Valle de la Luna

Par vehau :: 01/05/2008 à 20:09 :: Bolivia Trip 2008

20/04/08 Echauffement avant le Condoriri.

A
passer ses journées dans un bureau, on en oublierait presque que nous sommes je le rappelle à plus de 3600m. d'altitude en plein Altiplano, cernés par la Cordillière Royale et la Cordillière des Andes. Il est temps de se rendre compte de visu de la beauté manifeste de ce coin d'Amérique du Sud.

Ce dimanche, ce sera donc excursion dans la "Valle de la Luna" au sud de La Paz. Cette vallée doit son nom à son environnement désertique qui rappelle effectivement certaines planches de Tintin dans "Objectif Lune". Je pars avec mes trois camarades Marseillais de bonne heure, environ 11h30, et nous montons dans un taxi direction la Zone Sud, qui jouxte la vallée. 25Bol. (moins de 2,40€) nous sont demandés par le chauffeur mais nous osons encore marchander, on prend vite l'habitude de tout payer une misère, le retour en France sera douloureux à n'en pas douter...
20 minutes sont nécessaires pour sortir du centre de La Paz, traverser la Zone Sud, paradis des grosses baraques édifiées par des Allemands ayant atterri ici après 1918, et après 1945.

La fuite des nazis en Amérique du Sud n'est pas une légende, il suffit d'admirer ces quartiers entiers qui sentent fort la Bavière rance d'il y a soixante ans. Mais partons du principe que lesdits Nazis puants ont passés depuis longtemps l'arme à gauche et que leurs enfants et petits-enfants n'ont pas à porter le fardeau de cet héritage peu glorieux.
Il n'empêche que je ne peux m'empêcher d'avoir la langue pâteuse en passant devant ces châlets suisses allemands avec 4x4 Nissan devant le garage.


Valle de La Luna

C'est un saut désagréable dans le passé (que je n'ai pas connu certes), le mythe du SS qui, plutôt que de se tirer une balle dans le cabochon comme tout bon criminel dégénéré, préfère se carapater au pays des lamas y chercher un asile confortable.
Alors oui, ça me gratouille fortement la conscience, conséquence de ma sévère intolérance envers tout ce qui suinte le réactionnisme et la folie meurtière élevée en dogme étatique.
Drame, je devais vous parler de ma promenade et je verse dans la propagande politique, j'en reviens à la Valle de La Luna.


Le taxi nous dépose devant l'entrée de la Vallée, nous qui espérions un lieu vierge de tout aménagement touristique, nous sommes déçus, guichet, donc entrée payante, buvette, boutique de souvenirs, bien que partiellement enterrés, ces installations qui fleurent le mercantilisme bon teint, nous déçoivent quelque peu.

Mais n'allons pas pleurnicher, ç'est en définitive plutôt discret, et ce n'est pas encore Disneyland. Différents parcours sont possibles, du plus court adapté aux nombreux groupes de retraités brésiliens, aux plus longs (environ 45 minutes), accessibles à tous.


Le petit pont dans la vallée.

Passée la légère déception de principe, il faut reconnaître que le décor est spectaculaire, nous nous promenons dans un dédale de pics, de crevasses, de pierres érodées, à la végétation se limitant à des cactus aux formes très...évocatrices. Tout ici semble vouloir gratter le ciel, tant les cactus que cette forêt de pics.
Les pierres qui semblent posées sur des monticules terreux sont en fait des vestiges du sol préhistorique, pluies et précipitations ont lentement effrité la surface friable, ne laissant que par endroits quelques roches qui donnent  ces sculptures naturelles. Les roches protègent la terre qui les soutient, ainsi seul les alentours sont lentement dévorés par l'érosion.

Nous évitons du mieux que nous pouvons les groupes de touristes et profitons du temps idéal et du paysage. La balade achevée, nous quittons le parc, non sans avoir effectué un passage à la buvette où est mis à disposition du mate de coca gratuit, preuve que la Bolivie n'est pas près d'être un piège à touristes comme l'est devenu le Pérou. On nous propose ensuite de louer des Quads.
Vous savez, les quads, ces trucs gros et moches achetés à la  douzaine par des beaufs parisiens qui jugent qu'un moyen de locomotion sans pot d'échappement dans les narines vous catalogue de fait dans la catégorie hippie altermondialiste et homosexuel de surcroît. De toute manière, le prix me paraît excessif, nous préférons nous escalader une montagne de l'autre côté de la Vallée, histoire d'avoir un beau point de vue sur La Paz.
Nous tentons de traverser la vallée et le Rio La Paz, et passons une bonne heure à trouver un chemin pas trop casse-gueule.
Il nous faudra sonner la retraite et prendre la route goudronnée qui descend jusqu'au Rio La Paz. Parvenus au pied du massif, but de notre escapade, pause déjeuner sur un terrain de basket désert, et commence l'ascension.


Thibault et Sylvain à la recherche du bar le plus proche.

Il fait chaud, très chaud même, pour atteindre le sommet de la montagne que nous avons préalablement repéré, nous suivons les chemins utilisés pour l'entretien des lignes électriques qui traversent la montagne. C'est moins bucolique mais plus sur.
Le manque d'air se fait sentir, à vue de nez, nous atteindrons à peu près le niveau d'El Alto, à 200 mètres près, soit environ 3800 mètres. Le chemin n'est pas difficile, juste épuisant. Parvenus non loin du sommet après une bonne heure et demie de marche, nous profitons du paysage, vue parfaite sur la Zone Sud, on peut deviner La Paz au loin, la Vallée de La Lune, ya pas à dire, c'est beau.
Thibault et Sylvain veulent continuer, Guillaume et moi pas vraiment, la suite du parcours nous semble un brin casse gueule, nous préférons patienter sur notre pic le retour des deux téméraires.


Cactus un brin prétentieux.

Après une demi heure de patience, nous commençons à redescendre, en appelant régulièrement les deux zinzins sur leur portable (oui ici ça capte!). Ils descendent eux par le canyon, ce qui est un poil plus périlleux, finalement ils nous rattrapent, non sans avoir été attaqués par de féroces cactus.
La descente est bien plus rapide, parvenus à notre point de départ, nous repartons en quête d'un bus pour rentrer à La Paz, il est 18h00.

La soirée sera courte, juste l'occasion de regarder les photos, de boire un coup, et chacun retourne à son domicile respectif, inutile de dire que j'ai particulièrement apprécié mon lit cette fois-là.



Coproca

Par vehau :: 29/04/2008 à 0:21 :: Bolivia Trip 2008

12/03/08 On ne doit pas dire "alpaga" mais "alpaca"

Dans le but de créer une nouvelle page internet s'intéressant aux différents aspects de la Bolivie, nous commençons à effectuer des reportages photos chez les artisans avec lesquels nous travaillons.
Nous entamons cette opération "clic clic" par Coproca, qui est la plus grosse manufacture de laine d'alpaca de Bolivie.
Nous y allons à trois, Cristian qui connaît l'endroit, Eric, photographe français en partance pour la Colombie qui va prendre les clichés, et moi qui... qui vient en touriste.

Coproca  a ses installations à El Alto, la ville qui s'est construit peu à peu au-dessus de La Paz, soit à 4000m. d'altitude. Il faut une bonne heure pour s'y rendre en minibus, comme d'habitude, la traversée d'El Alto ne donne pas envie de s'y arrêter, c'est moche tout simplement.
Le minibus nous dépose aux limites de la ville, nous devons poursuivre à pied jusqu'à la manufacture. Quelques clébards et c'est à peu près tout, la zone est pour le moins déserte.
On doit montrer patte blanche devant le grand portail rouillé, le gardien prend très à coeur son passionnant travail. Dans la cour, l'activité est aussi limitée que dans les rues alentours, nous sommes accueillis par le responsable de la logistique qui nous fera une visite commentée des lieux.

On commence par les stocks de laine, un immense hangar rempli ras la gueule de sacs de laine "brutes", l'odeur est forte sans être insupportable, quelques employés déambulent dans cette mer de laine, masque sur le nez, pour éviter de respirer l'air chargé de particules de laine.


Hangar de stockage de Coproca.

Après les stocks, visite des bains et de la machinerie nécessaire aux premières transformations de la laine. Les installations ont vécu, et proviennent de France (Manufacture de Strasbourg, Saint-Etienne) pour les machines, d'Angleterre pour les moteurs, et du Japon pour les batteries... Ca paraît bien vieillot mais on nous assure que ça fonctionne. Environ 100 personnes travaillent ici, Eric tente de faire de beaux portraits de ces nobles ouvriers, mais ici comme ailleurs, on n'aime pas trop se faire tirer le portrait, l'appareil photo est encore parfois vu comme un voleur d'âmes, et le photographe comme un gros lourd de touriste qui ferait mieux de mitrailler du monument. On réexplique au contremaître qu'un reportage sur des travailleurs sans les travailleurs, c'est nul, ses explications à ses collègues ne changeront pas leur attitude méfiante. Eric doit se rabattre sur les kilomètres de laine qui défilent autour de nous.


Machinerie "Hecho en Francia", années 50.

Passés le lavage, le rinçage, l'autre lavage,vient le filage, effectué je ne sais combien de fois, puis  la formation des cônes de laine avec leurs teintes naturelles. De gigantesques fours sont chargés d'appliquer les teintes plus vives, trempage, sêchage, et nouveau filage.
La visite terminée, nous laissons Eric à ses photos et retournons à Caserita, une forte odeur animale nous poursuivra toute la journée...


Tres pequeños puntos.

Par vehau :: 01/04/2008 à 21:27 :: Le Vide-grenier

01/04/08 Du cuir et des pointillés.

Après le tube, voilà la besace, à l'état de prototype encore. Cuir gras, doublure en cuir vert, trois points sur le devant, pochette extérieure et intérieure, bandoulière.
On veut faire des produits plus "jeunes" et moins "trucs à touristes".

Le cuir ici est furieusement beau, épais et costaud. le modèle de "série" sera quasi identique, seule la garniture sera changée, la courroie rallongée et les petits points plus proches du bord, sinon Don Victor (l'artisan) s'est surpassé pour ce coup-là.


Besace...

03/04/08 La besace "PUNTO" est en ligne sur Caserita.com

Oruro 2008

Par vehau :: 01/04/2008 à 20:15 :: Bolivia Trip 2008

 

02/02/08 Mousse à raser et bombes à eau

 

 

Tous me le diront, si il y a un Carnaval à voir, c'est sans conteste celui d'Oruro. Bien mieux semble t-il que le fameux Carnaval de Rio.
Certes, mais mieux en quoi, les costumes, l'ambiance, la durée du défilé?
_Tu verras bien, mais quelques précautions sont nécessaires, vide tes poches avant de partir, achète un poncho en plastique, et si tu es armé, c'est mieux.
C'est là que se trouve le caractère très spécial du Carnaval Bolivien, au-delà du défilé traditionnel, le spectacle se passe aussi chez les spectateurs, le jeu est simple, munissez tous les spectateurs de bombes à eau et de mousse à raser, faites carburer tout ce petit monde à la bière dès potron-minet et vous obtenez Oruro...


Oruro 2008

 

Les survivants du premier janvier ont organisé un voyage à Oruro pour cette fin de semaine, je les rejoins le samedi matin en bus, le vendredi soir ayant été consacré à...autre chose.
il faut trois heures de bus pour rejoindre cette ancienne grande ville minière qui connut une période faste grace aux mines d'étain.
Aujourd'hui, si il n'y avait pas le Carnaval annuel pour faire parler d'Oruro, personne n'y mettrait les pieds. Les touristes ne font souvent qu'y passer lors de leur voyage au Salar De Uyuni. Et niveau architecture pas de quoi fantasmer non plus, les Boliviens ont eu la très mauvaise idée de démolir au lieu de rénover pour reconstruire des immeubles d'une formidable laideur, La Paz en est un des pires exemples, même si il semble que cela change un peu.

Revenons donc au Carnaval, j'arrive vers 11h30 à Oruro, la ville manque foncièrement de charme, seul le vieux quartier colonial conserve un certain attrait, mais il faut aimer les ruines.
Je parviens à retrouver la bande de fous sur les estrades de la grande place. Une foule compacte se presse sur les trottoirs, le défilé bat déjà son plein depuis huit heures du matin, les bombes à eau pleuvent sur les nouveaux arrivants, de la mousse à raser jaillit de toutes parts, Oruro, c'est le défilé, et pas mal de clowneries de la part du public.



Souriez!



Il faut alors passer entre les salves et se frayer un chemin sous les estrades pour sortir des zones trop dangereusement exposées. Le grand Pucho m'emmène dans notre camp de base, soit une vieille salle de billard dans un bâtiment tout aussi vieux, du squat pur et dur, plus beaucoup de fenêtres, une couche de poussière sur le parquet qui laisse par endroits voir l'étage inférieur, les seuls éléments qui conservent un assez bon état de conservation sont les tables de billards.
Après avoir rapidement posé mes affaires, nous repartons voir le défilé.

Je me munis sur le chemin d'un poncho en plastique et d'un pistolet à eau, l'un pour me défendre, le second pour riposter. Il s'avèrera que je ne me servirai ni de l'un ni de l'autre.

Le Carnaval d'Oruro mérite amplement sa réputation, c'est un festival de couleurs, de costumes sublimes et bariolés, mais très loin des extravagances brésiliennes. Ici, chaque groupe de danseurs perpétue une tradition, chaque détail des costumes est là pour crier au public les origines du groupe qui leur passe sous le nez, c'est superbement kitsch et désuet, mais ça se regarde avec un réel plaisir.

De plus, le soleil est au rendez-vous, il sera facile alors de bronzer quelque peu durant tout l'après-midi.
Bien entendu, le passage des danseurs n'empêche pas les hostilités, de part et d'autre de la rue, les spectateurs intensifient les bombardements aquatiques, et les lancers mousseux, une multitude de petits vendeurs est présent pour ravitailler les belligérants en munitions, armes, et bien entendu en bière, élément essentiel de cette bataille pacifique, mais féroce.

Les groupes les plus célèbres sont accueillis sous un tonnerre de cris et d'applaudissements, plus de cris à vrai dire, les mains tenant les canettes à moitié vides ou préparant la prochaine salve en direction du camp d'en face.


Au secours, j'ai un hibou mort sur la tête!!

Il y a des victimes désignées, comme dans toute guerre. Lors du Carnaval, on a plaisir à viser les gringos, et les flics...
Les seconds ont pour certains fort peu d'humour, et ne manqueront pas d'exprimer leur mécontentement d'un doigt vengeur lorsque le bombardement leur semble trop intensif.

La journée suit ainsi son cours, entre bataille enfantine et passage des groupes de danseurs.

cependant, lorsque la nuit commence à tomber, vers 19h00 environ, les groupes défilent toujours, je commence à trouver le temps long d'autant plus que le soleil a laissé la place aux froides nuits typiques de la région.

Les heures défilent et ni les danseurs ni les spectateurs ne semblent vouloir arrêter la fête, grand bien leur fasse mais moi, j'ai faim et j'ai froid, je quitte les estrades pour voir alentour l'envers de la fête, et mis à part quelques bagarres, quelques grognements d'ivrognes, quelques dormeurs installés dans les endroits les plus incongrus, je trouve que tout ce petit monde est plutôt calme, eu égard aux montagnes de canettes vides qui commencent à surgir dans les jardins avoisinant la place.

A 3h00 du matin, je ne vois toujours pas la fin du défilé, et malgré la beauté des costumes et l'ambiance, qui , la bière aidant réchauffe l'atmosphère, je commence à m'ennuyer ferme, je profite du fait qu'un petit groupe retourne au camp de base pour abandonner le champ de bataille et partir dormir.


Le Carnaval bat son plein

Le squatt est déjà occupé par quelques dormeurs, je m'installe tant bien que mal sous une table de billard pour passer la nuit. Une nuit atrocement froide, à tel point que je crois être sur le trottoir en pleine rue, inutile de dire que je ne dormirai pas terriblement bien.

Le lendemain matin, je décide de rentrer à La Paz après avoir appris que le défile recommençait aujourd'hui dans les mêmes conditions, et qu'il était encore plus long, rhaaa, pitié, non j'abandonne, c'est superbe, c'est festif, c'est fou, mais c'est long, désespérement long.

Je reprends un bus au terminal et retrouve la capitale bolivienne en pleine effervescence trois heures plus tard, préparant elle aussi son défilé et ses ballons d'eau. Pour moi merci, j'ai vu ce que je voulais voir, à l'année prochaine!

Le tube ultime ou presque.

Par vehau :: 31/03/2008 à 18:10 :: Le Vide-grenier
31/03/08 Et de deux!

Après le gilet, voici le sac définitif que je peux donc mettre en ligne. Les différences par rapport au prototype "Tubo", cuir plus fin et souple, flancs qui héritent d'un peu de couleur, pochette intérieure mieux intégrée. Bref, l'ensemble apparaît moins "grossier", le cuir plus épais me plaisait bien mais était plus compliqué à travailler.

Mais on reste dans l'idée de le faire évoluer dans le temps, pour le moment il me convient bien comme ça.


Petit lien pour plus d'informations sur Caserita.com

Sac en tube

Par vehau :: 28/03/2008 à 20:36 :: Le Vide-grenier

28/03/08 Patience, patience...

Après un mois d'attente, j'ai enfin récupéré le prototype de mon sac "Tubo", vous noterez que je suis dans ma période "ronds, cercles et assimilés". Je voulais un sac le plus simple possible avec une forme très facile à mémoriser, et comme le Design, c'est avant tout un boulot de copiage intensif de tout ce qui vous passe devant les mirettes, il est bien possible de trouver des choses similaires ailleurs. Mais en Bolivie, c'est une première à priori.

Pour tout dire, c'est amusant de dessiner des sacs à mains, des ponchos et toutes sortes de choses diverses avec lesquelles je n'ai à la base pas vraiment d'affinités.

Mais ce qui est drôle dans ce boulot, c'est qu'en définitive, peu importe ce que vous dessinez, vous aurez toujours plaisir à voir votre gribouillis prendre forme.

Le modèle définitif n'est pas arrêté, cinq premiers exemplaires sont terminés, de couleurs différentes pour chacun.
On verra si ça se vend, ou pas.


Bientôt, le tube!

Mode made in Bolivia

Par vehau :: 27/03/2008 à 23:19 :: Le Vide-grenier

27/03/08 Non, je ne suis pas en vacances...

E
t pour vous le prouver, voici mon premier produit mis en ligne sur le site caserita.com, un  gilet en alpaga, qui doit  son nom au fait que le patron est circulaire, c'est tout bête... C'est pas du Jean paul Gaulthier, je le reconnais humblement, mais on cherche on cherche.


Plus de détails croustillants sur: Caserita.com

Pérou Express

Par vehau :: 20/03/2008 à 23:17 :: Bolivia Trip 2008

 

06/01/08-07/01/08 Auto-expulsion


Une semaine est passée depuis le nouvel An et il est temps de renouveler mon visa... Il y a pour cela plusieurs solutions, soit vous foncez au bureau de migration le plus proche en clamant haut et fort qu'il vous faut quelques mois de plus pour apprécier à sa juste valeur toute la beauté cachée de la Bolivie, ou soit...vous passez la frontière, faites tamponner votre passeport, un petit tour au Pérou, vous revenez, re-tampon et vous êtes de nouveau légalement en Bolivie pour trois mois.

 Une troisième possibilité serait de demander un visa de travail, mais pour un an seulement, et sans certitude de rester plus longtemps, le démarches sont bien fastidieuses (et coûteuses).
J'eu la bonne idée de choisir la deuxième solution, souhaitant ainsi voyager un peu du côté du Pérou.

Il se trouve que cette même fin de semaine où je comptais quitter le pays, les chauffeurs routiers en profitent pour bloquer les routes, critiquant ainsi l'instauration de la vignette pour les poids lourds et son tarif visiblement faramineux (pour la bolivie, s'entend).

Je tente cependant de partir le samedi matin, et me rends au niveau du cimetière principal de La Paz, d'où partent la plupart des navettes pour Copacabana. Je me retrouve avec une dizaine de personnes à attendre un hypothêtique minibus en partance, mais au bout de deux heures, rien qui ressemble à cela ne se profile devant nous. Je discute avec un vieux hippie allemand à la barbe aussi longue que sa canne. Nous décidons de rejoindre en taxi le terminal de bus, espérant trouver là-bas un moyen de rejoindre le Lac titicaca et donc la frontière.
Au terminal, meme problème, aucun bus ne peut partir, la route semble complètement bloquée, c'est quelque chose de relativement courant ici. Le fait de bloquer les routes empêche de ce fait tout le pays de fonctionner, la majorité des échanges commerciaux et des transports se faisant par voie terrestre.
Il faut savoir renoncer, on nous promet des bus pour le lendemain matin, je prends un billet sans être bien convaincu...

Le lendemain matin, je retourne au terminal sans avoir pu joindre l'agence de bus, pas trace non plus du hippie allemand. Cependant, le car part bien à l'heure prévue. Il est plein, touristes, locaux, le temps est nettement plus favorable que la veille, plutôt humide. La Paz-Copacabana, c'est trois heures de route, de même d'ailleurs que La Paz-Oruro, La Paz-Coroico, et La Paz nord-La Paz sud aux heures de pointe.




Passage du détroit de Tiquina.

La route nous fait quitter la grosse cuvette où s'enterre la ville, puis grimpe jusqu'à l'Altiplano. Pour rejoindre Copacabana, il faut d'abord atteindre le détroit de Tiquina qui scinde le Lac titicaca en deux, le bus traverse dans un bac, et les passagers montent dans de petites vedettes.

La traversée est très rapide, dix minutes à peine, il nous faut attendre le débarquement du bus puis nous repartons.
Une bonne heure est encore nécessaire, la route n'est qu'une succession de virages, on grimpe on grimpe, et l'on croise quelques véhicules en sens inverse. Le lac Titicaca, dont Copacabana pourrait être consideré comme sa station balnéaire officielle, ne peut ici que se deviner, masqué par le profil très montagneux, mais le peu que l'on en voit est impressionnant, on dirait une mer posée au beau milieu des montagnes, agrémentée de quelques îles dont certaines (notamment la « Isla del Sol », l'île du Soleil) restent des lieux hautement sacrés.

Il faut noter que rares sont les personnes qui se baignent dans le lac, mais ce sont plus souvent pour des lacunes en matière de natation que par peur de représailles divines.


Montagnes, montagnes et au fond le Titicaca.

Le temps un peu couvert ne permet pas de profiter pleinement du spectacle, il faudra donc revenir.

Nous arrivons à 11h30 à Copacabana. Il va donc me falloir passer la frontière avant midi et faire une rapide visite du côté péruvien si je veux récupérer les derniers bus qui retournent à La Paz vers 16h30. C'est ce que l'on appelle une visite éclair. Après une truite au citron à se damner, je me rends à la Plaza Sucre et monte dans un taxi direction Kasani, un village frontière Bolivien. Je fais tamponner mon passeport à la douane bolivienne, passe la frontière puis tampon à la douane péruvienne de Yunguyo, bonjour Pérou!


C'est jour de fête à Yunguyo, avec défilé et tout le tintouin, fanfare, police, armée, mais vu la taille plus que modeste de la bourgade, le grand défilé fédérateur paraît un peu ridicule...

Plus loin, le marché est nettement plus vivant et coloré. Il occupe tout le centre-ville et comme tout bon marché sud-américain, on y trouve de tout. Après deux heures de balade, je me décide à repasser la frontière, ce qui était le but premier de cette excursion éclair.
Les douaniers péruviens ont bien compris le but de ma magouille, mais après une courte négociation, ils finissent par me donner mon bon de sortie en rechignant un peu, je me représente à la douane bolivienne, où j'explique ma démarche, il est préférable de dire la vérité plutôt que de chercher une excuse bidon, évitez les "je dois repasser la frontière, j'ai oublié mon appareil photo à l'hôtel", d 'après un confrêre voyageur, les douaniers n'apprécient pas trop...
Bref, je donne les 80Bol. demandés et me revoilà en Bolivie.

Retour à Copacabana, je fais un petit tour vers la plage et les luxueux hôtels avec vue sur le lac, beaucoup de touristes, éparpillés dans les gargottes des alentours. Je regrette de ne pas avoir pu venir le samedi et donc profiter un peu de la plage et des îles superbes du lac, mais vu le trajet relativement court, nous pourrons remettre ça une prochaine fois.

¡Feliz Año Nuevo!

Par vehau :: 21/02/2008 à 21:10 :: Bolivia Trip 2008

31/12/07 - 01/12/07 The Longest Day.


J'avais, vous vous en rappelez peut-être, dù effectuer un rapide déménagement d'un appartement à un autre à l'occasion du Nouvel An, mon propriétaire souhaitant louer pour cette soirée le loft, effectivement idéal pour faire la fête. J'étais de plus convié aux festivités, une belle manière de s'initier aux noubas boliviennes.

Nous sommes lundi, le travail se finit tôt et le patron nous offre un copieux apéro, apéro qui va s'éterniser jusqu'aux alentours de 20h00. Inutile de préciser que tout ce petit monde est déjà bien en forme. De retour dans ma nouvelle demeure, je rejoins les organisateurs de la soirée, très affairés.
Forcément, au risque de paraître impoli, j'accepte de nouveau un coup à boire, qui va se muer en un gargantuesque étalage d'alcools divers.
Perdu dans de sombres vapeurs éthyliques, je profite d'une pause dans cette orgie pour aller faire une petite sieste, en attendant que minuit sonne, début de la vraie fête ici.

Drame, à mon réveil, il fait jour.. La sieste s'est transformée en profond coma. Il est 6h00 du matin, bonne année!

Je pars voir ce qu'il en est dans la grande demeure, elle est encore pleine à craquer, de vivants, de presque vivants et de morts-vivants. Je salue les plus téméraires.
Mon arrivée se devant d'être salué comme il se doit, l'orgie alcoolique reprend, menu du petit déjeuner, bière, bière et bière. Il s'agit ici de faire bonne impression, les invités font partie des Boliviens plutôt instruits et aux situations professionnelles enviées. Architectes, directeurs d'université, que du beau monde, mais ces considérations s'oublient vite passées quelques verres.
Les bouteilles vides et restes humides de cotillons côtoient les joyeux fêtards assoupis.


Le directeur du "Colegio de Ingenieros Ambiantales", Willams M. Escalero Polo, et moi....

Ca danse, ça boit, ça parle fort, ça rigole, Woodstock dans 100m carrées. Mon ex-chambre s'est muée en cabine de dj et en dortoir. Pas de regrets pour ce qui concerne le déménagement.
La soirée-matinée va se prolonger jusqu'à tard dans la journée. Un va et vient incessant d'amis, d'amis d'autres amis, de relations vagues, prétexte à ouvrir d'autres bouteilles.
Personnages tous plus sympathiques les uns que les autres, aidés en cela par un état d'hébriété conséquent. Les heures défilent sans nous décourager, mais vers 20h00, il nous faut constater que sur la grosse vingtaine de fêtards encore présents, nombreux sont ceux qui ronflent affalés sur les canapés.

Après une fricassée froide qu'il faudra faire passer avec du Sprite tellement c'est ignoble, nous commençons le gros du rangement.
Je m'en retourne tardivement dans mes quartiers, et ne met pas longtemps à retrouver la couette, un jour pour récupérer avant le retour au travail, en espérant que cela suffise.


Grand maître Pucho et je ne sais plus qui...


Buenos Aires.

Par vehau :: 26/01/2008 à 2:58 :: Bolivia Trip 2008

19/12/07 "Le communisme, ça marche, il suffisait de le privatiser !".

J'aurai dù me méfier de cette soudaine envie d'aller arpenter les rues de La Paz à la recherche de nouveaux produits pour le site internet de la boîte. Ca paraissait louche que mes deux collègues Cristian et Omar se prennent soudain d'une réelle passion pour la chasse aux ponchos "fashions".

Que nenni! il s'agit en fait  d'aller faire les courses de Noël, et ce sur les heures de bureau!!! Quelle infamie, quelle décadence, honni soient ces rebelles employés qui préfèrent en cette belle matinée les rues ensoleillées au froid bureau.

Donc direction Avenue buenos Aires, la zone populaire de La Paz, où vous trouvez absolument tout pour des prix imbattables.
Les rues sont bondées, une foule compacte part à l'assaut des centaines de boutiques improvisées sur les trottoirs, bienvenue au Marché de Noël de La Paz!
Il faut savoir qu'à l'occasion des Fêtes, les patrons Boliviens se doivent d'offrir une sorte de panier garni à tous leurs employés, tradition sympathique vous en conviendrez.
En général, on y trouve une bouteille de vin (type jus de chaussette, imbuvable ou presque), des gâteaux, du thé, de la margarine, des bonbons, et surtout le fameux Panetoñ, sorte de gros cake en forme de cloche, souvent garni de petits morceaux de fruits confits, parfois en chocolat, c'est pas mauvais mais bourratif. D'où l'intérêt du jus de chaussette pour en faciliter l'ingestion.



Gourmandises diverses, Avenida Buenos Aires.

Chaque halte voit alors le même rituel, négocier le prix, refuser, confirmer, finalement réserver les victuailles pour venir les récupérer plus tard.
Nous passons par les échoppes de fruits, de papier toilette, d'aliments pour chiens, de jouets, de vin, de savon, de tout je vous dis, tout et n'importe quoi peut se trouver ici!

Pauses Salteñas, et l'on poursuit notre longue excursion. Les zones dévolues à la vente de jouets sont les plus impressionnantes, 100% chinois je vous l'accorde, mais on sait depuis longtemps qu'ils ont déjà tout compris...
Le communisme, ça marche, il suffisait de le privatiser!
Les prix sont imbattables, pourtant les clients cherchent encore à négocier, c'est moins violent que dans les pays nord-africains, mais ça reste du gros marchandage.
Deux heures plus tard, nous refaisons le même chemin afin de récupérer les victuailles, il y aura de quoi remplir le taxi qui nous ramène au bureau.

Fiesta todo el año.

Par vehau :: 16/01/2008 à 23:15 :: Bolivia Trip 2008

08/12/07 Un avant-goût de carnaval.

Une semaine  après mon retour épique en Bolivie, je suis toujours locataire de mon estimé patron. La recherche d'appartements bat son plein mais j'y reviendrai plus tard. Car aujourd'hui, c'est la fête de la ville, ce qui implique un gigantesque défile qui va durer pas loin de deux jours avec fanfares, costumes, bières à volonté et tout le tremblement.
La procession commence au niveau de l'avenue Buenos Aires et se termine Plaza españa, où une estrade a été installée. Chaque quartier a donc son groupe de danseurs et de musiciens, la seule règle concerne les costumes, ils doivent être le plus bariolés et voyants possibles.


Les chapeaux ronds de Bolivie.

Arrivés sur la Place, les groupes sont notés et jugés, je ne sais pas bien par contre ce que gagne le groupe qui arrive en tête. Malgré un temps assez maussade, les trottoirs sont pirs d'assaut par les supporters des divers quartiers, les vendeurs de bière et de hamburguers se sont installés eux aussi, aménageant des micro restaurants aux abords des rues.
Les tambours commencent à se faire entendre, les étendards des différents quartiers ouvrent la marche. Ils figurent souvent des images de la Vierge ou religieuses, ici, on pratique un christianisme relativement soft, mais très présent, il n'est pas rare de voir des Boliviens faire le signe de croix avant de manger ou lorsqu'ils passent devant un lieu Saint. Mais cela relêve plus de la bienséance que de la foi inébranlable.

Le défilé prend du retard car certains groupes s'arrêtent pour boire un verre en plein milieu de la rue, le groupe suivant doit donc dépasser le précédent qui stagne autour des vendeurs de boissons, cacophonie garantie.

La pause se termine par un coup de sifflet strident qui annonce la fin de la beuverie, les plus émêchés doivent se faire aider pour remettre leurs costumes, mais tant bien que mal, tout ce petit monde se remet en ordre de marche.


Pause Paceña.

Et cela va durer toute la journée, une procession qui va lentement descendre la grande rue, s'arrêtant, repartant, laissant sur le chemin quelques membres trop fatigués (ou trop bourrés) pour continuer. Une forte odeur de bière commence à monter aux narines, des danseurs doivent faire masser leurs pieds endoloris. Cela souffre, mais cela ne plie point, et le défilé va continuer jusqu'à fort tard dans la soirée.
L'ambiance va battre son plein sur la Place, drame, je n'ai plus de batterie pour l'appareil photo, après avoir assisté aux derniers tours de piste de l'ultime groupe, je me décide à rentrer. Il paraît que le Carnaval du mois de février est dix fois plus important, ça promet...


Une doña très motivée.


Gringo busca departamento.

Par vehau :: 15/01/2008 à 21:11 :: Bolivia Trip 2008

01/01/07 Je cherche un appart', pas un placard moisi, merci...

Durant le weekend et la semaine qui suit, je me lance dans la recherche intensive d'un appartement décent, aidé de Pierre et de Giovy (mes patrons), mon espagnol n'étant pas encore au top. On effectue quelques visites de logements dans les environs du bureau. Et on ne pourra pas se plaindre d'une quelconque monotonie, entre celui dépourvu de fenêtres et à la décoration datant de la Grande Guerre, celui qui ne peut loger qu'une famille de nains rachitiques tellement les pièces sont ridiculement petites, celui correctement refait mais parfaitement vide, chaque nouvelle porte ouverte réserve son lot de surprises. La quête s'annonce bien longue.

La palme sera obtenue par le cinquième ou sixième, situé Avenue Jaimes Freire, à deux minutes à pied du bureau, donc excellement placé. Un lotissement en briques nues qui déjà au premier abord ne fait pas très envie. Les différents petits bâtiments s'articulent autour d'une cour glauque et sale au sol de béton. Je manque de me faire bouffer par le clébard débile qui est en charge de protéger la "résidence". Le proprio ne me paraît pas plus éveillé que son chien, au moins le chien lui, ne laisse pas dans son sillage une tenace odeur d'alcool.
Mon hôte parvient cependant à me faire la visite, je regrette de n'avoir pris l'appareil photo...

L'extérieur n'annonçait rien de bon, l'intérieur est pire encore. Non meublé mais ça je le savais déjà, ça s'apparente plus à une visite touristique des ruines de Pompéi que de celle d'un appartement. Forte humidité, salle de bains inexistante, plafond qui semble vouloir rejoindre le sol par endroits.

Le proprio pourtant est très fier de me montrer tout cela, je fais donc mine de paraître intéressé, cela afin de poursuivre la balade dans son monde merveilleux pour les cafards et autres cloportes.

La suite n'est donc pas mieux, pas de prises électriques, des torchons au mieux pour remplacer les éventuels rideaux, je ressors de là mi-hilare, mi-effaré.

Pierre me parle alors d'un de ses amis qui, entre autres activités, loue aussi des appartements dans les parages. Situés Plaza españa, c'est le quartier de Sopocachi, zone assez "select" de La Paz, proche du bureau. L'entrée se fait par une grande grille, puis l'on arrive dans un lotissement avec trois maisons de styles différents.


Entrée fleurie.

Une est occupée par une ONG espagnole, les deux autres sont à louer. Petit jardin entretenu, ça me plaît déjà plus que la Cour des Miracles visitée précédemment. Le tout est bien sympathique, mis à part les fils électriques et autres antennes posées n'importe où et qui enlaidissent quelque peu le tout.
Ici, pour les installations électriques, on part du principe qu'il faut toujours mieux aller au plus court, ce qui donne parfois des cables et fils divers passant en plein milieu d'un passage ou devant une porte d'entrée.

Le seul inconvénient, c'est que les travaux ne sont pas totalement terminés. Les cuisines notamment doivent être finies dans peu de temps. Effectivement, la maison qu'il nous fait visiter, bien que non achevée, présente bien, refaite à neuf, parquet. Même avec sa couche de poussière et le carrelage vert de la cuisine qui lui donne de faux airs de salle d'autopsie.


Entrée-salon en cours de finition...

Nous nous mettons d'accord sur un prix, très correct vu l'emplacement et le standing de l'habitation. Je devrai pouvoir emménager la semaine suivante (naïf que je suis...). De nouveaux meubles sont en train d'être réalisés, les luminaires doivent être changés, les plintes posées, surtout ici, ne pas être pressé.

La semaine suivante donc, les ouvriers n'ont pas reparu sur le chantier, occupés ailleurs semble t-il.

N'ayant pas trop envie de vivre éternellement aux basques de mon patron, aussi sympathique soit-il, mon futur propriétaire me propose alors de loger provisoirement dans un second appartement situé au même endroit que le premier. En fait d'appartement, je me retrouve dans un loft avec trois chambres, un salon immense, du parquet partout, bien trop grand pour moi mais ça ne manque pas d'allure.


Le "loft" provisoire.

J'emménage le lendemain, problème, point d'électricité et point d'eau chaude pour ce premier soir car la chaudière fuit. Et donc pas de cuisine... Pour les deux premiers, ce sera rêglé le lendemain.
Je vais me résoudre à dîner au restaurant durant quelques temps.
Je loge donc ici durant deux semaines, jusqu'aux environs du 1er janvier. "Mon" loft doit être loué pour la soirée à une bande de joyeux fêtards
, soirée à laquelle je suis invité. Nous effectuons alors mon déménagement express pour la maisonnette initialement prévue, maisonnette où les travaux sont au point mort. elle est elle aussi dépourvue de cuisine et de quelques autres menus détails. Seuls les carreaux de la cuisine sont passés du vert clinique au bleu ciel, c'est mieux..





Le périple fou

Par vehau :: 02/12/2007 à 0:23 :: Bolivia Trip 2008

LIMA-LA PAZ en bus, 28 heures.

29/11/07  Les gens normaux prennent l'avion.

Le gros navion s'est posé comme une fleur sur le tarmac de l'aéroport flambant neuf de Lima à quatre heures pêtantes. Récupération des bagages, je change quelques Dollars en Soles, la monnaie locale. Jusqu'ici, j'hésitais entre deux options, soit me trouver un hôtel et dormir dans un vrai lit avant de reprendre la route pour La Paz, soit poursuivre el camino immédiatement. Mon cerveau embrûmé m'ordonna de continuer. Je monte dans un taxi et demande à être déposé au terminal de bus de la compagnie Ormenio, la seule qui fasse le trajet Lima-La PAz.

Mais à 4h du matin, ledit terminus n'est pas ouvert, le chauffeur me laisse dans un autre terminus ouvert celui-là mais totalement vide, il y a au moins de la lumière. Traverser cette partie de Lima, de nuit qui plus est, ne donne pas trop envie d'y séjourner. De grandes avenues froides, quelques casinos aux abords qui singent Las Vegas mais n'en conservent que la vulgarité. Aux croisements des rues, vous apercevez des chicas ne dépassant pas les 14 ans attendant sagement les rares clients motivés à cette heure matinale.


L'expression "c'est le Pérou!" n'est pas applicable à tous.


Matinée brumeuse à Lima


Je patiente sagement dans le terminal, qui se remplit peu à peu. Touristes, Péruviens, tout ce petit monde  s'affaire autour des guichets. Vers 7h00, je reprends un taxi pour me déposer devant le terminal d'Ormenio. Crevant de faim, je me prends un petit déjeuner pas du tout local puis paye les 60 Dollars du voyage, et de nouveau j'attends. Vous noterez que j'attends beaucoup, c'est le mode de vie local qui veut cela je suppose, et de toute façon je n'ai pas trop le choix.

Le bus est prévu à 9h00 du matin, j'en profite pour faire quelques photos des alentours, dormir, je n'y arrive pas, les chaises en plastique, j'ai du mal.

Pour 60 Dollars, vous ne voyagez pas dans un bus ordinaire, par "ordinaire" je veux parler de la bétaillère rouillée aux banquettes en bois avec un espace gardé pour les chêvres de Pedro.
Non, pour 60 Dollars, vous avez droit à un autocar relativement neuf sur deux niveaux, avec en bas toilettes hommes et femmes, fauteuils inclinables, repose-pieds, repas compris dans le prix et servis à heures fixes. le grand luxe, d'ailleurs c'est le tarif "royal luxe". 


15/01/08 Vous aurez noté que cela fait quelques temps que je n'ai pas mis à jour ces quelques pages, je m'en excuse auprès des lecteurs assidus, mais il m'a fallu depuis mon arrivée gêrer maintes choses fort complexes telles que m'installer, travailler, travailler, travailler, et parfois ne strictement rien faire et profiter du climat pour le moment relativement clément. Mais, il est temps de me remettre au clavier.
Nous en sommes donc à mon départ de Lima:


9h00 [0 heures de route]: Le bus démarre, loin d'être bondé. Le parcours est assez simple, longer la côte péruvienne jusqu'à Arequipa, puis grimper dans la Cordillière jusqu'au Lac Titicaca.
Ce que je vois de Lima diffère peu de La Paz, si ce n'est la relative platitude de Lima comparée à la montagneuse capitale Bolivienne. Mêmes rues bondées, mêmes taxis, mêmes clichés en quelque sorte, mais des clichés bien réels.
Le gros bus met un certain temps à s'extirper de la circulation puis rallie la grande route qui longe la côte. A notre droite, des dunes et la mer, à notre gauche, des dunes et pas grand chose d'autre. Le paysage est effroyablement monotone, les vitres sales du car et la pluie n'arrangent rien. Les seules taches de couleur qui parviennent à égayer un peu ces étendues de sable gris et froid sont les rares mais gigantesques panneaux publicitaires....

Au moins, nous sommes confortablement assis, le cuir des sièges dégage bien une certaine odeur humide et vaguement moisie, mon voisin a tendance à beaucoup parler, mais je ne regrette pas mes 60 Dollars. A heures fixes, la charmante hôtesse de bord (comme dans un avion, oui, oui) nous distribue les plateaux-repas, desayuno, almuerzo, cena.
J'essaie de comptabiliser les heures entre les différentes haltes, mais je dois y renoncer, le temps passe et cette côte péruvienne n'en finit jamais. Le paysage évolue cependant, nous passons devant de gigantesques hangars posés sur la plage, en fait des élevages de millions de poulets avec vue sur la mer, selon mon loquace voisin.

Première grosse halte à Chincha Alta, une ville terriblement moche, on y dépose deux touristes allemands, et l'on récupère deux autres gringos. Le soleil cogne fort désormais, la journée promet d'être chaude.
Le chauffeur et un mécano sorti de je ne sais où en profitent pour aller trifouiller le train arrière du bus.
Puis l'on repart, moins de sable, plus de cocotiers et de végétation, mais ça reste assez peu intéressant, le Sahara est plus vivant...
Pisco, Paracas, ce coin du Pérou manque cruellement d'attrait.


Jour de marché à Ica

[5ème heure] ICA-NAZCA: Nouvelle pause à Ica, rues bondées, jour de marché oblige. Les haltes se font dans les terminaux de bus de la compagnie, à la façon des vieux relais de Poste en quelque sorte. On y trouve toujours deux ou trois échoppes pour acheter de quoi faire grimper son taux de cholestérol et des toilettes. Le bus en est bien équipé (Damas y Caballeros), mais le terme de "lieu d'aisance" n'est pas le plus approprié pour les définir.
Encore une escapade au milieu du néant, fini la mer, nous continuons à longer la côte mais à distance désormais. Après les champs de sable, bienvenue dans les champs de cailloux, il fait une chaleur suffocante, et les navets débiles diffusés par la télévison du bus n'arrangent rien. Quoique je préfère encore ces films, même nuls, aux clips kitschouilles de "grandes" stars sud-américaines passés en boucle durant tout le voyage. Même Salvatore Adamo aura droit maintes fois à son moment de gloire sur notre petit écran.
Près de Nazca, nous traversons la fameuse zone où sont représentées toutes ces mystérieuse formes d'animaux et ces lignes géométriques censées figurer une carte céleste. Mais, vu du bus, tout cela manque un peu de hauteur.

[8ème heure] NAZCA: Arrêt rapide à Nazca, repas servi, bon ma foi. La nuit commence à tomber, et passées les plaines caillouteuses de Nazca, nous retrouvons la mer. Mais cette fois, pas de plages, pas de sable, mais des falaises, des rochers, des ravins, des fossés, des virages en pagaille, des croisements hasardeux, la pluie, non l'orage maintenant, plus de soleil, les phares du bus si faibles que je me demande franchement si le chauffeur n'est pas encore en veilleuses.
Et à la téle, Tom Cruise dans "Le Dernier Samourai", je finis par m'endormir.

[18ème heure] Quelques kilomètres après AREQUIPA: Je sais que nous y sommes passés mais je n'en ai aucun souvenir, j'ai du dormir tout ce temps-là, où le cerveau zappe les moments cruellements longs et inutiles. Dommage, Arequipa est une très belle ville... Passé Arequipa donc, nous rejoignons les contreforts  de la Cordillière, toujours à mi-chemin entre le Désert et la végétation luxuriante des oasis,  le paysage se fait déjà plus montagneux, plus varié. Toute la région de Puno est ainsi étrangement dotée d'espaces verdoyants associés à des zones parfaitement mortes. Les villages sont comme plantés dans ce paysage, peu animés en cette heure de la journée, leur traversée ne permet pas de bouleverser le quotidien on ne peut plus paisible des habitants.


Village fantôme dans le environs de Puno.

Après une énième halte, un énième plateau-repas, une énième sieste pas du tout réparatrice, nous finissons enfin par débuter la traversée proprement dite de la Cordillière des Andes, le temps est superbe, le soleil bas chauffe le cuir des sièges ce qui accentue encore cette sensation de vivre dans une serre exotique. Les arbres commencent à se faire rares, on retrouve cette végétation rase et jaune de l'Altiplano, et dans le même temps, les rives du Lac Titicaca.
Pour passer le temps dans le bus, je lis un peu, sans bien comprendre ce que je lis, je jette un oeil torve sur la télé, en subissant la musique "romantica" très prisée ici, je rêve qu'après le troisième passage de la vidéo d'Adamo, on cale enfin l'excellent clip "hangar 18" de Megadeth ou n'importe quoi d'autre. Mais la cruelle télévision n'aura aucune pitié et continuera à débiter ses horreurs audiovisuelles, largement secondées par quelques-uns de mes camarades de voyage qui pousseront la torture jusqu'à taper du pied en rythme.... Troubles graves garantis après une telle épreuve.


  Rives ouest du Lac titicaca

[22ème heure] PUNO: Etre à Puno, cela signifie encore six bonnes heures pour rallier La Paz, nous longeons le Lac Titicaca par le sud, et passons non loin de Copacabana, les dernières heures de ce bien long voyage. En trois heures, nous sommes à Desaguadero, le village frontière péruvien. Un embouteillage se forme à l'entrée du village, il nous faut alors sortir du car, aller au poste de frontière péruvien pour obtenir le bon de sortie, puis ensuite passer physiquement la frontière, soit une barrière à moitié pourrie, et se rendre au poste de frontière Bolivien pour avoir le tampon d'entrée. Ensuite, il suffit de patienter une bonne heure pour que le bus passe lui aussi la frontière, nous remontons dedans et nous voilà repartis.
La suite du trajet est rapide, de Desaguaredo à La Paz, nous traversons El Alto, la grosse banlieue de La Paz, toujours aussi peu attractive, puis c'est la descente dans la cuvette.

[28ème heure] Terminal de bus de LA PAZ: La descente du bus est une libération, 28 heures là-dedans! je prends mes bagages et me rends au cyber-café de la gare pour tenter de contacter mon grand patron. Etrange de se trouver de nouveau ici, Plaza Antofagasta. A mon premier séjour en Bolivie, j'étais dans l'hôtel juste en face de la gare et me rendais donc régulièrement ici.
J'avise donc mon illustre gourou que je suis enfin en ville, puis prend un taxi direction Calle Gutierrez, Sopocachi.
En attendant un hypothétique appartement, je me vois prêter la chambre d'amis de la demeure seigneuriale, peu de chances que j'arrive en retard au travail le matin, bureau et chambre sont au même étage.

Petit apéro de rigueur pour saluer mon arrivée, je profite d'une douche bien méritée, puis me sentant ragaillardi, je m'en vais aller voir quelques expatrìés français qui organisent une petite fête dans les parages. Je décline cependant le restaurant suisse et part pour une nouvelle aventure, rattraper les 48 heures de sommeil qui me font défaut.


Répétition catastrophique, tentons de rester calmes.

Par vehau :: 01/12/2007 à 20:30 :: Bolivia Trip 2008

28/11/07 De tempêtes en naufrages, vrai départ.

U
ne semaine de passée, il fallait bien ce laps de temps pour se remotiver à mettre les voiles. Et aussi accessoirement pour racheter un billet, je suis décidément pas prêt de devenir millionnaire.

Vrai départ enfin, cela commençait à ressembler à une grosse blague pas drôle de Bigeard (oups! pléonasme). Trajet métro-RER, pas de retard, enfin les bagages sont sur le tapis roulant, enfin je pars, enfin enfin enfin!

Le vol Paris-Madrid dure deux heures, je suis avec un groupe de retraités qui partent s'encanailler à Buenos Aires, quelle chance la retraite. La vieillesse est-elle contagieuse? Elle est certes au bout du compte fatale, mais que d'avantages avant l'inéluctable!
Pour le moment, mes deux voisines péruviennes me servent à tour de bras du "Joven" terme qui ne se traduit pas vraiment en Français. Ce serait un mot plus familier que "jeune homme" et moins rude que "p'tit con!".
Un passager moustachu lit les gros titres  de son Paris Match, "Alerte aux chiens tueurs d'enfants", puis tombe sur une double page ornée de belles photos de Sarkozy au Maroc, Paris Match vend décidément du rêve.

Le vol Madrid Lima initialement prévu à 23h30 part finalement à 21h30, ce qui laisse une heure pour sauter d'un coucou à un autre.
Arrivés à Madrid, notre avion a un peu de retard, il faut cependant passer par le guichet, le point de contrôle, les portails de sécurité oú bien entendu je fais sonner le bazar, je vais finir par soupçonner mes plombages. Toujours en compagnie de mes Péruviennes de choc, nous devons courir pour atteindre la porte d'embarquement, il est 21h15!! L'avion est là, nous nous jetons sur le steward qui sous la menace de nos regards assassins, vise nos billets.

Pour ce vol, c'est un Boeing 747, je n'étais jamais monté dans un coucou aussi gros. On s'installe, l'avion décollera plus de trois quarts d'heure après notre marathon, comme quoi...


Boeing Boeing !!

Aller simple pour nulle part.

Par vehau :: 01/12/2007 à 19:16 :: Bolivia Trip 2008

21/11/07 & 22/11/07 Un arrière-goût de fatalisme.

I
l y a des jours comme celui-ci où décidément rien ne fonctionne. Pour les nouveaux, je précise que je devais repartir à la chasse aux lamas aujourd'hui même. Et ce en passant par Madrid et Lima, histoire de voir un bout du Pérou.
Que nenni! pour cause de justifiables grêves, il fallait prévoir un départ incroyablement tôt pour espêrer arriver à bon port. Or, ayant dans le fond, et je l'admets bien volontiers, un certain sens de la dédramatisation, partir aux environs de 15h pour être vers 17h à CDG me semblait possible. Il me semble cependant que j'avais prêvu un départ bien moins tardif mais passons, n'allons pas réécrire l'Histoire.

Bref, il est 15h, je me rends compte que j'ai omis de faire le plein de la voiture, mon sac s'éventre avant même d'atteindre le coffre de ladite voiture, mon honorable génitrice part donc faire le plein tandis que je retourne transférer mes affaires dans des sacs plus solides.
Il y a des travaux à la sortie d'Issy Les moulineaux, la station service de la Port de Versailles est fermée, Ca commence mal.
Nous partons enfin, il doit être 15h30, certainement plus, bouchons pour rejoindre le périphérique, bouchons sur le périphérique.
A la Porte d'Orléans, nous constatons que le périphérique dans l'autre sens semble plus fluide, je lance la stupide idée de sortir et de repartir dans l'autre sens, vous noterez que je n'ai eu que des éclairs d'intelligence ce jour-là, mais là encore rien n'avance, comme dirait ce poujadiste infâme de Pernaud, c'est le bordel.

Le temps de revenir enfin sur le périph', il est aussi bondé que l'autre. Dies horribilis. Nous poursuivons tout de même jusqu'à Roissy, on ne sait jamais, un retard, un attentat, un accouchement dans la salle d'embarquement, ma foi ça arrive, hein ça arrive ces choses-là, en tout cas dans les télefilms de France 3, ça arrive souvent.

Le gros navion partait à 18h25, nous arrivons devant le guichet à 18h45. Aurais-je dans cette histoire pêché par excès d'optimisme, je crois que oui. Nous nous renseignons, pas súr de plus que je sois remboursé, que faire, attendre sur place un autre vol, repartir, de tempêtes en naufrages, lorsque tout foire, il faut savoir renoncer, nous rentrons, La Bodega à Madrid sera pour une autre fois.

Un autre vol est prêvu le lendemain à 11h35, pour éviter les "encombrements" de la veille, nous repartons cette fois-ci à 3h du mat' d'une part pour arriver à temps et d'autre part pour que Mama ne soit pas de nouveau prise dans les bouchons au retour....

Et effectivement, il est à peine 4h que je suis déjà dans le hall 5 totalement vide de Roissy.


Forte affluence à Roissy CDG, 4h du matin.

Bien entendu, l'attente est longue avant l'ouverture des guichets, je passe le temps comme je peux. Sur le coup des neuf heures, enfin je me présente aux guichets pour expliquer mon problème (celui concernant mon départ en avion, pas les autres problèmes). Ils me conseillent d'appeler l'agence par laquelle j'ai acheté mon billet, n'ayant pas de portables, je dois me rabattre sur les téléphones publics à pièces, j'ai pas vraiment non plus de petite monnaie, mais ça ça peut s'arranger. C'est un numéro en 0800, impossible de le contacter avec ces sales bornes télephoniques. Je rappelle donc ma chère mère qui comme vous le voyez a bien du mérite, pour qu'elle contacte l'agence, je repars faire de la monnaie. Au bout du compte, le remboursement n'est que très partiel, et reprendre un billet aujourd'hui me coútera les yeux de la tête, la gentille hôtesse m'indique cependant que le vol suivant, le soir à 18h25 peut être une alternative et qu'il est au même tarif que la veille. Mais il est à priori complet, et elle est incapable de me certifier qu'il y ait de la place. Il faut attendre.

Alors j'attends voyez-vous, encore, j'attends, je commence "l'insoutenable légèreté de l'être" de Kundera après avoir fini "Le Petit Nicolas de Sempé". Oui j'avais fait dans l'éclèctisme pour le choix des bouquins.
Les heures passent, je me promène, je reviens, j'attends, je dors, je dors, je somnole, je glande, je passe le temps. Vers 15h je vais aux nouvelles, possibilité d'atteindre Madrid, mais Lima, ça va pas être possible. J'atteins là le degré ultime du renoncement et....et bien oui je rentre.

Mais c'est encore une autre aventure qui commence, car je vous le rappelle, il ya toujours des grêves. Il faut pour rentrer prendre le RER B, sauf qu'il n'y a pas de RER B! En fait si, un toutes les heures, seulement il ne va pas plus loin que la Gare du Nord. Attente sur le quai de Roissy, longue attente, puis l'on se presse dans les compartiments. Je sens bien que j'emmerde le monde avec mes sacs, mais pardonnez-moi, j'en ai franchement rien à carrer.

A Gare du Nord, mémorable bousculade dans les couloirs du métro, il faut encore faire jouer la patience et s'en remettre à des forces célestes pour tenir le coup, pas de ligne 12, dommage, c'est celle qui va à Issy Les moulineaux.., autre ligne, encore attendre, longtemps, longtemps, la rame arrive, nouvelle bousculade, chaude promiscuité dans le wagon. Je sors enfin Porte d'Orléans (haha) pour récupérer le tramway, au bout d'une demi heure, le zoli T3 daigne se présenter, un peu de marche et je sonne à la maison..... Histoire vraie d'une débacle, La Bérézina sans les rivières gelées à traverser.

Décision est prise de laisser passer l'orage......

De l'essence de bidouille.

Par vehau :: 27/11/2007 à 1:28 :: Le Grenier en Couleurs

La Mécanique Du Coeur, Jean Rochefort On The Rocks!

Par vehau :: 27/11/2007 à 1:12 :: Le Grenier en Musique
J'aime bien Dionysos, pour leur univers Burtonien en diable, pour leur folie, moins par leurs textes parfois trop culcul. Mais ce nouvel album est fabuleux, bourré ras la gueule de collaborations épatantes, dont un Jean Rochefort impeccable, une petite merveille.

Enfin un groupe français qui fait autre chose que du sous Noir Desir, il était temps.


La mécanique Du Coeur, 2007

Libre expression

Par vehau :: 10/11/2007 à 1:12 :: Le Grenier en Couleurs

Sessions Concours Hermès, créativité poussée à son paroxysme.

La France pourrit sur pied.

Par vehau :: 03/10/2007 à 16:32 :: Général



Ton ADN me revient pas, casse-toi!
{Je reviens sur ce sujet après Montgomery, mais ça m'énèrve, alors j'en remets une couche.}




J'ai toujours pensé qu'il y avait des gens intelligents et éclairés dans tous les partis, de droite ou de gauche. Des personnes qui étaient capables de faire la part des choses entre leur appartenance à un groupe et leur conscience qui ne suit pas forcément la même voie que la ligne officielle.
Mais si l'on accepte le fait de cette diversité, positive, il faut aussi admettre que tous les partis sont pourvus, dans un souci d'équilibre, d'un certain nombre de tâches indélébiles.

Ces êtres primitifs, limités dans leurs idées mais gavés aux grandes ambitions, n'ont de cesse de vouloir se hisser sous le feu des projecteurs.
Et quoi de plus aisé pour faire parler de soi que de lancer une bonne blague qui fera son petit effet médiatique.
C'est ce dont nous a gratifié un certain Thierry Mariani, qui, comme tous les gens éclairés s'est un jour posé une question: Le Front National s'est pris une bonne torgnole dans la tronche, mais ses idées continuent à plaire à nos concitoyens, la démagogie putride, c'est pas beau, mais ça fait vendre. Et puisque le supermarché de Saint-Cloud fait son inventaire, je vais me faire ma petite boutique des horreurs raciales, histoire de faire mon trou.
Notre ami, nouveau petit commerçant poujadiste, va alors lancer son grand produit de la quinzaine, le test ADN, il fallait y penser. Le produit est innovant, et nous changerait presque des vieilles rengaines lepénistes, usées jusqu'à la corde, et devenues terriblement has-been.
Mais l'ADN, ça c'est cool, c'est moderne, et si ça marche pour les criminels, aucune raison que ça ne marche sur les "pas Français" qui sont de toute façon dans leur ensemble des criminels en puissance, voleurs du travail et du pain des bons patriotes.
Lutter contre l'immigration clandestine est chose normale, mais faut-il pour autant enterrer des principes aussi fondamentaux que le respect de la personne humaine, le respect de sa vie privée.
Mariani (c'est Corse ça non, faudrait vérifier, c'est pas net) et les agités du charter de son espèce n'ont aucune  connaissance du monde qu'ils essaient de foutre à la porte. C'est un monde qui leur fait peur de toute manière, parce que différent, parce que éloigné de leur vision pétainiste de la France auréolée de Gloire, immaculée, radieuse, capable d'illuminer le monde avec ses traditions et son mode de vie exemplaire.

Mariani ne vit pas au présent, il vit encore au temps béni des Colonies, au temps de l'exposition Coloniale où l'on exposait les bons sauvages dans des cages, comme on va au zoo ou au supermarché. Il vit au temps de Le Pen, des pires xénopohobes de l'Histoire. Mariani fait son marché, prend un peu de négros médecins, un peu d'Arabes éboueurs, et une pincée de Jaunes, pour rendre à la France cette image de Phare des Peuples, attirant à elle des gens inférieurs, cherchant un pays d'êtres supérieurs à idolâtrer.

Que le gouvernement Français, en 2007, à peine plus d'un demi-siècle après avoir subi l'Occupation, après avoir constaté toute la barbarie d'un système visant à définir des races et à supprimer les impurs, que la France ose même penser à appliquer ce genre d'idées putrides extraites sans trop de mal d'un cerveau suintant la bêtise crasse, c'est pitoyable et grave.

Que ce soit de plus un membre d'un parti dit Démocratique, c'est encore plus ahurissant, c'est ça le pays des Droits de l'Homme ?, de la Philosophie ?, un vieux tas de cailloux défendus à coups de matraque par des adeptes des Croix de Feu et de tout ce que l'hexagone a compté comme groupuscules fascisants ?

Charlie Hebdo a lancé une pétition pour réclamer l'abrogation pure et simple de cette abomination, pétition qui a reçu d'ores et déjà la signature de personnalités qu'on n'attendait pas ici, Dominique De Villepin entre autres. On pourra arguer que ce n'est qu'une façon d'embêter son petit pote Sarkozy, toujours est-il qu'il a signé.

Vous trouverez ici un lien pour signer la pétition:

Touche pas à mon ADN!!

 




Les Chroniques de Montgomery Burns.

Par vehau :: 25/09/2007 à 20:10 :: Le Grenier de Mr Burns

 

Smithers! Smitheeeers!!



_Oui Monsieur, Monsieur me demande?
_Comment, bien sûr que je vous demande, et j'en perds l'usage de ma voix si délicate, retrouvez-moi le numéro de mes amis de la LMDE, voulez-vous.

_La LMDE Monsieur?

_Et bien quoi, la Ligue Mondiale des Dictateurs Expatriés, ne me dites pas que vous ignorez les hauts faits de cette noble confrérie!

_Je dois reconnaître mon ignorance Monsieur, Monsieur souhaite-t-il me fouetter jusqu'au sang avec des branches du rosier pour réparer cette lacune?

_Ne me tentez pas Smithers, donnez-moi ce téléphone et hors de ma vue.


[tututututu, driiing driiing]


_Allo, Than Shwe? C'est Montgomery à l'appareil, ouiiii, alors, toujours dictateur? Haaa sacré Than! et ces répressions, tu n'imagines pas mon pauvre ami le tissu d'âneries débitées par ces rats de journalistes Bolchéviques. Nous sommes montrés du doigt, vilipendés, les temps sont durs, nos concitoyens sont bien ingrats.

Comment? des répressions, j'ai vu cela, quelles belles images, vous avez le sens du spectacle, je ne me lasse pas de ces ratonnades, cela me rappelle ma jeunesse lorsque je poursuivai tous ces affreux Noirs dans les rues de Springfield. Et voyez, ces êtres prolifèrent, nous avions pourtant prévenus, mon pauvre camarade, et nous n'avons pas été suivi dans notre combat.







 

 

Les bienfaits de la colonisation.

Par vehau :: 25/09/2007 à 0:40 :: Bolivia Trip 2007

 

22/09/07 Entre ici, Maria Callas.



Théâtre National de La Paz.

Irish Coffee

Par vehau :: 24/09/2007 à 23:54 :: Bolivia Trip 2007

 

21/09/07 A notre bétail en shorts, la Patrie reconnaissante.

 

Matinée studieuse, après-midi bien moins productive. L'heure est au soutien inconditionnel de l'équipe Nationale et de notre nouveau Zidane, l'Australopithèque Chabal. En voilà un qui aura construit sa notoriété sur les coups de boule dans le bide, chose qui aura valu à notre compère Zizou les pires critiques, mais le pays a besoin de héros en cette période de "faillite", dixit notre sous-Premier Ministre François Petit Fion.

Nous nous rendons, sac à bières dans le dos, chez Lucas, ami de Pierre, un autre expat' Français, aux multiples activités. L'essentiel est de savoir qu'il est depuis peu blond. Nous arrivons devant son immense baraque labyrinthique, encore en travaux pour une partie, avec une vue hallucinante sur l'Illimani. Une vue quelque peu gâchée par un nouveau bâtiment en construction lui aussi.

Nous retrouvons le futur ex-Bolivien Denis et sa femme, Mika, le reporter, qui vit chez Lucas pour le moment et donc notre hôte qui est ce que l'on peut appeler communément un personnage.


L'Irlande boit la tasse, les Français ouvrent une autre Coroña.

 

Le match commence, début des ravitaillements, notre cheptel National contre le cheptel Irlandais, bonne ambiance dans et devant la télé. Il ne sera pas dit qu'un Français loin de sa terre natale ne sache plus rigoler et profiter des bonnes choses.

Les minutes défilent, le match est plutôt pas mal, et "nous" gagnons! Joie énorme dans les tribunes et sur le canapé, les miettes de chips sur la moquette craquent sous nos pompes, les cadavres de Paceña et de Corona jonchent la table, fin de la récréation.

 

De retour à Gutierrez, (avec le décalage horaire, il n'est ici que 17h00), il faut finir la journée, se remettre dans le rythme sera pour le moins une tâche ardue. Mauricio, notre collègue de Caserita, a disparu depuis deux jours, après une remarque relative à son incompétence, chose que je n'ai pas à commenter, plus aucunes nouvelles de lui. A priori, on ne devrait plus le revoir, les dures lois de la vie d'entreprise, la pression, quel monde impitoyable.

 

A la poursuite de la mèche folle.

Par vehau :: 22/09/2007 à 0:39 :: Bolivia Trip 2007

 

20/09/07 "Au bout du Monde"

 

Pour la matinée, j'ai à effectuer une longue visite des Calle Sagarnaga et Linarès, qui concentrent une bonne part des magasins artisanaux de La Paz. L'idée est de prendre des contacts et de repèrer des produits nouveaux susceptibles d'être ajoutés sur le site Internet de Caserita.

Je joue au gros commercial qui tâche, demandant avec mon moins mauvais espagnol les cartes de visite (tarjetas) des tiendas qui présentent des choses intéressantes. Et il y en a, quand vous cherchez un peu, on trouve des produits qui ne tombent pas dans un folklore ridicule, mais qui au contraire font preuve de pas mal d'originalité. Je passe ainsi la matinée, à entrer et sortir des boutiques, en tentant de perfectionner à chaque fois un peu plus mon speech.

Les gens sont avenants et prennent le temps de vous expliquer en détails les spécificités des tissus. Rares seront les endroits où l'accueil sera froid, et bien souvent, ce seront dans les boutiques les plus "tendance" et riches d'aspect, que j'aurai à voir des personnes pour le moins hautaines et se foutant totalement de qui entre ou sort de leur commerce. Je retrouve souvent exactement les mêmes produits, formes couleurs, toucher, mais qui étrangement sont parfois tout en Alpaga, puis mi-Alpaga, mi-laine de mouton, puis tout acrylique.

 

Je me fais ainsi une dizaines de boutiques, jusqu'à un dernier magasin au nom très évocateur puisqu'il s'appelle "Au bout du Monde".

Etalage varié, entre tissus traditionnels et vêtements plus originaux. Le gérant de cette enseigne, ayant deviné à mon accent mes origines, me parle très rapidement en français. Mèches clairs, pas plus de 20 ans, il parle un Français très correct et ne tarde pas à me faire faire le tour de sa tienda, m'expliquant dans un joyeux mélange d'Espagnol et de Français, comment tel ou tel tissu est fait, si il est de fabrication artisanal.

 

Nous discutons assez longuement, mon hôte a cependant tendance à être un peu trop "proche" par moments, je décide donc qu'il est temps de quitter mon bavard nouvel ami avant qu'il ne m'invite à une soirée privée para los hombres que gustan los hombres.

 

Je retourne à Sopocachi après avoir mangé un hamburger dans un MacDo local. Je dois voir ensuite une couturière pour mon poncho lama, la précédente s'est finalement rendue compte qu'elle ne savait pas faire ce qu'on lui demandait, ou plutôt qu'elle pouvait gérer tout ce qui était à la machine, mais pas à la main.

Et pour notre nouvelle couturière, c'est l'inverse, oui pour tout ce qui est réalisé à la main, mais elle n'a personne pour les éléments qui nécessitent une machine à coudre, je trouve ça presque drôle, mais je suis en même quelque peu agacé d'avoir perdu autant de temps. Je commençai en plus à lui présenter un poncho jusqu'à ce que Giovy arrive pour me préciser que je ne lui parlais pas du tout du bon modèle... 

On verra mardi le résultat, Inch'Allah!

 

Christian m'emmène avec lui pour aller récupérer un colis près du terminal de bus. Durant le trajet en minibus, on parle de choses et d'autres, de la France, de Sarkozy, des filles en Bolivie, du travail, je parle de ma rencontre avec le gay aux mèches blondes, ce qui le fait bien marrer.

Le colis récupéré, nous retournons vers Sagarnaga pour prendre livraison de sacs en aguayo, puis détour par les quartiers pour donner un reçu à une cliente. Ca nous prendra tout l'après midi. Le soir, apéro chez Pierre, avec Denis, un autre expat' Français qui quitte prochainement la Bolivie. Je fais connaissance avec quelques vins locaux et de sublimes petites saucisses, avec du pain et de la sauce piquante, c'est un régal.

 

Pas la peine de faire la popote après cela, vraiment pas.

 

Las noches calientes

Par vehau :: 19/09/2007 à 22:18 :: Bolivia Trip 2007

 

19/09/07 Sous le lampadaire.

 

C'est assez facile de trouver dans les vieux quartiers de La Paz de quoi vous foutre les chocottes. Eclairage minimaliste, silhouettes sortant de nulle part, silence pesant entrecoupé de quelques crissements de pneu, la vieille ville est par endroits une version latine du quartier de Whitechapel à Londres, théâtre des exactions de JacK The Ripper, peu éclairée, rues pavées, maisons alentour délabrées, ambiance!


 
Beaucoup d'acción, près de la Calle Sagarnaga.

 

Les Chroniques de Montgomery Burns.

Par vehau :: 19/09/2007 à 17:29 :: Le Grenier de Mr Burns

 

 

Ne lambinez pas Smithers, vous activez bien peu vos mollets rachitiques, du nerf que diable!

 

_Mais...je me permets de faire savoir à Monsieur que la limousine revient du contrôle technique et que....

 

_Smithers, mon petit vous me décevez, ne prenez-vous donc point le temps de lire les nouvelles, voyez les sommes astronomiques du pétrole, vous n'aimeriez pas que je ponctionne votre salaire pour alimenter de ce précieux liquide mon auto, n'est-ce pas mon petit, diantre, quelle côte vertigineuse, du nerf, jeune coq!

 

_C'est un dos d'âne, Monsieur, un ralentisseur.

 

_Ainsi, c'est dans ces ouvrages ruineux que part le peu d'argent que je verse aux impôts, le monde va mal Smithers, bien mal.

 

_Je.....rhaaa, oui Monsieur, puis-je demander à Monsieur d'exercer une pression sur les pédales, ce qui m'aiderait quelque peu, il s'agit là d'une véritable côte.

 

_Vous vous en sortez parfaitement, oooh voyez cela, une nouvelle loi sur l'immigration, tout cela est fort bien pensé, des tests ADN, qu'est-ce que cela?

 

_Ils...c'est un code génétique propre à chaque être humain, une sorte d'empreinte....les tests permettent de confondre des criminels, c'est.... c'est une grande découverte Monsieur..