nous repartons.
Une bonne heure est encore nécessaire, la route n'est qu'une succession de virages, on grimpe on grimpe, et l'on croise quelques véhicules en sens inverse. Le lac Titicaca, dont Copacabana pourrait être consideré comme sa station balnéaire officielle, ne peut ici que se deviner, masqué par le profil très montagneux, mais le peu que l'on en voit est impressionnant, on dirait une mer posée au beau milieu des montagnes, agrémentée de quelques îles dont certaines (notamment la « Isla del Sol », l'île du Soleil) restent des lieux hautement sacrés.

Il faut noter que rares sont les personnes qui se baignent dans le lac, mais ce sont plus souvent pour des lacunes en matière de natation que par peur de représailles divines.


Montagnes, montagnes et au fond le Titicaca.


Le temps un peu couvert ne permet pas de profiter pleinement du spectacle, il faudra donc revenir.

Nous arrivons à 11h30 à Copacabana. Il va donc me falloir passer la frontière avant midi et faire une rapide visite du côté péruvien si je veux récupérer les derniers bus qui retournent à La Paz vers 16h30. C'est ce que l'on appelle une visite éclair. Après une truite au citron à se damner, je me rends à la Plaza Sucre et monte dans un taxi direction Kasani, un village frontière Bolivien. Je fais tamponner mon passeport à la douane bolivienne, passe la frontière puis tampon à la douane péruvienne de Yunguyo, bonjour Pérou!

C'est jour de fête à Yunguyo, avec défilé et tout le tintouin, fanfare, police, armée, mais vu la taille plus que modeste de la bourgade, le grand défilé fédérateur paraît un peu ridicule...

Plus loin, le marché est nettement plus vivant et coloré. Il occupe tout le centre-ville et comme tout bon marché sud-américain, on y trouve de tout. Après deux heures de balade, je me décide à repasser la frontière, ce qui était le but premier de cette excursion éclair.
Les douaniers péruviens ont bien compris le but de ma magouille, mais après une courte négociation, ils finissent par me donner mon bon de sortie en rechignant un peu, je me représente à la douane bolivienne, où j'explique ma démarche, il est préférable de dire la vérité plutôt que de chercher une excuse bidon, évitez les "je dois repasser la frontière, j'ai oublié mon appareil photo à l'hôtel", d 'après un confrêre voyageur, les douaniers n'apprécient pas trop...
Bref, je donne les 80Bol. demandés et me revoilà en Bolivie.

Retour à Copacabana, je fais un petit tour vers la plage et les luxueux hôtels avec vue sur le lac, beaucoup de touristes, éparpillés dans les gargottes des alentours. Je regrette de ne pas avoir pu venir le samedi et donc profiter un peu de la plage et des îles superbes du lac, mais vu le trajet relativement court, nous pourrons remettre ça une prochaine fois.

¡Feliz Año Nuevo!

Par Le Ouistiti :: 21/02/2008 à 21:10 :: Bolivia Trip 2008

31/12/07 - 01/12/07 The Longest Day.


J'avais, vous vous en rappelez peut-être, dù effectuer un rapide déménagement d'un appartement à un autre à l'occasion du Nouvel An, mon propriétaire souhaitant louer pour cette soirée le loft, effectivement idéal pour faire la fête. J'étais de plus convié aux festivités, une belle manière de s'initier aux noubas boliviennes.

Nous sommes lundi, le travail se finit tôt et le patron nous offre un copieux apéro, apéro qui va s'éterniser jusqu'aux alentours de 20h00. Inutile de préciser que tout ce petit monde est déjà bien en forme. De retour dans ma nouvelle demeure, je rejoins les organisateurs de la soirée, très affairés.
Forcément, au risque de paraître impoli, j'accepte de nouveau un coup à boire, qui va se muer en un gargantuesque étalage d'alcools divers.
Perdu dans de sombres vapeurs éthyliques, je profite d'une pause dans cette orgie pour aller faire une petite sieste, en attendant que minuit sonne, début de la vraie fête ici.

Drame, à mon réveil, il fait jour.. La sieste s'est transformée en profond coma. Il est 6h00 du matin, bonne année!

Je pars voir ce qu'il en est dans la grande demeure, elle est encore pleine à craquer, de vivants, de presque vivants et de morts-vivants. Je salue les plus téméraires.
Mon arrivée se devant d'être salué comme il se doit, l'orgie alcoolique reprend, menu du petit déjeuner, bière, bière et bière. Il s'agit ici de faire bonne impression, les invités font partie des Boliviens plutôt instruits et aux situations professionnelles enviées. Architectes, directeurs d'université, que du beau monde, mais ces considérations s'oublient vite passées quelques verres.
Les bouteilles vides et restes humides de cotillons côtoient les joyeux fêtards assoupis.


Le directeur du "Colegio de Ingenieros Ambiantales", Willams M. Escalero Polo, et moi....

Ca danse, ça boit, ça parle fort, ça rigole, Woodstock dans 100m carrées. Mon ex-chambre s'est muée en cabine de dj et en dortoir. Pas de regrets pour ce qui concerne le déménagement.
La soirée-matinée va se prolonger jusqu'à tard dans la journée. Un va et vient incessant d'amis, d'amis d'autres amis, de relations vagues, prétexte à ouvrir d'autres bouteilles.
Personnages tous plus sympathiques les uns que les autres, aidés en cela par un état d'hébriété conséquent. Les heures défilent sans nous décourager, mais vers 20h00, il nous faut constater que sur la grosse vingtaine de fêtards encore présents, nombreux sont ceux qui ronflent affalés sur les canapés.

Après une fricassée froide qu'il faudra faire passer avec du Sprite tellement c'est ignoble, nous commençons le gros du rangement.
Je m'en retourne tardivement dans mes quartiers, et ne met pas longtemps à retrouver la couette, un jour pour récupérer avant le retour au travail, en espérant que cela suffise.


Grand maître Pucho et je ne sais plus qui...


Buenos Aires.

Par Le Ouistiti :: 26/01/2008 à 2:58 :: Bolivia Trip 2008

19/12/07 "Le communisme, ça marche, il suffisait de le privatiser !".

J'aurai dù me méfier de cette soudaine envie d'aller arpenter les rues de La Paz à la recherche de nouveaux produits pour le site internet de la boîte. Ca paraissait louche que mes deux collègues Cristian et Omar se prennent soudain d'une réelle passion pour la chasse aux ponchos "fashions".

Que nenni! il s'agit en fait  d'aller faire les courses de Noël, et ce sur les heures de bureau!!! Quelle infamie, quelle décadence, honni soient ces rebelles employés qui préfèrent en cette belle matinée les rues ensoleillées au froid bureau.

Donc direction Avenue buenos Aires, la zone populaire de La Paz, où vous trouvez absolument tout pour des prix imbattables.
Les rues sont bondées, une foule compacte part à l'assaut des centaines de boutiques improvisées sur les trottoirs, bienvenue au Marché de Noël de La Paz!
Il faut savoir qu'à l'occasion des Fêtes, les patrons Boliviens se doivent d'offrir une sorte de panier garni à tous leurs employés, tradition sympathique vous en conviendrez.
En général, on y trouve une bouteille de vin (type jus de chaussette, imbuvable ou presque), des gâteaux, du thé, de la margarine, des bonbons, et surtout le fameux Panetoñ, sorte de gros cake en forme de cloche, souvent garni de petits morceaux de fruits confits, parfois en chocolat, c'est pas mauvais mais bourratif. D'où l'intérêt du jus de chaussette pour en faciliter l'ingestion.



Gourmandises diverses, Avenida Buenos Aires.

Chaque halte voit alors le même rituel, négocier le prix, refuser, confirmer, finalement réserver les victuailles pour venir les récupérer plus tard.
Nous passons par les échoppes de fruits, de papier toilette, d'aliments pour chiens, de jouets, de vin, de savon, de tout je vous dis, tout et n'importe quoi peut se trouver ici!

Pauses Salteñas, et l'on poursuit notre longue excursion. Les zones dévolues à la vente de jouets sont les plus impressionnantes, 100% chinois je vous l'accorde, mais on sait depuis longtemps qu'ils ont déjà tout compris...
Le communisme, ça marche, il suffisait de le privatiser!
Les prix sont imbattables, pourtant les clients cherchent encore à négocier, c'est moins violent que dans les pays nord-africains, mais ça reste du gros marchandage.
Deux heures plus tard, nous refaisons le même chemin afin de récupérer les victuailles, il y aura de quoi remplir le taxi qui nous ramène au bureau.

Fiesta todo el año.

Par Le Ouistiti :: 16/01/2008 à 23:15 :: Bolivia Trip 2008

08/12/07 Un avant-goût de carnaval.

Une semaine  après mon retour épique en Bolivie, je suis toujours locataire de mon estimé patron. La recherche d'appartements bat son plein mais j'y reviendrai plus tard. Car aujourd'hui, c'est la fête de la ville, ce qui implique un gigantesque défile qui va durer pas loin de deux jours avec fanfares, costumes, bières à volonté et tout le tremblement.
La procession commence au niveau de l'avenue Buenos Aires et se termine Plaza españa, où une estrade a été installée. Chaque quartier a donc son groupe de danseurs et de musiciens, la seule règle concerne les costumes, ils doivent être le plus bariolés et voyants possibles.


Les chapeaux ronds de Bolivie.

Arrivés sur la Place, les groupes sont notés et jugés, je ne sais pas bien par contre ce que gagne le groupe qui arrive en tête. Malgré un temps assez maussade, les trottoirs sont pirs d'assaut par les supporters des divers quartiers, les vendeurs de bière et de hamburguers se sont installés eux aussi, aménageant des micro restaurants aux abords des rues.
Les tambours commencent à se faire entendre, les étendards des différents quartiers ouvrent la marche. Ils figurent souvent des images de la Vierge ou religieuses, ici, on pratique un christianisme relativement soft, mais très présent, il n'est pas rare de voir des Boliviens faire le signe de croix avant de manger ou lorsqu'ils passent devant un lieu Saint. Mais cela relêve plus de la bienséance que de la foi inébranlable.

Le défilé prend du retard car certains groupes s'arrêtent pour boire un verre en plein milieu de la rue, le groupe suivant doit donc dépasser le précédent qui stagne autour des vendeurs de boissons, cacophonie garantie.

La pause se termine par un coup de sifflet strident qui annonce la fin de la beuverie, les plus émêchés doivent se faire aider pour remettre leurs costumes, mais tant bien que mal, tout ce petit monde se remet en ordre de marche.


Pause Paceña.

Et cela va durer toute la journée, une procession qui va lentement descendre la grande rue, s'arrêtant, repartant, laissant sur le chemin quelques membres trop fatigués (ou trop bourrés) pour continuer. Une forte odeur de bière commence à monter aux narines, des danseurs doivent faire masser leurs pieds endoloris. Cela souffre, mais cela ne plie point, et le défilé va continuer jusqu'à fort tard dans la soirée.
L'ambiance va battre son plein sur la Place, drame, je n'ai plus de batterie pour l'appareil photo, après avoir assisté aux derniers tours de piste de l'ultime groupe, je me décide à rentrer. Il paraît que le Carnaval du mois de février est dix fois plus important, ça promet...


Une doña très motivée.


Gringo busca departamento.

Par Le Ouistiti :: 15/01/2008 à 21:11 :: Bolivia Trip 2008

01/01/07 Je cherche un appart', pas un placard moisi, merci...


Durant le weekend et la semaine qui suit, je me lance dans la recherche intensive d'un appartement décent, aidé de Pierre et de Giovy (mes patrons), mon espagnol n'étant pas encore au top. On effectue quelques visites de logements dans les environs du bureau. Et on ne pourra pas se plaindre d'une quelconque monotonie, entre celui dépourvu de fenêtres et à la décoration datant de la Grande Guerre, celui qui ne peut loger qu'une famille de nains rachitiques tellement les pièces sont ridiculement petites, celui correctement refait mais parfaitement vide, chaque nouvelle porte ouverte réserve son lot de surprises. La quête s'annonce bien longue.

La palme sera obtenue par le cinquième ou sixième, situé Avenue Jaimes Freire, à deux minutes à pied du bureau, donc excellement placé. Un lotissement en briques nues qui déjà au premier abord ne fait pas très envie. Les différents petits bâtiments s'articulent autour d'une cour glauque et sale au sol de béton. Je manque de me faire bouffer par le clébard débile qui est en charge de protéger la "résidence". Le proprio ne me paraît pas plus éveillé que son chien, au moins le chien lui, ne laisse pas dans son sillage une tenace odeur d'alcool.
Mon hôte parvient cependant à me faire la visite, je regrette de n'avoir pris l'appareil photo...

L'extérieur n'annonçait rien de bon, l'intérieur est pire encore. Non meublé mais ça je le savais déjà, ça s'apparente plus à une visite touristique des ruines de Pompéi que de celle d'un appartement. Forte humidité, salle de bains inexistante, plafond qui semble vouloir rejoindre le sol par endroits.


Le proprio pourtant est très fier de me montrer tout cela, je fais donc mine de paraître intéressé, cela afin de poursuivre la balade dans son monde merveilleux pour les cafards et autres cloportes.

La suite n'est donc pas mieux, pas de prises électriques, des torchons au mieux pour remplacer les éventuels rideaux, je ressors de là mi-hilare, mi-effaré.

Pierre me parle alors d'un de ses amis qui, entre autres activités, loue aussi des appartements dans les parages. Situés Plaza españa, c'est le quartier de Sopocachi, zone assez "select" de La Paz, proche du bureau. L'entrée se fait par une grande grille, puis l'on arrive dans un lotissement avec trois maisons de styles différents.


Entrée fleurie.

Une est occupée par une ONG espagnole, les deux autres sont à louer. Petit jardin entretenu, ça me plaît déjà plus que la Cour des Miracles visitée précédemment. Le tout est bien sympathique, mis à part les fils électriques et autres antennes posées n'importe où et qui enlaidissent quelque peu le tout.
Ici, pour les installations électriques, on part du principe qu'il faut toujours mieux aller au plus court, ce qui donne parfois des cables et fils divers passant en plein milieu d'un passage ou devant une porte d'entrée.

Le seul inconvénient, c'est que les travaux ne sont pas totalement terminés. Les cuisines notamment doivent être finies dans peu de temps. Effectivement, la maison qu'il nous fait visiter, bien que non achevée, présente bien, refaite à neuf, parquet. Même avec sa couche de poussière et le carrelage vert de la cuisine qui lui donne de faux airs de salle d'autopsie.


Entrée-salon en cours de finition...

Nous nous mettons d'accord sur un prix, très correct vu l'emplacement et le standing de l'habitation. Je devrai pouvoir emménager la semaine suivante (naïf que je suis...). De nouveaux meubles sont en train d'être réalisés, les luminaires doivent être changés, les plintes posées, surtout ici, ne pas être pressé.

La semaine suivante donc, les ouvriers n'ont pas reparu sur le chantier, occupés ailleurs semble t-il.

N'ayant pas trop envie de vivre éternellement aux basques de mon patron, aussi sympathique soit-il, mon futur propriétaire me propose alors de loger provisoirement dans un second appartement situé au même endroit que le premier. En fait d'appartement, je me retrouve dans un loft avec trois chambres, un salon immense, du parquet partout, bien trop grand pour moi mais ça ne manque pas d'allure.


Le "loft" provisoire.

J'emménage le lendemain, problème, point d'électricité et point d'eau chaude pour ce premier soir car la chaudière fuit. Et donc pas de cuisine... Pour les deux premiers, ce sera rêglé le lendemain.
Je vais me résoudre à dîner au restaurant durant quelques temps.
Je loge donc ici durant deux semaines, jusqu'aux environs du 1er janvier. "Mon" loft doit être loué pour la soirée à une bande de joyeux fêtards, soirée à laquelle je suis invité. Nous effectuons alors mon déménagement express pour la maisonnette initialement prévue, maisonnette où les travaux sont au point mort. elle est elle aussi dépourvue de cuisine et de quelques autres menus détails. Seuls les carreaux de la cuisine sont passés du vert clinique au bleu ciel, c'est mieux..





Le périple fou

Par Le Ouistiti :: 02/12/2007 à 0:23 :: Bolivia Trip 2008

LIMA-LA PAZ en bus, 28 heures.

29/11/07  Les gens normaux prennent l'avion.

Le gros navion s'est posé comme une fleur sur le tarmac de l'aéroport flambant neuf de Lima à quatre heures pêtantes. Récupération des bagages, je change quelques Dollars en Soles, la monnaie locale. Jusqu'ici, j'hésitais entre deux options, soit me trouver un hôtel et dormir dans un vrai lit avant de reprendre la route pour La Paz, soit poursuivre el camino immédiatement. Mon cerveau embrûmé m'ordonna de continuer. Je monte dans un taxi et demande à être déposé au terminal de bus de la compagnie Ormenio, la seule qui fasse le trajet Lima-La PAz.

Mais à 4h du matin, ledit terminus n'est pas ouvert, le chauffeur me laisse dans un autre terminus ouvert celui-là mais totalement vide, il y a au moins de la lumière. Traverser cette partie de Lima, de nuit qui plus est, ne donne pas trop envie d'y séjourner. De grandes avenues froides, quelques casinos aux abords qui singent Las Vegas mais n'en conservent que la vulgarité. Aux croisements des rues, vous apercevez des chicas ne dépassant pas les 14 ans attendant sagement les rares clients motivés à cette heure matinale.


L'expression "c'est le Pérou!" n'est pas applicable à tous.


Matinée brumeuse à Lima


Je patiente sagement dans le terminal, qui se remplit peu à peu. Touristes, Péruviens, tout ce petit monde  s'affaire autour des guichets. Vers 7h00, je reprends un taxi pour me déposer devant le terminal d'Ormenio. Crevant de faim, je me prends un petit déjeuner pas du tout local puis paye les 60 Dollars du voyage, et de nouveau j'attends. Vous noterez que j'attends beaucoup, c'est le mode de vie local qui veut cela je suppose, et de toute façon je n'ai pas trop le choix.

Le bus est prévu à 9h00 du matin, j'en profite pour faire quelques photos des alentours, dormir, je n'y arrive pas, les chaises en plastique, j'ai du mal.

Pour 60 Dollars, vous ne voyagez pas dans un bus ordinaire, par "ordinaire" je veux parler de la bétaillère rouillée aux banquettes en bois avec un espace gardé pour les chêvres de Pedro.
Non, pour 60 Dollars, vous avez droit à un autocar relativement neuf sur deux niveaux, avec en bas toilettes hommes et femmes, fauteuils inclinables, repose-pieds, repas compris dans le prix et servis à heures fixes. le grand luxe, d'ailleurs c'est le tarif "royal luxe". 


15/01/08 Vous aurez noté que cela fait quelques temps que je n'ai pas mis à jour ces quelques pages, je m'en excuse auprès des lecteurs assidus, mais il m'a fallu depuis mon arrivée gêrer maintes choses fort complexes telles que m'installer, travailler, travailler, travailler, et parfois ne strictement rien faire et profiter du climat pour le moment relativement clément. Mais, il est temps de me remettre au clavier.
Nous en sommes donc à mon départ de Lima:


9h00 [0 heures de route]: Le bus démarre, loin d'être bondé. Le parcours est assez simple, longer la côte péruvienne jusqu'à Arequipa, puis grimper dans la Cordillière jusqu'au Lac Titicaca.
Ce que je vois de Lima diffère peu de La Paz, si ce n'est la relative platitude de Lima comparée à la montagneuse capitale Bolivienne. Mêmes rues bondées, mêmes taxis, mêmes clichés en quelque sorte, mais des clichés bien réels.
Le gros bus met un certain temps à s'extirper de la circulation puis rallie la grande route qui longe la côte. A notre droite, des dunes et la mer, à notre gauche, des dunes et pas grand chose d'autre. Le paysage est effroyablement monotone, les vitres sales du car et la pluie n'arrangent rien. Les seules taches de couleur qui parviennent à égayer un peu ces étendues de sable gris et froid sont les rares mais gigantesques panneaux publicitaires....

Au moins, nous sommes confortablement assis, le cuir des sièges dégage bien une certaine odeur humide et vaguement moisie, mon voisin a tendance à beaucoup parler, mais je ne regrette pas mes 60 Dollars. A heures fixes, la charmante hôtesse de bord (comme dans un avion, oui, oui) nous distribue les plateaux-repas, desayuno, almuerzo, cena.
J'essaie de comptabiliser les heures entre les différentes haltes, mais je dois y renoncer, le temps passe et cette côte péruvienne n'en finit jamais. Le paysage évolue cependant, nous passons devant de gigantesques hangars posés sur la plage, en fait des élevages de millions de poulets avec vue sur la mer, selon mon loquace voisin.

Première grosse halte à Chincha Alta, une ville terriblement moche, on y dépose deux touristes allemands, et l'on récupère deux autres gringos. Le soleil cogne fort désormais, la journée promet d'être chaude.
Le chauffeur et un mécano sorti de je ne sais où en profitent pour aller trifouiller le train arrière du bus.
Puis l'on repart, moins de sable, plus de cocotiers et de végétation, mais ça reste assez peu intéressant, le Sahara est plus vivant...
Pisco, Paracas, ce coin du Pérou manque cruellement d'attrait.


Jour de marché à Ica

[5ème heure] ICA-NAZCA: Nouvelle pause à Ica, rues bondées, jour de marché oblige. Les haltes se font dans les terminaux de bus de la compagnie, à la façon des vieux relais de Poste en quelque sorte. On y trouve toujours deux ou trois échoppes pour acheter de quoi faire grimper son taux de cholestérol et des toilettes. Le bus en est bien équipé (Damas y Caballeros), mais le terme de "lieu d'aisance" n'est pas le plus approprié pour les définir.
Encore une escapade au milieu du néant, fini la mer, nous continuons à longer la côte mais à distance désormais. Après les champs de sable, bienvenue dans les champs de cailloux, il fait une chaleur suffocante, et les navets débiles diffusés par la télévison du bus n'arrangent rien. Quoique je préfère encore ces films, même nuls, aux clips kitschouilles de "grandes" stars sud-américaines passés en boucle durant tout le voyage. Même Salvatore Adamo aura droit maintes fois à son moment de gloire sur notre petit écran.
Près de Nazca, nous traversons la fameuse zone où sont représentées toutes ces mystérieuse formes d'animaux et ces lignes géométriques censées figurer une carte céleste. Mais, vu du bus, tout cela manque un peu de hauteur.

[8ème heure] NAZCA: Arrêt rapide à Nazca, repas servi, bon ma foi. La nuit commence à tomber, et passées les plaines caillouteuses de Nazca, nous retrouvons la mer. Mais cette fois, pas de plages, pas de sable, mais des falaises, des rochers, des ravins, des fossés, des virages en pagaille, des croisements hasardeux, la pluie, non l'orage maintenant, plus de soleil, les phares du bus si faibles que je me demande franchement si le chauffeur n'est pas encore en veilleuses.
Et à la téle, Tom Cruise dans "Le Dernier Samourai", je finis par m'endormir.

[18ème heure] Quelques kilomètres après AREQUIPA: Je sais que nous y sommes passés mais je n'en ai aucun souvenir, j'ai du dormir tout ce temps-là, où le cerveau zappe les moments cruellements longs et inutiles. Dommage, Arequipa est une très belle ville... Passé Arequipa donc, nous rejoignons les contreforts  de la Cordillière, toujours à mi-chemin entre le Désert et la végétation luxuriante des oasis,  le paysage se fait déjà plus montagneux, plus varié. Toute la région de Puno est ainsi étrangement dotée d'espaces verdoyants associés à des zones parfaitement mortes. Les villages sont comme plantés dans ce paysage, peu animés en cette heure de la journée, leur traversée ne permet pas de bouleverser le quotidien on ne peut plus paisible des habitants.


Village fantôme dans le environs de Puno.

Après une énième halte, un énième plateau-repas, une énième sieste pas du tout réparatrice, nous finissons enfin par débuter la traversée proprement dite de la Cordillière des Andes, le temps est superbe, le soleil bas chauffe le cuir des sièges ce qui accentue encore cette sensation de vivre dans une serre exotique. Les arbres commencent à se faire rares, on retrouve cette végétation rase et jaune de l'Altiplano, et dans le même temps, les rives du Lac Titicaca.
Pour passer le temps dans le bus, je lis un peu, sans bien comprendre ce que je lis, je jette un oeil torve sur la télé, en subissant la musique "romantica" très prisée ici, je rêve qu'après le troisième passage de la vidéo d'Adamo, on cale enfin l'excellent clip "hangar 18" de Megadeth ou n'importe quoi d'autre. Mais la cruelle télévision n'aura aucune pitié et continuera à débiter ses horreurs audiovisuelles, largement secondées par quelques-uns de mes camarades de voyage qui pousseront la torture jusqu'à taper du pied en rythme.... Troubles graves garantis après une telle épreuve.


  Rives ouest du Lac titicaca

[22ème heure] PUNO: Etre à Puno, cela signifie encore six bonnes heures pour rallier La Paz, nous longeons le Lac Titicaca par le sud, et passons non loin de Copacabana, les dernières heures de ce bien long voyage. En trois heures, nous sommes à Desaguadero, le village frontière péruvien. Un embouteillage se forme à l'entrée du village, il nous faut alors sortir du car, aller au poste de frontière péruvien pour obtenir le bon de sortie, puis ensuite passer physiquement la frontière, soit une barrière à moitié pourrie, et se rendre au poste de frontière Bolivien pour avoir le tampon d'entrée. Ensuite, il suffit de patienter une bonne heure pour que le bus passe lui aussi la frontière, nous remontons dedans et nous voilà repartis.
La suite du trajet est rapide, de Desaguaredo à La Paz, nous traversons El Alto, la grosse banlieue de La Paz, toujours aussi peu attractive, puis c'est la descente dans la cuvette.

[28ème heure] Terminal de bus de LA PAZ: La descente du bus est une libération, 28 heures là-dedans! je prends mes bagages et me rends au cyber-café de la gare pour tenter de contacter mon grand patron. Etrange de se trouver de nouveau ici, Plaza Antofagasta. A mon premier séjour en Bolivie, j'étais dans l'hôtel juste en face de la gare et me rendais donc régulièrement ici.
J'avise donc mon illustre gourou que je suis enfin en ville, puis prend un taxi direction Calle Gutierrez, Sopocachi.
En attendant un hypothétique appartement, je me vois prêter la chambre d'amis de la demeure seigneuriale, peu de chances que j'arrive en retard au travail le matin, bureau et chambre sont au même étage.

Petit apéro de rigueur pour saluer mon arrivée, je profite d'une douche bien méritée, puis me sentant ragaillardi, je m'en vais aller voir quelques expatrìés français qui organisent une petite fête dans les parages. Je décline cependant le restaurant suisse et part pour une nouvelle aventure, rattraper les 48 heures de sommeil qui me font défaut.


Répétition catastrophique, tentons de rester calmes.

Par Le Ouistiti :: 01/12/2007 à 20:30 :: Bolivia Trip 2008

28/11/07 De tempêtes en naufrages, vrai départ.

Une semaine de passée, il fallait bien ce laps de temps pour se remotiver à mettre les voiles. Et aussi accessoirement pour racheter un billet, je suis décidément pas prêt de devenir millionnaire.

Vrai départ enfin, cela commençait à ressembler à une grosse blague pas drôle de Bigeard (oups! pléonasme). Trajet métro-RER, pas de retard, enfin les bagages sont sur le tapis roulant, enfin je pars, enfin enfin enfin!

Le vol Paris-Madrid dure deux heures, je suis avec un groupe de retraités qui partent s'encanailler à Buenos Aires, quelle chance la retraite. La vieillesse est-elle contagieuse? Elle est certes au bout du compte fatale, mais que d'avantages avant l'inéluctable!
Pour le moment, mes deux voisines péruviennes me servent à tour de bras du "Joven" terme qui ne se traduit pas vraiment en Français. Ce serait un mot plus familier que "jeune homme" et moins rude que "p'tit con!".
Un passager moustachu lit les gros titres  de son Paris Match, "Alerte aux chiens tueurs d'enfants", puis tombe sur une double page ornée de belles photos de Sarkozy au Maroc, Paris Match vend décidément du rêve.

Le vol Madrid Lima initialement prévu à 23h30 part finalement à 21h30, ce qui laisse une heure pour sauter d'un coucou à un autre.
Arrivés à Madrid, notre avion a un peu de retard, il faut cependant passer par le guichet, le point de contrôle, les portails de sécurité oú bien entendu je fais sonner le bazar, je vais finir par soupçonner mes plombages. Toujours en compagnie de mes Péruviennes de choc, nous devons courir pour atteindre la porte d'embarquement, il est 21h15!! L'avion est là, nous nous jetons sur le steward qui sous la menace de nos regards assassins, vise nos billets.

Pour ce vol, c'est un Boeing 747, je n'étais jamais monté dans un coucou aussi gros. On s'installe, l'avion décollera plus de trois quarts d'heure après notre marathon, comme quoi...


Boeing Boeing !!

Aller simple pour nulle part.

Par Le Ouistiti :: 01/12/2007 à 19:16 :: Bolivia Trip 2008

21/11/07 & 22/11/07 Un arrière-goût de fatalisme.

Il y a des jours comme celui-ci où décidément rien ne fonctionne. Pour les nouveaux, je précise que je devais repartir à la chasse aux lamas aujourd'hui même. Et ce en passant par Madrid et Lima, histoire de voir un bout du Pérou.
Que nenni! pour cause de justifiables grêves, il fallait prévoir un départ incroyablement tôt pour espêrer arriver à bon port. Or, ayant dans le fond, et je l'admets bien volontiers, un certain sens de la dédramatisation, partir aux environs de 15h pour être vers 17h à CDG me semblait possible. Il me semble cependant que j'avais prêvu un départ bien moins tardif mais passons, n'allons pas réécrire l'Histoire.

Bref, il est 15h, je me rends compte que j'ai omis de faire le plein de la voiture, mon sac s'éventre avant même d'atteindre le coffre de ladite voiture, mon honorable génitrice part donc faire le plein tandis que je retourne transférer mes affaires dans des sacs plus solides.
Il y a des travaux à la sortie d'Issy Les moulineaux, la station service de la Port de Versailles est fermée, Ca commence mal.
Nous partons enfin, il doit être 15h30, certainement plus, bouchons pour rejoindre le périphérique, bouchons sur le périphérique.
A la Porte d'Orléans, nous constatons que le périphérique dans l'autre sens semble plus fluide, je lance la stupide idée de sortir et de repartir dans l'autre sens, vous noterez que je n'ai eu que des éclairs d'intelligence ce jour-là, mais là encore rien n'avance, comme dirait ce poujadiste infâme de Pernaud, c'est le bordel.

Le temps de revenir enfin sur le périph', il est aussi bondé que l'autre. Dies horribilis. Nous poursuivons tout de même jusqu'à Roissy, on ne sait jamais, un retard, un attentat, un accouchement dans la salle d'embarquement, ma foi ça arrive, hein ça arrive ces choses-là, en tout cas dans les télefilms de France 3, ça arrive souvent.

Le gros navion partait à 18h25, nous arrivons devant le guichet à 18h45. Aurais-je dans cette histoire pêché par excès d'optimisme, je crois que oui. Nous nous renseignons, pas súr de plus que je sois remboursé, que faire, attendre sur place un autre vol, repartir, de tempêtes en naufrages, lorsque tout foire, il faut savoir renoncer, nous rentrons, La Bodega à Madrid sera pour une autre fois.

Un autre vol est prêvu le lendemain à 11h35, pour éviter les "encombrements" de la veille, nous repartons cette fois-ci à 3h du mat' d'une part pour arriver à temps et d'autre part pour que Mama ne soit pas de nouveau prise dans les bouchons au retour....

Et effectivement, il est à peine 4h que je suis déjà dans le hall 5 totalement vide de Roissy.


Forte affluence à Roissy CDG, 4h du matin.


Bien entendu, l'attente est longue avant l'ouverture des guichets, je passe le temps comme je peux. Sur le coup des neuf heures, enfin je me présente aux guichets pour expliquer mon problème (celui concernant mon départ en avion, pas les autres problèmes). Ils me conseillent d'appeler l'agence par laquelle j'ai acheté mon billet, n'ayant pas de portables, je dois me rabattre sur les téléphones publics à pièces, j'ai pas vraiment non plus de petite monnaie, mais ça ça peut s'arranger. C'est un numéro en 0800, impossible de le contacter avec ces sales bornes télephoniques. Je rappelle donc ma chère mère qui comme vous le voyez a bien du mérite, pour qu'elle contacte l'agence, je repars faire de la monnaie. Au bout du compte, le remboursement n'est que très partiel, et reprendre un billet aujourd'hui me coútera les yeux de la tête, la gentille hôtesse m'indique cependant que le vol suivant, le soir à 18h25 peut être une alternative et qu'il est au même tarif que la veille. Mais il est à priori complet, et elle est incapable de me certifier qu'il y ait de la place. Il faut attendre.

Alors j'attends voyez-vous, encore, j'attends, je commence "l'insoutenable légèreté de l'être" de Kundera après avoir fini "Le Petit Nicolas de Sempé". Oui j'avais fait dans l'éclèctisme pour le choix des bouquins.
Les heures passent, je me promène, je reviens, j'attends, je dors, je dors, je somnole, je glande, je passe le temps. Vers 15h je vais aux nouvelles, possibilité d'atteindre Madrid, mais Lima, ça va pas être possible. J'atteins là le degré ultime du renoncement et....et bien oui je rentre.

Mais c'est encore une autre aventure qui commence, car je vous le rappelle, il ya toujours des grêves. Il faut pour rentrer prendre le RER B, sauf qu'il n'y a pas de RER B! En fait si, un toutes les heures, seulement il ne va pas plus loin que la Gare du Nord. Attente sur le quai de Roissy, longue attente, puis l'on se presse dans les compartiments. Je sens bien que j'emmerde le monde avec mes sacs, mais pardonnez-moi, j'en ai franchement rien à carrer.

A Gare du Nord, mémorable bousculade dans les couloirs du métro, il faut encore faire jouer la patience et s'en remettre à des forces célestes pour tenir le coup, pas de ligne 12, dommage, c'est celle qui va à Issy Les moulineaux.., autre ligne, encore attendre, longtemps, longtemps, la rame arrive, nouvelle bousculade, chaude promiscuité dans le wagon. Je sors enfin Porte d'Orléans (haha) pour récupérer le tramway, au bout d'une demi heure, le zoli T3 daigne se présenter, un peu de marche et je sonne à la maison..... Histoire vraie d'une débacle, La Bérézina sans les rivières gelées à traverser.

Décision est prise de laisser passer l'orage......

La Mécanique Du Coeur, Jean Rochefort On The Rocks!

Par Le Ouistiti :: 27/11/2007 à 1:12 :: Général
J'aime bien Dionysos, pour leur univers Burtonien en diable, pour leur folie, moins par leurs textes parfois trop culcul. Mais ce nouvel album est fabuleux, bourré ras la gueule de collaborations épatantes, dont un Jean Rochefort impeccable, une petite merveille.

Enfin un groupe français qui fait autre chose que du sous Noir Desir, il était temps.


La mécanique Du Coeur, 2007

Libre expression

Par Le Ouistiti :: 10/11/2007 à 1:12 :: Le Grenier en Couleurs

Sessions Concours Hermès, créativité poussée à son paroxysme.

La France pourrit sur pied.

Par Le Ouistiti :: 03/10/2007 à 16:32 :: Général



Ton ADN me revient pas, casse-toi!
{Je reviens sur ce sujet après Montgomery, mais ça m'énèrve, alors j'en remets une couche.}




J'ai toujours pensé qu'il y avait des gens intelligents et éclairés dans tous les partis, de droite ou de gauche. Des personnes qui étaient capables de faire la part des choses entre leur appartenance à un groupe et leur conscience qui ne suit pas forcément la même voie que la ligne officielle.
Mais si l'on accepte le fait de cette diversité, positive, il faut aussi admettre que tous les partis sont pourvus, dans un souci d'équilibre, d'un certain nombre de tâches indélébiles.

Ces êtres primitifs, limités dans leurs idées mais gavés aux grandes ambitions, n'ont de cesse de vouloir se hisser sous le feu des projecteurs.
Et quoi de plus aisé pour faire parler de soi que de lancer une bonne blague qui fera son petit effet médiatique.
C'est ce dont nous a gratifié un certain Thierry Mariani, qui, comme tous les gens éclairés s'est un jour posé une question: Le Front National s'est pris une bonne torgnole dans la tronche, mais ses idées continuent à plaire à nos concitoyens, la démagogie putride, c'est pas beau, mais ça fait vendre. Et puisque le supermarché de Saint-Cloud fait son inventaire, je vais me faire ma petite boutique des horreurs raciales, histoire de faire mon trou.
Notre ami, nouveau petit commerçant poujadiste, va alors lancer son grand produit de la quinzaine, le test ADN, il fallait y penser. Le produit est innovant, et nous changerait presque des vieilles rengaines lepénistes, usées jusqu'à la corde, et devenues terriblement has-been.
Mais l'ADN, ça c'est cool, c'est moderne, et si ça marche pour les criminels, aucune raison que ça ne marche sur les "pas Français" qui sont de toute façon dans leur ensemble des criminels en puissance, voleurs du travail et du pain des bons patriotes.
Lutter contre l'immigration clandestine est chose normale, mais faut-il pour autant enterrer des principes aussi fondamentaux que le respect de la personne humaine, le respect de sa vie privée.
Mariani (c'est Corse ça non, faudrait vérifier, c'est pas net) et les agités du charter de son espèce n'ont aucune  connaissance du monde qu'ils essaient de foutre à la porte. C'est un monde qui leur fait peur de toute manière, parce que différent, parce que éloigné de leur vision pétainiste de la France auréolée de Gloire, immaculée, radieuse, capable d'illuminer le monde avec ses traditions et son mode de vie exemplaire.

Mariani ne vit pas au présent, il vit encore au temps béni des Colonies, au temps de l'exposition Coloniale où l'on exposait les bons sauvages dans des cages, comme on va au zoo ou au supermarché. Il vit au temps de Le Pen, des pires xénopohobes de l'Histoire. Mariani fait son marché, prend un peu de négros médecins, un peu d'Arabes éboueurs, et une pincée de Jaunes, pour rendre à la France cette image de Phare des Peuples, attirant à elle des gens inférieurs, cherchant un pays d'êtres supérieurs à idolâtrer.

Que le gouvernement Français, en 2007, à peine plus d'un demi-siècle après avoir subi l'Occupation, après avoir constaté toute la barbarie d'un système visant à définir des races et à supprimer les impurs, que la France ose même penser à appliquer ce genre d'idées putrides extraites sans trop de mal d'un cerveau suintant la bêtise crasse, c'est pitoyable et grave.

Que ce soit de plus un membre d'un parti dit Démocratique, c'est encore plus ahurissant, c'est ça le pays des Droits de l'Homme ?, de la Philosophie ?, un vieux tas de cailloux défendus à coups de matraque par des adeptes des Croix de Feu et de tout ce que l'hexagone a compté comme groupuscules fascisants ?

Charlie Hebdo a lancé une pétition pour réclamer l'abrogation pure et simple de cette abomination, pétition qui a reçu d'ores et déjà la signature de personnalités qu'on n'attendait pas ici, Dominique De Villepin entre autres. On pourra arguer que ce n'est qu'une façon d'embêter son petit pote Sarkozy, toujours est-il qu'il a signé.

Vous trouverez ici un lien pour signer la pétition:

Touche pas à mon ADN!!

 




Les Chroniques de Montgomery Burns.

Par Le Ouistiti :: 25/09/2007 à 20:10 :: Le Grenier de Mr Burns

 

Smithers! Smitheeeers!!



_Oui Monsieur, Monsieur me demande?
_Comment, bien sûr que je vous demande, et j'en perds l'usage de ma voix si délicate, retrouvez-moi le numéro de mes amis de la LMDE, voulez-vous.

_La LMDE Monsieur?

_Et bien quoi, la Ligue Mondiale des Dictateurs Expatriés, ne me dites pas que vous ignorez les hauts faits de cette noble confrérie!

_Je dois reconnaître mon ignorance Monsieur, Monsieur souhaite-t-il me fouetter jusqu'au sang avec des branches du rosier pour réparer cette lacune?

_Ne me tentez pas Smithers, donnez-moi ce téléphone et hors de ma vue.


[tututututu, driiing driiing]


_Allo, Than Shwe? C'est Montgomery à l'appareil, ouiiii, alors, toujours dictateur? Haaa sacré Than! et ces répressions, tu n'imagines pas mon pauvre ami le tissu d'âneries débitées par ces rats de journalistes Bolchéviques. Nous sommes montrés du doigt, vilipendés, les temps sont durs, nos concitoyens sont bien ingrats.

Comment? des répressions, j'ai vu cela, quelles belles images, vous avez le sens du spectacle, je ne me lasse pas de ces ratonnades, cela me rappelle ma jeunesse lorsque je poursuivai tous ces affreux Noirs dans les rues de Springfield. Et voyez, ces êtres prolifèrent, nous avions pourtant prévenus, mon pauvre camarade, et nous n'avons pas été suivi dans notre combat.







 

 

Les bienfaits de la colonisation.

Par Le Ouistiti :: 25/09/2007 à 0:40 :: Bolivia Trip 2007

 

22/09/07 Entre ici, Maria Callas.



Théâtre National de La Paz.

Irish Coffee

Par Le Ouistiti :: 24/09/2007 à 23:54 :: Bolivia Trip 2007

 

21/09/07 A notre bétail en shorts, la Patrie reconnaissante.

 

Matinée studieuse, après-midi bien moins productive. L'heure est au soutien inconditionnel de l'équipe Nationale et de notre nouveau Zidane, l'Australopithèque Chabal. En voilà un qui aura construit sa notoriété sur les coups de boule dans le bide, chose qui aura valu à notre compère Zizou les pires critiques, mais le pays a besoin de héros en cette période de "faillite", dixit notre sous-Premier Ministre François Petit Fion.

Nous nous rendons, sac à bières dans le dos, chez Lucas, ami de Pierre, un autre expat' Français, aux multiples activités. L'essentiel est de savoir qu'il est depuis peu blond. Nous arrivons devant son immense baraque labyrinthique, encore en travaux pour une partie, avec une vue hallucinante sur l'Illimani. Une vue quelque peu gâchée par un nouveau bâtiment en construction lui aussi.

Nous retrouvons le futur ex-Bolivien Denis et sa femme, Mika, le reporter, qui vit chez Lucas pour le moment et donc notre hôte qui est ce que l'on peut appeler communément un personnage.


L'Irlande boit la tasse, les Français ouvrent une autre Coroña.

 

Le match commence, début des ravitaillements, notre cheptel National contre le cheptel Irlandais, bonne ambiance dans et devant la télé. Il ne sera pas dit qu'un Français loin de sa terre natale ne sache plus rigoler et profiter des bonnes choses.

Les minutes défilent, le match est plutôt pas mal, et "nous" gagnons! Joie énorme dans les tribunes et sur le canapé, les miettes de chips sur la moquette craquent sous nos pompes, les cadavres de Paceña et de Corona jonchent la table, fin de la récréation.

 

De retour à Gutierrez, (avec le décalage horaire, il n'est ici que 17h00), il faut finir la journée, se remettre dans le rythme sera pour le moins une tâche ardue. Mauricio, notre collègue de Caserita, a disparu depuis deux jours, après une remarque relative à son incompétence, chose que je n'ai pas à commenter, plus aucunes nouvelles de lui. A priori, on ne devrait plus le revoir, les dures lois de la vie d'entreprise, la pression, quel monde impitoyable.

 

A la poursuite de la mèche folle.

Par Le Ouistiti :: 22/09/2007 à 0:39 :: Bolivia Trip 2007

 

20/09/07 "Au bout du Monde"

 

Pour la matinée, j'ai à effectuer une longue visite des Calle Sagarnaga et Linarès, qui concentrent une bonne part des magasins artisanaux de La Paz. L'idée est de prendre des contacts et de repèrer des produits nouveaux susceptibles d'être ajoutés sur le site Internet de Caserita.

Je joue au gros commercial qui tâche, demandant avec mon moins mauvais espagnol les cartes de visite (tarjetas) des tiendas qui présentent des choses intéressantes. Et il y en a, quand vous cherchez un peu, on trouve des produits qui ne tombent pas dans un folklore ridicule, mais qui au contraire font preuve de pas mal d'originalité. Je passe ainsi la matinée, à entrer et sortir des boutiques, en tentant de perfectionner à chaque fois un peu plus mon speech.

Les gens sont avenants et prennent le temps de vous expliquer en détails les spécificités des tissus. Rares seront les endroits où l'accueil sera froid, et bien souvent, ce seront dans les boutiques les plus "tendance" et riches d'aspect, que j'aurai à voir des personnes pour le moins hautaines et se foutant totalement de qui entre ou sort de leur commerce. Je retrouve souvent exactement les mêmes produits, formes couleurs, toucher, mais qui étrangement sont parfois tout en Alpaga, puis mi-Alpaga, mi-laine de mouton, puis tout acrylique.

 

Je me fais ainsi une dizaines de boutiques, jusqu'à un dernier magasin au nom très évocateur puisqu'il s'appelle "Au bout du Monde".

Etalage varié, entre tissus traditionnels et vêtements plus originaux. Le gérant de cette enseigne, ayant deviné à mon accent mes origines, me parle très rapidement en français. Mèches clairs, pas plus de 20 ans, il parle un Français très correct et ne tarde pas à me faire faire le tour de sa tienda, m'expliquant dans un joyeux mélange d'Espagnol et de Français, comment tel ou tel tissu est fait, si il est de fabrication artisanal.

 

Nous discutons assez longuement, mon hôte a cependant tendance à être un peu trop "proche" par moments, je décide donc qu'il est temps de quitter mon bavard nouvel ami avant qu'il ne m'invite à une soirée privée para los hombres que gustan los hombres.

 

Je retourne à Sopocachi après avoir mangé un hamburger dans un MacDo local. Je dois voir ensuite une couturière pour mon poncho lama, la précédente s'est finalement rendue compte qu'elle ne savait pas faire ce qu'on lui demandait, ou plutôt qu'elle pouvait gérer tout ce qui était à la machine, mais pas à la main.

Et pour notre nouvelle couturière, c'est l'inverse, oui pour tout ce qui est réalisé à la main, mais elle n'a personne pour les éléments qui nécessitent une machine à coudre, je trouve ça presque drôle, mais je suis en même quelque peu agacé d'avoir perdu autant de temps. Je commençai en plus à lui présenter un poncho jusqu'à ce que Giovy arrive pour me préciser que je ne lui parlais pas du tout du bon modèle... 

On verra mardi le résultat, Inch'Allah!

 

Christian m'emmène avec lui pour aller récupérer un colis près du terminal de bus. Durant le trajet en minibus, on parle de choses et d'autres, de la France, de Sarkozy, des filles en Bolivie, du travail, je parle de ma rencontre avec le gay aux mèches blondes, ce qui le fait bien marrer.

Le colis récupéré, nous retournons vers Sagarnaga pour prendre livraison de sacs en aguayo, puis détour par les quartiers pour donner un reçu à une cliente. Ca nous prendra tout l'après midi. Le soir, apéro chez Pierre, avec Denis, un autre expat' Français qui quitte prochainement la Bolivie. Je fais connaissance avec quelques vins locaux et de sublimes petites saucisses, avec du pain et de la sauce piquante, c'est un régal.

 

Pas la peine de faire la popote après cela, vraiment pas.

 

Las noches calientes

Par Le Ouistiti :: 19/09/2007 à 22:18 :: Bolivia Trip 2007

 

19/09/07 Sous le lampadaire.

 

C'est assez facile de trouver dans les vieux quartiers de La Paz de quoi vous foutre les chocottes. Eclairage minimaliste, silhouettes sortant de nulle part, silence pesant entrecoupé de quelques crissements de pneu, la vieille ville est par endroits une version latine du quartier de Whitechapel à Londres, théâtre des exactions de JacK The Ripper, peu éclairée, rues pavées, maisons alentour délabrées, ambiance!


 
Beaucoup d'acción, près de la Calle Sagarnaga.

 

Les Chroniques de Montgomery Burns.

Par Le Ouistiti :: 19/09/2007 à 17:29 :: Le Grenier de Mr Burns

 

 

Ne lambinez pas Smithers, vous activez bien peu vos mollets rachitiques, du nerf que diable!

 

_Mais...je me permets de faire savoir à Monsieur que la limousine revient du contrôle technique et que....

 

_Smithers, mon petit vous me décevez, ne prenez-vous donc point le temps de lire les nouvelles, voyez les sommes astronomiques du pétrole, vous n'aimeriez pas que je ponctionne votre salaire pour alimenter de ce précieux liquide mon auto, n'est-ce pas mon petit, diantre, quelle côte vertigineuse, du nerf, jeune coq!

 

_C'est un dos d'âne, Monsieur, un ralentisseur.

 

_Ainsi, c'est dans ces ouvrages ruineux que part le peu d'argent que je verse aux impôts, le monde va mal Smithers, bien mal.

 

_Je.....rhaaa, oui Monsieur, puis-je demander à Monsieur d'exercer une pression sur les pédales, ce qui m'aiderait quelque peu, il s'agit là d'une véritable côte.

 

_Vous vous en sortez parfaitement, oooh voyez cela, une nouvelle loi sur l'immigration, tout cela est fort bien pensé, des tests ADN, qu'est-ce que cela?

 

_Ils...c'est un code génétique propre à chaque être humain, une sorte d'empreinte....les tests permettent de confondre des criminels, c'est.... c'est une grande découverte Monsieur..

 

_Confondre des criminels, excellent, mais je vois ici qu'ils seraient appliqués pour des regroupements familiaux, oh je saisis, encore cette masse grouillante de pauvres tentant de profiter de nos richesses âprement défendues, cette loi me plaît Smithers, elle me plaît. Nous nous sommes battus pour obtenir tout cela, il nous faut nous protéger, nous et nos biens contre les hordes de gnômes sous-développés, tout cela est pêtri de bon sens et de justice, je désirerai bien m'entretenir avec le noble personnage auteur de ce remarquable édit.

 

_Rhaaaaa....Monsieur, pitié, secondez-moi, cette côte n'en finit pas, puis-me permettre de dire que tout cela manque d'un peu d'éthique, ces familles ne font souvent que rejoindre des proches qui ont un travail, et le coût de tout cela justement sera conséquent.

 

_Vous déraisonnez Smithers! Quelle importance le coût quand il s'agit de nous éviter une invasion, je reconnais bien là votre coeur d'artichaud, il est grand temps que nous mettions de solides murailles entre nous et le reste, l'éthique, qu'est-ce encore que cela, un slogan hippie, imaginé par des cerveaux embrumés et manipulés par une propagande bolchévique. Nous n'avons que faire de l'immigration, voyez tous ces nobles métiers que vos amis étrangers remplis de votre éthique nous ont volés, les éboueurs, les ouvriers, les femmes de ménage, les agents de sécurité, voilà la sombre réalité, cette horde Tiers-mondiste nous délèste de nos emplois et mange notre pain. cela suffit! Laissons nos concitoyens honorables jouir de ces activités.

 

_Monsieur, puis-je faire remarquer à Monsieur que nos honorables concitoyens jugent pour la plupart ces métiers dégradants et laissent bien volontiers ces tâches à d'autres....Si monsieur voulait bien d'ailleurs m'aider un peu, je n'en puis plus....

 

_Smithers, vous êtes un médiocre! Pour la peine, nous allons prolonger notre promenade, ces nouvelles me mettent en joie, que fait ce camion en plein milieu de la route?, klaxonnez Smithers et dépassez-moi ce tas de boue!

 

_Ce sont les éboueurs, Monsieur, ils ramassent les poubelles.

 

_Quelle odeur atroce, pouah, c'est inoui, comment peut-on se fourvoyer ainsi dans ces immondices nauséabonds, je...., mais ces hommes sont Noirs! Accélerez, Smithers, fuyons vers le commissariat le plus proche!!

 

_Ce....ce sont des Africains Monsieur, c'est leur couleur de peau naturelle.

 

_Ha? ils sont étranges. Et pourquoi ramassent-ils nos déchets, quelle curieuse occupation, n'ont-ils pas d'autres loisirs, je ne sais moi, une après-midi au Casino, une virée en yacht, pourquoi s'empuantir de la sorte?

 

_Rheee, rheee, rhee..c'est...c'est leur métier Monsieur, leur travail.

 

_Seigneur, c'est donc ça, bien poursuivons, roulez mon petit, roulez!

 

_Vers, vers le commissariat, Monsieur?

 

_Hem euh non, nous rentrons, ces gens ne sont finalement pas si nuisibles, n'est-ce pas? et ma foi tant qu'ils se limitent à ces travaux, notre saine communauté ne peut être en danger.

 

_Je me permets de faire savoir à Monsieur que notre secrétaire d’Etat des Etats-Unis est noire et qui plus est une femme et que…Monsieur, mais vous vous étouffez ? Répondez-moi Monsieur !!!

 

 

Journée boulot, journée photo.

Par Le Ouistiti :: 19/09/2007 à 2:17 :: Bolivia Trip 2007

 

18/09/07 Les garnements de La Paz.

 

Les micro Boliviens qui ont la chance de ne pas finir cireur de chaussures sur la Plaza san Francisco passent leur week end sur la Plaza murillo, à s'empiffrer de glaçes et à nourrir ces sales rats volants de pigeons. Il faudra un jour que l'on dise enfin toute l'inutilité du pigeon commun, son plumage d'un gris de plomb attristant, camouflage idéal dans nos grandes cités polluées, son goùt prononcé pour la crasse et sa manie détestable de moucheter par sa fiante le moindre mètre carré de dalles. Et ce jeune gnome, par son geste innocent,  encourage ces hideux volatiles à poursuivre leur oeuvre de destruction. Oui ce jeune enfant est complice, mesdames et messieurs les jurés, mais ça donne du boulot aux vendeurs de graines...



Jeune enfant inconscient de son acte fou, que fait notre A-Peu-Président face à cette graine de voyou?

Un mes en Bolivia, ¡Fiesta!

Par Le Ouistiti :: 19/09/2007 à 1:41 :: Bolivia Trip 2007

 

17/09/07 Retour au Pot Colonial.

 

Je parlais très régulièrement de ma "cantine" de la Calle Linarès durant mon séjour à l'Hospedaje Milenio. Ensuite, après le déménagement à Gutierrez, la distance commençait à être un peu gênante pour effectuer le parcours chaque soir, d'autant que je peux désormais faire ma propre popote.

 

Mais ce soir, après avoir déambulé dans le quartier de Sagarnaga, rien ne s'oppose à un bon repas dans cette non moins bonne adresse. Avant, je comptais cependant manger ailleurs, un autre restaurant m'avait attiré par sa déco flamboyante visible de la rue. Je suis donc entré, déco effectivement sympathique, mais pas les prix, la soupe me revient ici à un prix supérieur au repas entier au Pot colonial. Je me contente d'une Chicha, boisson locale à base de maïs fermentée, c'est excellent.

Je sens cependant que je déçois grandement le serveur mais je vais pas raquer cinq fois plus cher pour lui faire plaisir, il s'en va donc son menu sous le bras.

Après cet agréable apéro, je me rends à ma cantoche, le serveur me lance un grand sourire, j'explique la raison de mes nombreuses absences et je m'installe.

 

J'avais pour habitude de payer en tout et pour tout 20 Bol, ce qui déjà permettait de se remplir la bedaine. Mais ce soir ma foi c'est spécial, alors ce sera Paceña, sopa de Ajo con sémola, lomo al queso con papas, pan con ajo, pie de manzana, mate de coca et la cuenta, por favor! Seigneur, je fais exploser la banque, mon score est de 57 Bol (5,70€!!), une fortune, une dépense inconsidérée, au fou, qu'on l'arrête!

J'ai bien du mal à repartir après ce repas gargantuesque, revenir à pied à sopocachi me permet de digérer quelque peu, mais peu importe, qu'il est bon parfois de vivre dans l'excès, à prix réduit.

 



Ma "cantine", Le Pot Colonial, Calle Linarès.

Une histoire à deux bol.

Par Le Ouistiti :: 19/09/2007 à 1:08 :: Bolivia Trip 2007

 

16/09/07 Pas de cirage sur mes baskets, merci.

 

Le cireur de pompes à La Paz, c'est comme les bouchons du périph' où les blagues démagogiques à un congrès UMP, c'est incontournable. On en trouve près des grands axes, des administrations, des places, des lieux touristiques, des banques, partout je vous dis. Il y a plusieurs types de cireurs, les "institutionnels", ayant leur place attitrée, leur grand box avec siège confortable pour le client.

Et il y a les autres, la grande mafia des petits cireurs, petite boîte en bois avec le nécessaire de cirage, cagoule sur la tronche et grosse doudoune sale. Pas d'âge minimum, cirer des pompes ne demande pas une taille minimale, bien au contraire, plus on est déjà proche du sol, mieux c'est, les jeunes lombaires se fatiguent moins. La cagoule a plusieurs fonctions, se protéger du soleil et du froid, l'anonymat (pour cause de honte chronique), et échapper quelque peu aux vapeurs toxiques qui émanent des produits utilisés.

 

D'autant que nombreux sont les cireurs qui ne sont pas contre le fait de sniffer de la colle forte au lieu de recoller des semelles. Ils sont souvent d'ailleurs assez "collants" et peuvent insister lourdement pour s'occuper de vos baskets qui ne demandaient pas tant d'égards. Souvent en bande, et tous très jeunes, c'est bien le truc le plus dérangeant ici, il y a bien quelques ivrognes, des mendiants, mais c'est commun à de nombreuses grandes villes, Paris est dans le palmarès.

 

Mais là, voir des gamins de six ans s'abaisser à cirer vos pompes pour quelques bols, ça fait mal au bide. La grande question, c'est les laisser faire, en espérant que le fric obtenu leur profitera, ou bien refuser catégoriquement que des gosses puissent bosser et donc dire "Niet" à chaque fois. Pas évident, vraiment pas. Jusque là, j'opte pour la seconde option, et j'ai bien du mal à supporter les touristes ou locaux qui eux font le choix inverse sous couvert d'exotisme ou de "ici, ça se passe comme ça". Comme si changer de pays vous libérait du poids de votre conscience, lamentable.

 



Le cireur de pompes est bien mal chaussé.

Zoom sur les petites maisons dans les montagnes.

Par Le Ouistiti :: 19/09/2007 à 0:52 :: Bolivia Trip 2007

 

15/09/07 Charles Ingalls en redemande.

 

La Paz est rouge, la plupart des constructions récentes sont en brique, matériau peu cher et facilement trouvable ici. Un mystère cependant, la quantité énorme de maisons inachevées, pourvues d'un étage et laissant le second à l'abandon, de plus ne mettant ni crépi ni peinture sur les façades, laissant ainsi la maison dans sa belle teinte brique. J'ai supposé que nous étions dans un cas similaire au Caire en Egypte, où les habitants ne payent peu ou pas de loyer sur une maison inachevée (je crois que c'est quelque chose dans ce goùt-là). Ce qui expliquerait le style général des quartiers les plus pauvres de la capitale, mais ça mérite d'être confirmé.

 



Le paradis de la brique.

Les petites maisons dans la montagne.

Par Le Ouistiti :: 19/09/2007 à 0:35 :: Bolivia Trip 2007

 

14/09/07 Charles Ingalls se met au ski.

 

Aujourd'hui, c'est boulot, donc vous avez droit à des photos!

La vue de chez Caserita permet de voir une partie des quartiers plutôt riches et une bonne partie des quartiers plus modestes, qui sont en grosse majorité sur les flancs montagneux, tentant vainement de sortir de la grosse cuvette. De loin, on voit un amas de briques éparses, tentant de discerner une quelconque logique à tout ça. En fait, il n'y a aucune logique. Plus vous construirez votre baraque en hauteur, moins le mètre carré sera cher, certaines sont de véritables défis aux lois de la physique et de l'architecture. D'aucuns parlent de séismes à La Paz un jour ou l'autre, la zone est assez sensible, peu de chances que tout ça tienne le coup....

 



Quartiers populaires, vue de la Calle Gutierrez.

Le troisième âge en force

Par Le Ouistiti :: 18/09/2007 à 19:01 :: Bolivia Trip 2007

 

13/09/07 Les Anciens parlent aux anciens

 

Rien de bien nouveau aujourd'hui, je retourne au boulot après mes quelques jours de vadrouille. Le temps n'est pas fameux, et la température relativement basse. Je passe la journée à travailler sur des ponchos et à chercher des graphismes sympas. Je profite de ce relatif manque de nouvelles infos croustillantes pour caser cette photo des abuelas de la Calle Jaen en pleine discussion sur le devenir du monde. Non loin de là se trouve une maison de retraite, les vieux du coin s'y retrouvent sur les bancs à proximité. Les anciens sont assez nombreux à La Paz, la plupart des petites boutiques sont tenues par des personnes d'âge très avancé. ce sont souvent d'ailleurs les plus agréables et prêtes à la discussion. Elles représentent aussi une part importante des clochards et mendiants de la capitale.

 

 



Moi j'vous l'dis ma pov' Lucienne, ya plus de jeunesse, tout fout le camp!

 

 

El carro boliviano

Par Le Ouistiti :: 17/09/2007 à 21:53 :: Bolivia Trip 2007

 

12/09/07 Quoi, mon carter, qu'est-ce qu'il a mon carter, et d'abord, c'est quoi un carter?

 

Si il existait une industrie automobile bolivienne, ça se saurait. N'ayant pas de voiture nationale dont ils pourraient être fiers, contrairement à nous qui avons le Kangoo, les Boliviens se rabattent sur l'exportation. Si les taxis et minibus sont en grande majorité des japonaises (Toyota, Nissan, Honda) au kilométrage époustouflant, la plupart des bus et camions sont eux d'origine nord-américaines, dépassant de pas mal d'années la limite autorisée. Dodge, Ford, GMC, c'est un vrai Panthéon de l'Histoire automobile U.S.

 

Tous ces cerceuils roulants sont relativement bien entretenus, l'état général dépendant logiquement des moyens du propriétaire. Mais certaines voitures sont de vraies pièces de musée. Les camionnettes Ricaines sont partout en ville et font partie du décor, je pense que l'effet est similaire à Cuba avec toutes ces grosses Cadillac rafistolées encore en activité.

 

Dire que les Boliviens conduisent mal serait erroné, frôler tant de fois des accidents mortels et les éviter de justesse presque à chaque fois ne peut être le fait que de pilotes chevronnés, rompus aux situations les plus périlleuses.

Un fait amusant, la Bolivie est touchée par la corruption, chose commune à plus ou moins grande échelle à toute l'Amérique du Sud. Le permis de conduire n'échappe pas à cette "coutume". Il est ainsi très facile d'btenir un permis officiel moyennant une petite somme, environ 100 Dollars, cela reste très variable. Et ce sans jamais avoir touché un volant mais en ayant copieusement graissé la patte du patron de l'école de conduite.

 

Encore plus fort, ce permis Bolivien légal illégalement obtenu peut être très facilement échangé de retour en France par notre bon vieux permis national, sans aucune vérification.

Avis aux jeunes désireux d'obtenir leur permis sans trop d'efforts, la Bolivie vous ouvre les portes de la corruption, il ne vous en coûtera que 100 dollars pour le précieux sésame, et 1000 euros pour le voyage!

 

Une petite sélection du patrimoine automobile Bolivien pour finir:

 



File de Pick Up, près du terminal de bus.



Mandarine roulante, Dodge Fargo Pick Up 1951. Terminal de bus.



Pick Up de marque inconnue (Chevrolet?).

Règle n. 2345, prendre le temps de bien choisir son taxi.

Par Le Ouistiti :: 17/09/2007 à 20:51 :: Bolivia Trip 2007

 

11/09/07 Arrêt aux stands obligatoire.

 

Rangement rapide de mes quelques affaires, douche...non pas de douche car pas d'eau, rendu des clés et direction le terminus de bus de Coroico. Je prends mon ticket et paye la ridicule taxe de 1Bol. Le minibus, plein, démarre une demi-heure plus tard. Voyage sans histoire à part les quelques dépassements foireux du chauffeur, ce qui semble être une tradition locale, je rate encore une fois la Route de la Mort, nous empruntons la nouvelle voie. Ce sera donc pour une autre fois. 2h45, un retour rapide, je retrouve La Paz et Villa Fatima. Il n'est pas loin de 13h00, je cherche un taxi pour rejoindre Gutierrez. Le premier à qui je fais signe s'arrête, je lui explique la destination mais il ne connaît pas du tout ma rue, je sors le plan du Guide du routard pour mieux me faire comprendre. 5 minutes plus tard, le chauffeur me baragouine quelque chose mais je ne saisis pas, il s'arrête devant deux garages puis repart, je suppose que son épave sur roues est en train de lui faire une crasse. Il s'arrête pour de bon devant un minuscule garage.

 

Je sors et constate comme lui que le pneu arrière gauche est complètement à plat. Le jeune garagiste démonte la roue et déchape la roue en moins de deux. La chambre à air a littéralement explosé. Impossible à réparer ce qui n'arrange pas mon chauffeur, pas très disposé à payer une roue neuve. Ils finissent par mettre la roue de secours, pourvue d'un beau pneu lisse, nous pouvons repartir. De retour à la casa, je dois faire quelques courses, rapide déjeuner, douche enfin chaude, chose auquelle je n'ai pas eu droit ces deux derniers jours.

 

L'après-midi, je me promène un peu dans le quartier, pour voir les quelques grosses baraques qui s'y trouvent. Tous les styles sont représentés, du chalet suisse au château de la Loire, on peut définir l'origine du proprio à l'architecture de sa maison. La plupart de ces bicoques sont protégées soit par de grosses grilles et de petites clébards, soit carrément par des fils barbelés au-dessus des murs où les traditionnels verres de bouteilles coulées dans le ciment, ce qui a toujours autant de charme.

 



Rencontre du troisième type, Calle .....(il  faut que je vérifie)

 

 

Le village qui n'existait pas

Par Le Ouistiti :: 17/09/2007 à 20:48 :: Bolivia Trip 2007

 

10/09/07 Coroico-Tocaña à pied, plus jamais!

 

Très bonne nuit, je me lêve tôt, remplis ma bouteille d'eau et monte jusqu'au Calvario, une petite chapelle qui surplombe Coroico. Un petit chemin tortueux, balisé par de moches croix en fer plantées dans des plots en béton verts et blancs.

Le Calvario s'avère être une cabane en tôle avec une grande croix à terre, le tout posé au beau milieu d'une belle pelouse. Le point de vue est cependant superbe. Je redescends par un autre sentier passant vers de nombreux hôtels pour riches touristes perdus dans la végétation.

J'entreprends alors la longue marche vers Tocaña, environ 2h30 selon le Saint Guide du Routard.

Je demande à un petit vieux la route à suivre, il m'indique avec force gestes la rue même où nous sommes, qui semble bien mener à la sortie de la ville ¡A frente, a frente!, si il le dit, c'est que ça doit être ça, je remercie et suit la rue indiquée. La route est d'abord pavée, puis devient brusquement chemin de terre à peine assez large pour deux voitures.

 

Au bout de deux heures, le doute m'étreint, point de village ni même de bicoque à l'horizon, rien que le chemin de terre rouge, deux déchetteries sauvages sentant le cadavre de volailles, comme on dit dans ma cité, ça craint.

 

Et voilà le chemin qui s'arrête, plus rien que de la forêt, une maison vide, maudit soit ce vieux, je le retiens avec ses ¡A Frente! Je ferai bien demi-tour mais la descente deviendrait alors une montée et faire le même camino en sens inverse ne m'amuse guère. Alors tant pis, de petits sentiers partent dans la forêt à l'endroit où je suis, je choisis celui qui me semble le plus net, et me lance dans une longue descente au milieu de nulle part.


L'enfer vert, Coroico.

La descente est assez vertigineuse et par endroits plutôt casse-gueule, le petit sentier s'enfonce de plus en plus dans une jungle épaisse qui, au moins protège du soleil. Pas la moindre trace d'activité aux alentours, le chemin parfois se scinde en deux, je choisis la voie qui semble descendre le plus rapidement. Et toujours ces odeurs fortes, ces sons provenant de partout à la fois, oiseaux, insectes, je suis comme coupé du monde, avalé par la forêt dans l'espoir cependant d'être assez rapidement recraché.

Au bout d'une heure, je parviens à une clairière et une maison! Mais en m'approchant, je dois déchanter, la bicoque semble en cours de construction, mais le chantier semble en repos depuis belle lurette. Je fais le tour en balançant des ¡Ola! pour annoncer ma présence mais personne ne répond. A travers les vitres sales, on discerne un peu l'intérieur, quelques meubles, beaucoup de poussière. Je m'arrête pour souffler un peu, comment peut-on construire ici, l'endroit n'a aucune vue sur la vallée et n'a rien de paradisiaque. Pour tout dire, et je vais encore faire une douteuse référence cinématographique, la situation se rapproche d'"Aguirre, la colère de Dieu", avec le toujours timbré Klaus Kinski, perdu dans la jungle à la poursuite des méchants Indiens (ou l'inverse, je ne me rappelle plus). Mais là des Indiens, il n'y en a pas.

 

De la clairière, on aperçoit un clôcher, une cinquantaine de mètres plus bas, le sentier semble y mener, je remballe mes affaires et je repars. Effectivement c'est une église en ruines, dont ne subsiste en gros que le clôcher, étonnamment encore debout. Les murs sont en terre avec une armature en bois, elle doit dater des premières vagues de colonisation espagnole. Le tout est lentement dévoré par la végétation luxuriante. Je suis bien tenté de mettre en branle la cloche encore en place, signe divin envoyé par delà les montagnes pour qu'on vienne me servir un Casa Real.

Ma procession se poursuit, je sors enfin de la forêt. Je peux apercevoir le lit de la rivière, le pont qui l'enjambe, et le grand axe qui mène à La Paz. Le sentier se poursuit et longe les poteaux électriques alimentant Coroico. Maintenant que j'ai enfin un peu de visibilité, je descends un peu plus rapidement, je me rends compte que mes avant-bras sont constellés de piqûres de moustiques locaux, ressemblant en fait à des sortes de moucherons. Ces vampires miniatures laissent de leur passage une trace rougeâtre et une fine croûte de sang coagulé. Même pas capables de vous pomper les globules rouges proprement.

J'atteins le bas de la colline, et tombe sur des ouvriers travaillant à proximité du pont, Voyant sortir de nulle part un grand con de gringo, ils ne peuvent s'empêcher d'arborer des yeux grands comme des soucoupes, mais la surprise ne dure qu'un temps et ils retournent à leur besogne.

Encore merci aux pompes Quechua qui tiennent très bien le coup, elles sauvent l'honneur de Décathlon qui n'est pas que le créateur de la tente urbaine pour clochards.



"Aguirre, ou la colère de Dieu", Klaus, sonne la cloche!

 

Je vois où je suis, juste à côté du petit péage avant la montée sur Coroico, il suffit de patienter un peu et de monter dans le prochain minibus qui suit cette direction. Une heure plus tard, me revoilà en haut de cette colline que j'ai eu tant de mal à descendre.

Il est 12h00, mon périple aura donc duré environ trois heures, il est encore tôt pour déjeuner, mais je n'y tiens plus, je m'arrête à l'Hostal Kory qui fait aussi restaurant, la bouffe y est des plus quelconques mais la grande terrasse avec vue sur les montagnes et la vallée sauve la médiocrité du lomo con queso.

 

Après cette pause bienvenue, je fais un petit tour de la ville sans trop chercher une direction précise et voilà que je tombe sur un panneau indiquant Tocaña. J'en ai plein les pattes mais je veux aller à Tocaña, je repars donc. La route est nettement plus civilisée, entièrement pavée, ç'est plus encourageant que les chemins de terre de la matinée. Quelques belles maisons au bord de la route, à des distances importantes les unes des autres, ajoutez une circulation quasi nulle, vivre ici protège du surmenage. Je n'ai pas rempli ma bouteille d'eau avant de repartir, bête oubli, heureusement, de nombreux orangers poussent aux abords, je m'en fais une bonne réserve dans le sac. Deux heures de route, je commence à trouver le temps long, le chemin n'est pas désagréable mais il n'en finit jamais, c'est une interminable suite de pavés avec le soleil qui commence à sérieusement taper dur. La crème solaire est pour le coup assez efficace. Plus de maisons depuis une bonne heure, j'aperçois enfin le fond de la vallée. Arrivé au bout du chemin et crevant de soif, je me retrouve sur la grande route de La Paz, et toujours pas de Tocaña!!

Aux alentours, une station service, une maison, la rivière. Je me rapproche de la station et trouve la gérante occupée à nourrir ses poules. Je m'enquières (doute sur la conjugaison du verbe "enquérir", si quelqu'un le sait, laissez un message) de la route à suivre pour Tocaña. La mamie esquisse un grand sourire et me montre du doigt une fumée provenant de la colline sur l'autre rive. Lorsque je dis que je suis à pied et que je viens de Coroico, son sourire s'élargit encore d'un bon centimètre.....

 

je lui achète une bouteille d'eau, traverse la rivière par le gué indiqué par la abuela et grimpe la colline. Tocaña, le village noir des Yungas.... Eh bien ce village n'a aucun intérêt si ce n'est la couleur de peau de ses habitants. Je reste le temps de boire un coup, et de reposer mes mollets très actifs depuis deux jours. Rien pour dormir ici, il commence à se faire tard. Je ne trouve pas non plus de taxi, c'est de toute façon quasi désert, je redescends le chemin en espérant trouver sur la route un véhicule quelconque.

Revenu à la station essence, toujours pas de voiture. Tant qu' à faire, je me plante entre la route de La Paz et celle de Coroico, la première voiture qui s'arrête décidera de mon retour immédiat à La Paz ou d'une prolongation dans les Yungas.

Mais ici, des voitures il en passe une tous les quarts d'heure, et les deux qui s'arrêteront sont bondées où ne vont pas là où je veux.

 

Vers 18h00, je dois me décider, attendre plus longtemps alors que le soleil se couche, ça ne m'enchante guère. Il ne reste plus qu'à remonter la route de Coroico, en espêrant le passage d'une voiture avant que la nuit ne tombe.

Je marche vite, motivé par l'orage qui menace (la totale..), mais en une heure de trajet, je suis bien loin d'avoir atteint le sommet. Et pas âme qui vive sur le chemin. Mis à part deux cons de chiens hargneux qui me filent le train sur quelques mètres, alors que l'un d'eux tente de me bouffer le mollet, j'oublie mon respect pour les animaux et me voit obligé de lui balancer un grand coup de bâton sur la tronche, c'est à ce moment que le propriétaire de ces sales clébards se décide à sortir de derrière un arbre pour les calmer.

 

Il fait maintenant presque totalement nuit, quelques gouttes de pluie, je suis....dans la merde. Je presse encore le pas, la Lune, assez peu motivée pour m'aider, est cachée par les nuages. 

De nouveau, des aboiements derrière moi qui s'approchent, je commence à haïr les chiens. Mais ils n'en ont pas après moi cette fois-ci, j'entends aussi un bruit de moteur, une bagnole!!

J' aperçois les phares, je me mets sur le bord de la route et effectue de grands gestes. Le 4x4 s'arrête, je balbutie que je veux aller à Coroico, ils me font monter à l'arrière. L'un des gars me demande d'où je viens comme ça. "De bajo" (d'en bas) répondis-je. Grand silence, puis nous redémarrons. Le trajet en voiture est rapide, mais jamais je ne serai parvenu à encore faire tout ça à pied. Pas à cause de la fatigue, mais on ne voit strictement rien sans lumière et la Maglite est resté à La Paz. Et me retrouver avec d'autres chiens idiots sur un chemin désert, pas tous les jours quand même.

 

Enfin le retour à la civilisation, je file 10 Bol au chauffeur en le remerciant chaleureusement. Sur un panneau, je vois inscrit "Tocaña 20km", je comprends mieux la longueur du trajet. J'ai faim, des Rollos de canella, des cookies et un mate de Coca, me réveillent un peu. Je retourne chez Liliy prendre une chambre pour la nuit, qui sera d'ailleurs la même que la veille, douche (encore) froide et je m'écroule sur le lit pour m'endormir aussitôt, avec la sentation d'avoir traîné le rafiot de Fitzcarraldo à travers toute la Cordillière royale.

L'Afrique encore une fois injustement spoliée.

Par Le Ouistiti :: 17/09/2007 à 17:05 :: Africa Trip 2005

En raison de la mise en ligne des photos de la Bolivie, je me vois dans l'obligation de retirer pour le moment celles qui illustraient les premières chroniques de l'Africa Trip 2005. Ayant un espace limité, tout caser est impossible, à moins de raquer 3€ par mois pour obtenir 200Mo, chose qui est envisagée prochainement.

Coroico

Par Le Ouistiti :: 16/09/2007 à 23:04 :: Bolivia Trip 2007

 

09/09/07 El camino de la muerte

 

Bien évidemment, pour le lever aux aurores, c'est un échec. Dans un état second, j'émerge péniblement vers 10h00. J'en déduis un départ post-déjeuner. Je prépare rapidement quelques affaires, mange tout aussi rapidement et en route.

Je trouve à quelques encablures de la casa un taxi, plus rare le dimanche, et lui demande d'aller à Villa Fatima, où l'on trouve les compagnies de bus en partance pour Coroico; l'occasion de découvrir un nouveau quartier, le nord de La Paz, relativement aisé. Grandes rues, immeubles contemporains, tous les stigmates d'une ville moyenne européenne, pas dépaysant pour un Bol.

Le minibus pour Coroico coûte 15 Bol (1,50€). Sachant que le trajet dure un peu moins de trois heures si tout va bien, je vous laisse juge du tarif assez dérisoire que cela représente. Le temps d'avaler une pomme (les fruits sont excellents et là aussi très peu chers..), le minibus Toyota démarre.

Péage à la sortie de La Paz, puis nous filons le train d'un car arborant sur son derrière une grande fresque à l'aérographe, figurant deux grands héros modernes, Che Guevara à ma droite et Ben Laden à ma gauche. Drôle d'alliance.

La route, large et goudronnée, est creusée tout le long à flanc de montagne. En quittant l'Altiplano, on constate l'absence quasi totale de végétation. Quelques maigres plantes jaunasses, plus proches du lichen que du baobab s'accrochent aux flancs des montagnes jusqu'à une certaine hauteur puis semblent renoncer, laissant la roche à nu.

Il en résulte de gigantesques ensembles de pics et de crevasses, teintés de jaune sale et de gris. Le brouillard fait son apparition au bout d'une heure de route, on ne voit plus rien 10 mètres devant.

Ce la n'empêche pas notre chauffeur de tenter un dépassement hasardeux, on manque de se prendre en pleine face un camion venant dans l'autre sens. Ce dernier, heureusement du coté montagne, se voit obligé de piler sec et d'effectuer un écart pour nous éviter.

Ce genre de conneries se reproduira deux fois au retour....

 

En sortant enfin du brouillard, nous changeons aussi de végétation, finies les plantes maladives et jaunâtres, bonjour à l'exhubérance tropicale. Une forête touffue, lianes, arbres, enfin des arbres, cruellement absents de la capitale.

De nouveau, un point de contrôle anti-narcotiques, curieux point de contrôle d'ailleurs, puisqu'ils ne contrôlent strictement rien.

 

Le trajet me paraît très rapide, le paysage rend le voyage agréable, et à douze dans l'habitacle, on se tient chaud sans être pour autant les uns sur les autres. Après être descendus dans la vallée, il faut remonter pour atteindre Coroico. Petite déception, nous prenons la nouvelle route, plus sécurisante mais moins grisante que l'ancienne, la fameuse route de la Mort, au palmarès macabre impressionnant. Depuis l'entrée en service de la nouvelle voie, le trafic s'est réparti sur les deux axes, et l'ancienne fait moins de ravages. Elle reste exceptionnelle par les paysages qu'elle donne à voir, nous verrons au retour, elle conserve l'intérêt des chauffeurs car légèrement moins longue, elle fait consommer moins d'essence, donc plus économique.

 



Les Yungas, près de Coroico, vue de la route

 

Enfin arrivés à Coroico, annoncé quelques mètres avant par un panneau publicitaire racoleur, nous arrivons en plein match de foot sur le petit terrain de la commune. Je regarde le temps d'une mi-temps, tout en profitant du soleil qui tape dur ici. Je rejoins ensuite le centre de la petite ville, une place avec hôtels, restaurants, Eglise et agence de tourisme. En grimpant la rue qui y mène (dans ce pays, il faut toujours grimper au moins une fois dans la journée), je découvre le paysage, vallons, collines, montagnes, tout est d'un beau vert, baigné dans une légère brume, cela me rappelle le film d'Herzog avec Klaus Kinski, "Fitzcarraldo" je crois, l'histoire d'un fou, transportant en pleine jungle un vieux rafiot tiré par des Indiens, pas de navire ni de Klaus ici, mais le paysage m'y fait penser, la magie du cinéma.



"Fitzcarraldo" de Werner Herzog

 

Je me permets une petite promenade qui m'emmène loin derrière la ville. C'est un chemin à flanc de colline, peu fréquenté, un couple de Boliviens, trois chevaux, un âne. Je tente d'amadouer les chevaux avec quelques gâteaux, mais plutôt craintifs, ils évitent mon offrande que je laisse au milieu du sentier. Le paysage est merveilleux, la température supportable, on surplombe la vallée avec toujours cette teinte verte partout, un paradis botanique, et une multitude de bruits d'insectes et d'oiseaux qui vous suivent tout le long du parcours. Le chemin passe par un ranch qui organise des randonnées équestres dans les alentours, les chevaux rencontrés proviennent d'ici.

 

Puis le chemin s'arrête, une barrière en travers, derrière laquelle un épais maquis a pris place. Je m'arrête quelques instants et contemple le paysage en contrebas. Je quitte le chemin pour grimper un peu et essayer d'avoir encore un meilleur point de vue. J'atteins alors un champ de coca en surplomb. Je ne trouve aucun goût particulier aux feuilles, je redescends en évitant de me casser la gueule.

 

De retour à Coroico, je cherche un alojamiento (hôtel rudimentaire), près de la place se trouve l'alojamiento Lily, tenu par une petite dame Noire. Nous sommes ici dans les Yungas, où existe une petite communauté noire, descendante des esclaves envoyés pour remplacer les Indiens dans les mines d'argent. Ce fut après la fameuse Controverse de Valladolid où Bartholomé De Las Casas parvint à convaincre ses semblables que les Indiens avaient une âme. Il fallut donc trouver autre chose de moins évolué pour poursuivre l'exploitation minière à moindre coùt...

 

On doit tout de même aux Noirs des Yungas le tube phénoménal qu'est la Lambada!

 

La nuit coûte 15 Bol, petite chambre avec le strict minimum, un lit simple, une ampoule au plafond, une chaise et une petite table de nuit. Je prends le temps d'écrire un peu et de prendre une douche froide en attendant une heure convenable pour aller manger.

Peu de bons restaurants ici, je me limite le soir à une pizzeria sur la place. Je suis le seul client dans la petite salle décorée de façon exotique. Les deux jeunes restaurateurs passeront le temps du dîner les yeux rivés sur le match de catch à la télé. Très bonne pizza , cela faisait une éternité que je n'en avais pas mangé, accompagnée d'une bière locale. Je ressors de là rassasié.

 

Petit tour nocturne, rien d'extraordinaire, Coroico vaut définitivement plus pour le cadre et le paysage environnant que pour la ville elle-même.

 

Le Grenier en images

Par Le Ouistiti :: 16/09/2007 à 23:00 :: Bolivia Trip 2007

 

Petite annonce, j'ai enfin commencé à illustrer ma longue prose par quelques photos, ce qui rend tout de même le tout plus digeste et illustre un peu mieux la vie quotidienne à La Paz. Des images ont éte ajoutées dès les premiers billets. Le poids des mots, le choc des photos.

 


 


Cordillière Royale, vue du balcon de Laetis. Derrière les nuages, l'Illimani.

¡Search, "Sick" and destroy!

Par Le Ouistiti :: 16/09/2007 à 7:15 :: Bolivia Trip 2007

 

08/09/07 Pogo loco à l'Equinoccio.

 

J'avais prévu un week-end à Coroico, mais la flemme m'a gagné en ce samedi matin. Je reporte mon départ au lendemain. de plus, aujourd'hui, un bar-salle de concert local, l'Equinoccio, fête les 25 ans de Metallica. Je vivote sans aucune honte toute la journée, me limitant à quelques courses et un peu de ménage.

A 22h00, je me rends là-bas. C'est rapide, la Calle Gutierrez est relativement proche de l'Equinoccio. Le droit d'entrée est de 20 Bol. A l'intérieur, un bar, une scène centrale masquée par un grand voile noir marqué d'un grand logo "Metallica".

Tout autour, tables et chaises, comme dans le plus banal des restaurants. Curieux pour une salle de concert, je doute que les clients restent assis devant des prestations que je suppose dynamiques. Je demande un Casa real pour patienter, les tables se garnissent peu à peu. Niveau population, c'est très hétéroclite, Blancs, gringos, Indiens, et pas que des jeunes du tout.

La serveuse, charmante au demeurant et semblant vouloir me mettre le plus à l'aise possible m'adjoint deux collègues de tablée, jeunes Boliviens sympas, Pedro et Rafael.

 

Enfin, Sick, le groupe qui joue ce soir, arrive sur scène. le rideau est poussé, des cris fusent dans mon dos, il ya déjà une furieuse ambiance. Très vite, moi qui craignais un concert un peu guignolesque, je dois ravaler mes doutes. Le concert est monstrueux, batteur, bassiste, guitariste ont un excellent jeu et le chanteur, aussi guitariste, peut se vanter d'avoir autant de charisme qu'un James Hetfield. Au bout de deux titres, une dizaine de furieux, emportés par les tubes implacables balancés par le groupe et par un taux d'alcoolémie olympique, se lancent dans un pogo dantesque devant la scène. C'est violent, frénétique, les tables les plus proches de la scène sont mises à terre, des verres et une cliente sont jetés au sol suite à la chute d'un des "pogotteurs". Son mec l'aide à se relever puis retourne dans la mêlée.

Je n'avais jamais vu un pogo aussi violent provoqué par aussi peu de monde, une dizaine, pas plus.

Pour les néophytes, un pogo est l'acte de se jeter les uns sur les autres devant la scène, cela afin d'atteindre un effet de transe si celui n'a pas déjà été obtenu par les litres de bières ingurgités avant.

 

C'est con me direz-vous? Oui certainement, mais toujours moins con que d'aller beugler dans une arène et assister à la mise à mort d'un bestiau shooté par un abruti en collants. Avis personnel bien entendu.

 

Premier intermède, l'occasion de souffler un peu et de commander un autre Casa Real. 10 minutes plus tard, Sick remet le couvert, moi qui ne suis pourtant pas un fan absolu de Metallica, leurs titres joués en vivo prennent une telle dimension qu'il est difficile de ne pas adhérer à la folie et à l'energie qui se dégage de la musique.

Pas loin de 3h du mat', nouvelle pause, souhaitant partir tòt le lendemain, je sors de l'Equinoccio avec la tête remplie de refrains "Search, Seek and Destroy!". Je remonte la Calle Gutierrez, il pleut, il fait moche, il fait froid, on voit rien mais peu importe, la soirée fut belle.

La Fondue Bolivienne

Par Le Ouistiti :: 16/09/2007 à 6:53 :: Bolivia Trip 2007

 

07/09/07 Argentine-France dans un canapé.

 

Comme tout bon Français expatrié, il est hors de question de ne pas soutenir l'équipe nationale opposée aux sauvages Argentins.

Nous allons chez un des amis de Pierre en plein milieu de l'après-midi, décalage horaire oblige. Nous arrivons dans un énorme appartement, visiblement sur deux niveaux, pour moi ça équivault à un palace.

je retrouve là d'autres expat' Français, prêts à défendre à grands coups de décapsuleur l'honneur menacé de la Mère Patrie. Je n'ai jamais eu la fibre patriotique (et depuis l'avènement du nabot braillard, ça ne va pas s'arranger) mais c'est une récréation assez sympathique.

Nous sommes six devant la télé dans le gigantesque canapé. La première mi-temps n'est pas fameuse, chacun y va de son commentaire éclairé, le plus lucide étant celui de la femme (Bolivienne) d'un des Français présents qui n'hésitera pas à lancer de vigoureux "Cretino" à notre belle équipe nationale.

Seconde mi-temps, il est temps d'ouvrir le pack de bières, mais rien n'y fait, la France est vaincue sous les yeux de notre à-peu-Président.

Après la défaite, retour au boulot.

 



Supporter de l'équipe de France de Rugby souhaitant en finir après la défaite face à l'Argentine.

 

Je fais la connaissance le soir d'une cousine de Pierre et de son copain, je suis convié à l'apéro. Encore des Globe-Trotters accomplis, ce doit être une marotte typiquement française, à défaut de gagner des matchs, ils font le tour du monde.

Bientôt rejoints par la soeur de Giovy et son ami..Français et journaliste, nous partons dans le seul et unique restaurant Suisse de La Paz (et certainement de Bolivie), tenu par un Suisse pur jus ayant une troublante ressemblance physique avec Nicolas Hulot. Mais l'accent prononcé empêche vite toute confusion.

Excellente fondue, excellent repas, on croirait presque entendre au loin le beuglement des vaches et le tic-tac d'un coffre-fort d'une banque de Zurich, la Suisse à La Paz.

World press Photo 2007 à La Paz

Par Le Ouistiti :: 16/09/2007 à 6:28 :: Bolivia Trip 2007

 

06/09/07 Les photos d'un monde pas beau.

 

Soirée mondaine, mesdames et messieurs. Pierre ayant fait le site du World Press Photo 2007 qui s'arrête à La Paz, il est convié à cet évènement et m'embarque là-bas. Que ne ferais-je point pour quelques verres de vin tiède....

L'exposition se tient dans le musée San Francisco, sur la place du même nom. On retrouve toute la bonne société de La Paz, le "haut du panier", je fais la connaissance du Président de l'Alliance Française et d'autres stars locales. Les photos présentées sont en très grande majorité le reflet d'un monde moche, violent, barbare, dénué de toute espèce d'humanité. Les images sont certes belles dans un certain sens, mais il ya comme une pénible gêne à regarder ces clichés le verre de vin dans la main droite et le petit-four coincé entre deux molaires.

 

Le gagnant toutes catégories de cette année est un superbe cliché qui évite le pathos de ses congénères.

 



Groupe de Libanais après les bombardements à Beyrouth par Spencer Platt / Distribuida por EFE

 

Je guette le passage des plateaux de petit-fours, qui se font de plus en plus rares. Nous n'échapperons pas à la photo du coup de boule de Zidane, il n'empêche qu'il aurait mieux fait de lui mettre son crâne chauve dans la tronche plutôt que dans le thorax, la photo y aurait beaucoup gagné, sans aucun doute.

Quelques clichés d'animaux, donnant un peu d'air frais à coté de cette ribambelle de pellicules pesantes et glauques.

Sortis de là, Pierre et Giovy partent au restaurant fêter leurs quatre années de mariage, je m'en retourne à Sopocachi en faisant le tour des vendeurs de Cd dans le but de renflouer ma maigre discothèque Bolivienne.

 

Dans l'enfer de la mode.

Par Le Ouistiti :: 15/09/2007 à 6:19 :: Bolivia Trip 2007

 

05/09/07 Algodón o nada

Un de mes ponchos est en passe d'être "prototypé", il s'agit d'un modèle pour enfants avec un lama local tiré des ornementations des Candélaria, un des nombreux peuples Andins de la région.

Nous partons vers 15h00 avec Giovanna à la recherche de tissus. Le meilleur endroit, c'est vers la Calle Santa Cruz où se concentrent tailleurs, revendeurs, couturiers. Début des fouilles dans les étalages. Mon inculture crasse en matière de tissu est heureusement compensé par les connaissances et le savoir-faire de Giovy.

Après plusieurs échoppes et tests, nous nous mettons d'accord pour trois teintes. Il nous faut ensuite trouver une doublure type polaire qui raccorde avec les couleurs choisies, changement de rue, de nouveaux essais, mais pas moyen de trouver la teinte voulue, malgré notre bonne volonté manifeste et notre infinie patience.

Au bout d'une très longue quête, enfin on trouve l'oiseau rare. Il faudra encore sauver nos carcasses de la chute d'énormes rouleaux de polaire mais on a ce qu'on voulait.

Le matériel obtenu, nous passons chez la couturière attitrée de Giovanna, où nous expliquons avec force dessins ce que nous souhaitons. Elle ne peut rien faire avant deux semaines car très occupée. Au vu de l'activité immédiate que je peux percevoir, je doute que nous ayons la même définition du terme "occupé" mais admettons.

De retour à Gutierrez, il faut découper les différents éléments du vêtement à la bonne échelle, ils serviront de patron à notre couturière overbookée. Bienvenue dans le monde étrange et semé d'aiguilles des pelotes, des ciseaux, et des machines à coudre psychopates.

 

Hipermaxi, le supermarché des maxi riches.

Par Le Ouistiti :: 14/09/2007 à 1:00 :: Bolivia Trip 2007

 

04/09/07 Résident permanent à Sopocachi

 

C'est indéniable, je ne regrette pas la cote vertigineuse que je devais gravir tous les matins. Désormais, je dois dépenser mon énergie à grimper les 15 marches qui mènent au bureau, encore un effort certes, mais plus à la portée de mes malingres jambons.

 

Les 80 chaînes de la télévision sont vite passées en revue, incroyable d'avoir autant de programmes et aussi peu d'intérêt, les deux doivent être incompatibles. Dans la quantité, il ya cependant quelques petites choses intéressantes se laissant regarder.

La journée se passe assez classiquement, entre profondes réflexions sur le devenir du Poncho et traduction de textes descriptifs pour des produits. Ce n'est pas un travail ennuyeux, ça demande de se creuser un peu la caboche et c'est de toute manière pour la bonne cause.

Le soir, il me faut remplir le frigo vide, désespérément vide. N'ayant pas vu grand chose comme commerces à proximité, il me vient la bonne idée d'aller au supermarché des riches de La Paz, tout au bas de la rue. Je me rends vite compte que les prix pratiqués sont bien loin d'être accessibles au Bolivien moyen. bien qu'inférieurs aux tarifs français, et encore si l'on s'abstient d'acheter des produits importés ou de grosses marques internationales, tout cela reste cher pour ici et pour moi!

 

A la caisse, ce sont des gosses qui remplissent les sacs, je m'attends à ce qu'ils réclament la pièce, mais non, ils aident à porter les sacs puis retournent à leur poste. Il faut donc admettre qu'ils sont salariés par le magasin, ils n'ont pas dix ans, curieux, surtout pour un magasin fréquenté en majorité par les expat' de La Paz.

 

Bien chargé, il faut remonter la rue, à vide, c'est déjà du sport, mais chargé tel Jésus avec sa paire de skis en bois gravissant le Golgotah, je me tape bêtement cette interminable cote, jetant des regards remplis de pitié aux quelques taxis déjà pleins. Tout ce chemin de croix pour des pâtes....

 



A gauche, boulot, à droite dodo.

Una buena semana.

Par Le Ouistiti :: 08/09/2007 à 0:34 :: Bolivia Trip 2007

 

03/09/07 Sous le signe du Poncho.

 

Semaine qui commence on ne peut mieux avec la proposition de mon estimé patron futur. Il me prête pour le mois un appartement tout équipé à quelques pas (10 mètres) de la boîte. Comment refuser, bien que je vienne de changer de chambre au Milenio, la visite de l'appart me fait saliver d'envie, c'est plutôt grand, c'est quasi neuf et c'est effectivement tout équipé. Sorti de là, il me faut réfléchir, douche froide, trajet et coût de l'hôtel d'une part, douche chaude, gratuité et proximité d'autre part. Eh bien figurez-vous que j'ai quand même hésité tout en remplissant mon sac pour la énième fois. Je l'aime bien ma chambre-boîte d'allumettes, Yanakocha est proche du centre, c'est vivant et assez populaire. Mais le portefeuille a parlé, j'annonce le lundi soir que je vide les lieux pour cause d'offre impossible à refuser.

 




Ma grotte, Calle Gutierrez.

Les Aliens ont fait le ménage.

Par Le Ouistiti :: 07/09/2007 à 15:42 :: Bolivia Trip 2007

 

02/09/07 Où sont les gens?

 

Temps couvert sur La Paz, l'un des premiers jours oú la pluie menace vraiment, Les dimanches sont définitivement dédiés à la paresse et à l'inactivité la plus totale. La vie ne reprendra que le soir, en allant en masse confesser ses pêchés hebdomadaires à l'église la plus proche.

Ne me sentant nullement une âme de pêcheur, , je parcours la ville à la recherche de traces de vie humaine. Grande tâche, les Lapaz...., les Lapass..., comment s'appelle d'ailleurs un habitant de La Paz? Pour le savoir, encore faudrait-il en trouver.

La ville si grouillante et animée dès le lundi matin semble comme désertée, rues vides, magasins fermés, passages commerciaux abandonnés, quoique ces derniers ne soient pas très animés non plus le reste de la semaine, il se limitent bien souvent à un long couloir éclairé au néon et quatre ou cinq boutiques pas bien aguicheuses.

 

Pour enfin percevoir un semblant de présence et d'animation, il faut se rapprocher d'endroits stratégiques telles que les rares places et espaces verts de la capitale. On y déniche alors des citadins bienheureux, se laissant aisément corrompre par la mafia des vendeurs de glace et autres helados, toute puissante en cette fin de semaine.

Quelques rues plus loin, on constate que La Paz n'est pas morte le temps d'un domingo, elle est seulement en sommeil, épuisée par ses excès et sa furieuse activité quotidienne. On le perçoit par le bruit, ou son absence, ce bruit de fond de klaxons, de bagnoles, de cris des chauffeurs de minibus, de sifflets des flics, un bruit omniprésent qui à lui seul occupe l'espace étroit des rues. Ce bruit est étouffé, voire parfaitement inaudible les week-ends, ce qui renforce cette impression de non-vie.

 

Dans la soirée, je parviens cependant avec quelques baroudeurs belges à trouver un rade ouvert, animé et sympathique, pour achever cette semaine dans la plus bruyante des ambiances.

Les Chroniques de Montgomery Burns

Par Le Ouistiti :: 04/09/2007 à 21:03 :: Le Grenier de Mr Burns

 

 

Excellent! , enfin, mon pouvoir va s'étendre sur le Monde entier, grace à ce fabuleux instrument moderne, fruit du génie de mes amis du Club Républicain et de la Confrérie des Riches Et Puissants Et Fiers De l'Etre. Oui cet instrument qui va me faire régner sur la Terre entière, ce puissant Minitel qui.....comment Smithers, il s'agit d'Internet, qu'est-ce donc que cela....ah je vois, intéressant. Bien, continuez à tapoter Smithers, où en étais-je, oui je disais donc que vous, ramassis de cloportes méprisables allez avoir dans les semaines à venir l'insigne honneur de lire avec vos petits yeux jaloux de ma grandeur quelques histoires et pensées tirées de mes expériences passées, et il y en eut, n'est-ce pas Smithers? Vous noterez si vos capacités intellectuelles vous le permettent, combien j'aime le monde qui m'entoure, tant qu'il n'est pas trop proche de mon corps d'Apollon en pleine force de l'âge, mais! mais vous avez pouffé Smithers, je vous ai démasqué, ne niez pas, nooon n'écrivez pas ça malheureux! ces idiots ne vont rien comprendre. Reprenez oú je demande à mon ami Georges de lancer une fatwa sur Malibu Stacy!

 

Il s'agit de conclure et d'ouvrir ici, entre deux textes maladroits de ce benêt pathétique de "Vehau" quel nom ridicule... Smithers! émettez un rire moqueur je vous prie....Merci Smithers. Il s'agit donc d'inaugurer enfin la place auquel j'ai droit, afin de rétablir la vérité. Nous, personnes riches, méprisantes et fières de notre réussite sur les miséreux, nous devons porter bien haut la parole de l'argent facile et du gain douteux, de la corruption élevée en tant que dogme divin.

 

Smithers, relisez......mmmh oui parfait, bien ce travail m'a épuisé, allons licencier pour nous distraire, Smithers prenez le grand balai je vous prie, je suis de bonne humeur!

Tiwanaku et le Train Fantôme

Par Le Ouistiti :: 04/09/2007 à 0:53 :: Bolivia Trip 2007

 

01/09/07 On le saura que je ne suis pas Bolivien.

 

Plutôt que Coroico, je pars pour Tiwanaku, un site archéologique à 70 km de La Paz. Pour prendre les bus y conduisant, je dois traverser toute la ville d'est en ouest jusqu'au cimetière. Une vraie galère, il faut pas moins d'une heure pour trouver ce maudit cimetière qui est loin, très loin au delà du plan du Guide du Routard...

Je remonte la Calle Santa Cruz et sa foule d'échoppes vendant de tout, mais vraiment de tout, imaginez n'importe quoi, vous l'aurez ici.

Enfin le cimetière, mais pas moyen de trouver la rue que je cherche, je dois me résoudre à surveiller les bus qui indiquent sur leur pare-brise leur destination, ce qui est bien utile. Un mini van Toyota "rose" va justement à Tiwanaku, 10 Bol, je me jette dedans, il est plein, on peut partir. Nous passons par El Alto, la très grosse et très pauvre banlieue de La Paz. les routes, après des passages pavés sentent le goudron fraîchement posé.

 

Pour ce qui est du paysage, on passe de la cave au grenier. Après avoir surplombé le trou béant de la capitale d'oú semblent vouloir s'échapper quelques pâtés de maisons entiers, la route nous mène dans l'Altiplano, soit un paysage étonnament plat, avec en fond une mince chaîne montagneuse. Peu de bicoques, quelques troupeaux ne crevant visiblement pas de faim.

 

Fini la brique nue, ici la terre sèche est reine pour la construction, ainsi que le toit en tôle ondulé, ou en paille pour certaines.

A l'approche du village de Tiwanaku, le chauffeur me laisse moi et un autre gringo près d'une voie de chemin de fer à l'abandon. Il nous dit de la suivre pour rallier les ruines du temple et les musées. Sur ce, il remonte dans sa caisse à savon et rejoint le village. Mon collègue est Anglais et baroude depuis quelques mois déjà. On suit donc la voir de chemin de fer, pas longtemps d'ailleurs, le site est rapidement en vue. Mais à l'arrivée, on ne trouve quasiment rien et surtout personne. un hôtel-bar-restaurant miteux, deux musées, trois bicoques, des échoppes pour touristes un peu plus loin, le site encore plus loin, mais pas âme qui vive. En nous approchant, on constate que la vie existe bel et bien ici, mais à des doses homéopathiques.

Nous nous arrêtons au "restau", mon sujet de la Queen part vers le site, moi je commande un peu à manger.

 

Le peu qu'on puisse me servir, c'est un sandwich et un mate, le tout franchement dégueu. Mon collègue part visiter, je reste pour manger, les murs sont entièrement en terre séchée et la décoration est assez sympathique, tout le contraire de la gourdasse qui tient çà et de ses sandwichs hideux.

 

 

 

J'avais prévu de rester pour le week-end, le marché le dimanche est intéressant à voir, mais vu l'aspect général de l'endroit, je crois qu'en un après-midi, j'aurai vite fait le tour, d'autant que les prix de l'hôtel sont franchement élevés (pour la Bolivie, mais à force, on prend vite le pli de ne payer que 2€ la nuit dans un hôtel).

 

Les rares touristes sont des boliviens, qui passent á l'hôtel pour utiliser les toilettes payantes. Chacun allonge la monnaie et reçoit un bout de Pq, malheur à celui qui a éte trop gourmand ou qui est gravement indisposé. Je me décide à aller voir le site, bien sur, c'est un ticket tout compris, je suis forcé de passer les musées, 80 Bol le tout alors que les locaux payent 10 Bol!

 

Comme je le préssentais, les musées ne présentent que très peu d'intérêt, l'ancien comme le nouveau. (comme si un seul musée vide ne suffisait pas..)

 

Petits tous les deux, l'un se concentre sur les poteries, l'autre sur les cailloux vaguement taillés. Peu d'infos, à moins de prendre un guide ou d'acheter l'un des nombreux prospectus en vente à l'entrée. Je me fais discret et squatte derrière un groupe un poil moins radin que moi pour écouter ce que leur guide raconte.

 

Ensuite le site, déception, grande déception, pas grand chose non plus, quelques murs, des bouts de fondation, des tranchées abandonnées servant de poubelles, la fameuse Porte du Soleil qui est ridiculement petite et derrière des fils barbelés, comme tous les monuments un poil intéressants du reste (en gros...deux). Au moins je n'aurai pas été gêné par les hordes de touristes, on devait être en tout et sur tout le site une vingtaine au moment ou j'y étais.

 

 

 

Je ressors de là vers 14h00, remonte la rue qui mène au village, et croise un minibus en route pour La Paz, je monte dedans, nous retrouvons Bob Simpson en chemin (l'Anglais, c'est son vrai nom), visiblement aussi déçu que moi.

De retour à La Paz, je pars en visite avec Bob (oui, c'est son vrai nom, Bob Simpson, Bob comme...tout le monde et Simpson comme les Simpson) dans les quartiers proches de Santa Cruz que je connais encore assez peu. Enormément de monde, on se marche presque dessus pour faire quelques pas, ça sort de partout, ça s'entasse autour des stands de portables, de disques, de fringues, nous passons par les boutiques des sorcières, qui vendent toutes sortes de remèdes et de potions, ainsi que des foetus de lama ou d'autres bestioles, je fais un voeu pour être débarassé de Bob qui ne me lâche plus, mon voeu est exaucé dix minutes plus tard.

 

De retour à l'hôtel, on me propose de changer de chambre pour une plus confortable. Effectivement rien à voir, située au premier étage du patio, elle est plus isolée que la précédente, qui était certes pas mal mais coincée entre l'armoire vitrée où sont vendus toutes sortes de cochonneries et la télé placée juste devant la fenêtre.

 

Je déménage prestement, je gagne largement au change, j'ai même droit à des cintres, c'est Byzance!!

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